L’air de rien, il est déjà l’heure du quatrième LP pour
NIHILISM,
Psalms of Misanthropy succédant trois ans plus tard à
Codex Nihilistic Exhumed au sujet duquel j’avais écrit un mot. Si rien n’a bougé du côté du
line up, je note cependant un durcissement du propos
death metal au cours de ces onze nouvelles pistes, notamment grâce à une production plus massive, un épaississement notable des guitares ainsi qu’un chant qui évolue dans une belle gutturalité, le tout mis au service d’influences américaines palpables :
DEICIDE (« The Apostasy Part 2 – The Evil Gods »),
NILE pour certaines ambiances acoustiques à l’image de « Denial’s Icon » puis l’interlude « Azoïc » ou encore
SUP pour la froideur mécanique de l’ensemble ainsi que le timbre de voix du chanteur (« Only Clay to Knead »). Tout cela contribue évidemment à rendre le LP plaisant, dynamique et entraînant bien que je lui reproche néanmoins une certaine linéarité. Je n’hésiterais pas à raboter afin de ramener la durée aux alentours des trente minutes…
D’un côté, nous avons donc un quintette qui peut s’appuyer sur quinze ans d’existence, sans compter les expériences passées, qui tente des choses nouvelles sur la piste éponyme par exemple avec ces passages mystiques en chant clair et qui, surtout, soigne l’emballage. La technique est solide, l’enregistrement professionnel, il n’y a guère de critiques à adresser à une formation qui évolue dans l’indépendance depuis son départ de
Great Dane Records en 2019 à la suite de la parution de
Apocalyptic Fate. De plus, la majorité des compositions sont rehaussées de
leads limpides, un vrai plus dans ce registre encore trop classique et perfectible.
En effet, et c’est l’une des faiblesses de
Psalms of Misanthropy, la sonorisation manque de peps, de tonus. Cela est flagrant dès les premières mesures de « Only Clay to Knead » qui ouvre le disque après l’introduction toute cinématographique « Amen » qui fait monter la sauce : l’impact de ce démarrage à la batterie n’est pas suffisant pour coller l’auditeur au fond du siège. Et si la suite démontre des qualités évidentes, il subsiste un sentiment d’indifférenciation que les différents arrangements ne parviennent pas à totalement gommer. D’ailleurs, les Français me semblent être la croisée des chemins, partagés entre des rythmiques
power death moderne (« Perfectible Wisdom », quelques plans à la
GOJIRA au cours du final « The Soul of Prometheus ») et des penchants évidents pour le
classic death ricain des années 90 – 2000. En soit, le mélange n’est pas désagréable mais comme on sent que la bande pourrait performer dans ces deux registres, je souhaiterais que l’approche soit à l’avenir plus tranchée sans pour autant renier ce qui fait la force de
NIHILISM : sa capacité à rester mélodique malgré un fond de brutalité indéniable. Je suis persuadé que le cinquième effort sera le bon.
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