Staghelm - Natura Semper Praevalet
Chronique
Staghelm Natura Semper Praevalet
STAGHELM fait partie de la nouvelle génération de groupes signés sur le label finlandais spécialisé dans l’atmosphérique et l’ambient : Naturmacht. Et si vous suivez régulièrement mes chroniques, vous savez que plusieurs de ces nouvelles recrues m’ont déçu. STAGHELM est un bon exemple pour expliquer ce qui me chagrine, alors voyons cela plus en détail.
Le groupe est anglais et tenu par un seul homme : Oxylus. Celui-ci a d’abord lancé un projet nommé ULM, avec lequel il a sorti un unique album en 2019, The Wind’s Journey, avant de le rebaptiser STAGHELM en 2024 et de sortir dans la foulée l’album Subnivium. Le grand changement qui a accompagné ce nouveau nom, c’est l’apparition de vocaux, puisque l’ancien projet était entièrement instrumental. Deux ans plus tard, il en propose une suite, et c’est celle-ci qui est finalement publiée par Naturmacht.
Permet-elle au label de maintenir le niveau qu’on lui connaissait ? S’agit-il d’un beau successeur ? Eh bien non. Ce n’est pas un successeur, mais simplement un remplaçant. C’est-à-dire qu’il n’a pas une identité aussi forte qu’un GRIMA, qu’un AARA, qu’un DAUÞUZ ou qu’un HAVUKRUUNU. Il ne propose pas quelque chose de suffisamment personnel et unique pour marquer autant les esprits.
Mais ce n’est pas très grave, car il reste tout de même un remplaçant convenable. STAGHELM maîtrise l’univers qui l’inspire et parvient déjà à créer des compositions fortes, claires dans leurs intentions. Le groupe se veut une élégie aux merveilles de la nature et fait appel à un black metal atmosphérique en parfaite adéquation avec ses objectifs. Il s’est en revanche contenté de trois pistes, longues puisqu’elles durent entre 10 et 13 minutes. Elles traitent de la forêt sous trois angles différents : sa majesté et sa beauté, sa puissance et sa colère, puis sa désolation et sa mort. « These Winds Know My Name » évoque ainsi une communion presque spirituelle avec une nature ancestrale, tandis que « Wrath of the Barked Ones » personnifie les arbres et laisse éclater leur fureur. Enfin, « Altar of Oblivion » nous entraîne dans une forêt hivernale devenue un véritable cimetière, avant que le retour de la lumière ne laisse entrevoir sa renaissance. L’ensemble illustre ainsi le cycle immuable de la nature, de son épanouissement à sa disparition, puis à son renouveau, donnant tout son sens au titre Natura Semper Praevalet : la nature finit toujours par l’emporter.
La simple lecture de ces explications a sans doute déjà fait résonner quelques mélodies dans votre cervelle. Ce sont précisément celles qui vous attendent. Preuve que le groupe fait bien son travail, certes, mais aussi qu’il n’apporte pas vraiment de surprise ni cette petite cerise sur le gâteau qui lui permettrait de sortir du lot. C’est bien, c’est tout.
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