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Misotheos - Against The Modern World
Chronique
Misotheos Against The Modern World
Un nom qui se traduit du grec ancien par « qui hait Dieu » ou « ennemi de Dieu ». Un power trio de combat. Le Canada. Les corpse paint. Les habits monastiques. Une esthétique en noir et blanc. Un logo obscur. Oui, il s’agit de black metal : le true, l’unique, le pur, le dur. Les misanthropes haineux de MISOTHEOS débarquent avec sous le bras leur premier LP intitulé Against the Modern World, une appellation qui ne laisse planer aucune ambiguïté quant aux ambitions belliqueuses de ce nouveau rejeton de la scène québécoise dont le statut d’indépendant ne devrait guère perdurer au regard du contenu foncièrement agressif de ces trente-sept minutes.
Dès la brève introduction instrumentale, les musiciens ne masquent aucunement leurs penchants guerriers, au contraire de leurs visages hideusement grimés. Des guitares crues, une production rêche, un chant d’écorché vif, un batteur minimaliste, les pamphlets s’enchaînent, se déchaînent, le pauvre auditeur se voyant instantanément pris en otage par ces neuf déflagrations surgies du passé. Les Canadiens aiment le blast, les tempos élevés (« Les Grands Pendus »), les riffs élémentaires, ce n’est pas pour eux les oripeaux de la tristesse, les accords raffinés. Considérant qu’il y a suffisamment de pleurnicheurs en ce monde, l’engeance expose sans fard sa haine de tout, de tous.
Pourtant, MISOTHEOS ne joue pas n’importe quoi n’importe comment. Certes, le style se montre virulent à plus d’une occasion, sans compromission, mais les compositions s’avèrent néanmoins riches grâce aux nombreux changements de plans, de rythmes, d’intensité, chose rendue possible grâce à une durée moyenne approchant les cinq minutes par piste. Point de nouveautés donc, aucun artifice superflu, le trio fonce, s’engouffre dans la brèche béante du black glacial de sa contrée d’origine avec l’exigence musicale que seules les haines les plus profondes savent insuffler.
Un bémol cependant : l’absence de pics réellement marquants peut parfois rendre l’écoute répétitive même si, pris individuellement, les morceaux sont autant de charbons noirs nocifs pour l’organisme (« Behead the Prophet »). C’est plutôt qu’une fois mis bout à bout, jusqu’à « The Misanthrope » (extrait de la démo Mocking the Infidels of Satan, « Hantise et Haine » également), le déferlement incessant de glaviots hurlés à la face du monde abrutit légèrement. De toute façon, nous écouterons Against the Modern World uniquement pour attraper une migraine, bouffer une ration d’agression permanente et c’est marre. Inutile de rechercher autre chose ici qu’une vision primitive de la damnation.
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