Difficile de ne pas immédiatement penser à
Piece of Time dès lors que l’on contemple un sablier sur une pochette de
death metal, le réflexe est bien légitime. Pourtant, ce n’est pas de ce côté qu’il va falloir chercher les influences de
VICTIMS OF CONTAGION. Certes les Américains se passionnent pour la science-fiction, les musiques techniques, mais leur approche contemporaine correspondra davantage aux attentes de l’amateur d’
OBSCURA ou surtout
BEYOND CREATION pour une restitution plutôt bien branlée en dépit de quelques soubresauts
core : vocaux criards, polyrythmie,
breaks à foison… Rien de foncièrement rédhibitoire, les musiciens touchent factuellement leur bille.
Expédiés en trente-cinq minutes, les sept titres d’
Egregore foncent à l’essentiel.
Tech deathcore jusqu’au bout du manche, on appréciera que le quintette ne cherche pas pour autant à nous en foutre plein la vue. Bien entendu, le tricotage est de rigueur, les variations de tempos et de rythmes légion, cela ne rend néanmoins pas indigeste une proposition ambitieuse qui ne se départit jamais de qualités mélodiques indéniables, notamment grâce au travail de la paire de guitaristes. De plus, la troupe nous réserve quelques surprises, par exemple la présence de
Chris Poland (ex-
MEGADETH, actif sur les œuvres fondatrices que furent
Killing is My Business… puis
Peace Sells…) : il nous régale de ses solos et de son touché unique durant « Forced March ». Jolie initiative que de l’avoir convié aux festivités.
Un tel invité de marque ne doit pourtant pas laisser à penser que
VICTIMS OF CONTAGION évolue dans un registre passéiste. En effet, tout dans sa musique respire le modernisme, que ce soit dans le type de chant, la production ou encore la virulence dont les compositeurs sont capables, à l’image d’un « A Conscientious Objection » doté d’une introduction très
ORIGIN (je sais, c’est un vieux groupe) dans son intensité. À la limite, je pourrais regretter qu’alors que deux membres sont crédités aux claviers, cet instrument de même que ce que dégage l’illustration ne soient que trop peu présents. J’espérais un projet barré, peut-être dans l’esprit de
NOCTURNUS ou de
GIGAN mais il n’en est rien : l’écart est grand entre l’attente et la restitution concrète.
Que cette légère déception ne vous empêche pas d’aller savourer
Egregore car le LP fournit exactement tout ce que l’on est en droit d’attendre du
death metal technique tel qu’il s’incarne dans cette décennie.
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