Dans quel horrible bourbier me suis-je encore fourré ? Sur le papier, un groupe allemand qui joue du
grindcore en s’appelant
EXCREMENTORY GRINDFUCKERS, c’était du billard, je visualisais déjà l’écriture de l’article en pilotage automatique, quelques clichés faciles sur la bière et les moustaches… Un mot en souvenir de Battiston bien sûr… Avant que la réalité ne me rattrape brutalement : je ne suis pas journaliste. Si je l’avais été, j’aurais pris le soin de m’intéresser davantage à cette horde active depuis 2012 avant de m’engager et j’aurais découvert que la plupart de leurs disques (quatre LP avant ce
Jetz is auch egal) contiennent une forte dimension parodique, chose qui, à part chez
ZIMMERS HOLE, m’exaspère au plus haut point. Vous me direz que la photo de groupe aurait dû me mettre sur la voie mais, depuis
GWAR, je ne m’arrête plus à de tels excès. Quelle misère…
Car oui nous sommes bien faces à de joyeux trublions, de drôles de loustics pas derniers pour la déconne qui nous régalent dans leur langue pourtant possiblement poétique (Novalis, Goethe, Schiller, Mann, etc.) de tout un tas de conneries où se mêlent effectivement à une trame
grind death tout un délire folklorique festif conçu pour se taper sur les cuisses… «
On se bourre de quiches, on boit des énormes pintes de bière et on finit en farandole en hurlant des tyroliennes ou en vomissant partout, on ne regrette pas sa soirée ! » (Le général Ludwig von Apfelstrudel dans
Papy fait de la résistance). Le pire étant que je ne peux pas vraiment en dire du mal tant c’est bien réalisé, le genre de truc qui en festival sonnera l’arrivée de l’apéro, de la fête à Neuneu, qu’il soit dix heures du matin ou minuit.
Il reste que vingt-cinq titres de ce tonneau, c’est définitivement trop pour moi. Un peu comme si je m’infligeais un
binge-watching des spectacles de Didier Gustin et Michel Boujenah, je sors de l’expérience avec le sentiment d’être encore plus con qu’en commençant, ce qui n’est pas rien ! C’est long, mais long… On dit que les meilleurs blagues sont les plus courtes, ce dicton n’a jamais été aussi vrai.
Hé, je ne noircirais pas un peu le tableau là ? Si je le reconnais. Il y a un coupable plaisir gustatif, le même que celui d’une grosse choucroute arrosée de Fischer. Entre les accélérations sauvages, les chœurs virils ultra
hardcore, les accouplements étranges (« Durst ist auch ein Gefüll », soit
GREEN DAY suçant
RAMMSTEIN sous l’œil attendri de David Hasselhoff), l’attitude punk d’un « Die Kids machen das richtig », avec parfois le sentiment que les mecs se foutent de la gueule de
THERION (« Sic transit gloria mundi ») voire de la totalité de la scène
heavy symphonique, c’est finalement un magistral doigt d’honneur que dresse
EXCREMENTORY GRINDFUCKERS. Systématiquement débile, pourtant indécrottablement malin, je ne vois finalement pas trente-six façons d’apprécier le LP : ivre mort, avec quarante de fièvre.
Je passe probablement à côté de tous les pieds de nez infligés, au mieux je dirais que l’on a là une version
grind death des
THE TOY DOLLS du temps de
Absurd-ditties et que si vous tenez absolument à mettre une ambiance de saucisses confites lors de votre prochaine soirée,
Jetz is auch egal est là pour ça. Putain, je paire des poings de QI à chake piste aussi n’irèje pas plu lwoin au jour de wi car je panse que toulemonde a comprendu là où ke je voulé en venir.
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