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Prophecy - Foretold...Foreseen
Chronique
Prophecy Foretold...Foreseen
Avec un patronyme tel que Prophecy, on serait tenté de donner à ces Texans le bon Dieu sans confession... Sauf qu’on va quand même causer ici de Brutal Death et que même si selon Metal Archives les cinq garçons derrière ce premier album semblent effectivement enclins à prêcher pour la paroisse de Jesus-Christ, la plupart des paroles évoquent tout de même quelques joyeusetés et autres penchants pour le moins déviants que l’on n'est pas prêt d’entendre conter à la messe du dimanche ("Slowly I tongue-fuck your hole, taste your juices as they flow back and forth I lick your clit, eatin' pussy is the shit" suivi quelques lignes plus loin par "Something overtakes my soul and I want to cut you up with a spoon, knife, and a fork I disembowel your cunt. Pull intestines with my teeth and lick up all the pus"). Bref, il semblerait que nos chrétiens texans soient tout de même quelque peu dérangés...
Formé en 1991 en Louisiane avant de délocaliser trois ans plus tard ses activités à Fort Worth, Texas, Prophecy est à l’époque de ce premier album un quintette qui jusque-là n’a sorti que deux démos parues respectivement en 1996 (It Shall Come To Pass) et 1997 (Promo 97). Dès 1998 les choses s’accélèrent néanmoins avec une signature sur Corpse Gristle Records, jeune structure texane sur laquelle est sortie l’année précédente la toute première démo d’un certain Devourment. Une collaboration qui donnera lieu dans la foulée à la sortie d’un premier album intitulé Foretold...Foreseen dont l’illustration a été confiée à nul autre que Jon Zig. Pour ce qui est de la production typique de ce genre de Brutal Death de l’époque, celle-ci est signée des mains de D. Braxton Henry, un nom qui ne vous dit peut-être pas grand chose mais qui a collaboré et collaborera quelques années plus tard avec des groupes tels que Devourment, Infernal Dominion, Insidious Decrepancy, Viral Load ou Kill The Client soit pour ainsi dire la fine fleur du Texas.
"Brutal Death" et "Texas", deux choses qui vont évidemment très bien ensemble et que Prophecy, malgré son statut de véritable second couteau connu principalement des seuls aficionados du genre, entend bien une fois de plus prouver grâce à une formule qui à défaut d’offrir quoi que ce soit de novateur va tout de même réserver quelques petite choses intéressantes et finalement assez rares chez les groupes de cet acabit. Ce qu’il y a ainsi de plus surprenant au sujet de Prophecy et de ce premier album en particulier est sa durée pour le moins conséquente. Si les albums de cinquante-trois minutes ne sont pas ce qui manque, les albums estampillés Brutal Death affichant une telle durée sont par contre extrêmement rares. D’ailleurs Foretold...Foreseen est le seul qui me vient en tête aujourd’hui... La raison de cette durée "excessive" n’est pas un nombre conséquent de morceaux mais plutôt des titres particulièrement longs pour le genre puisque sur les neuf compositions que compte ce premier album, plus de la moitié tournent autour ("Diggin' A Pit") mais surtout au-delà ("Human Atrocity", "Inner Reality", "Prophecy") des six minutes avec notamment un "Core Of Depression" affiché à plus de huit minutes et dispensé en guise d’ouverture. Des temps d’exécution pour le moins allongés que l’on n’a absolument pas l’habitude de constater dans le petit monde du Brutal Death, qui ne sont l’occasion d’aucune bizarrerie, digression ou autre expérimentation et qui, c’est probablement le plus surprenant, ne portent en aucun cas préjudice à la pertinence de ces compositions, à leur force de frappe, à notre compréhension et à notre assimilation de ces dernières et globalement à l’impact du Brutal Death des Texans.
Au-delà de cette caractéristique effectivement un brin atypique, ce que propose Prophecy à travers ce premier album s’inscrit dans le registre d’un Brutal Death relativement classique (si ce n’est tout de même une certaine appétence pour les introductions et autres ponts particulièrement mélodiques comme c’est le cas sur "Core Of Depression", "Ebolic Regurgitation" à 0:40 et "Prophecy") dont l’influence principale est à chercher du côté d’un certain Dying Fetus. On va donc naturellement retrouver tout au long de ces cinquante trois minutes ce qui faisait déjà le sel du groupe de Baltimore c’est-à-dire un habile mélange de groove et de brutalité avec pour enrober le tout un growl particulièrement gras et cadencé. Foretold...Foreseen voit donc se succéder passages chaloupés au groove toujours aussi irrésistible (l’essentiel de "Core Of Depression", les premières mesures de "Human Atrocity", "Feasting On The Flesh" à 1:55, "Diggin’ A Pit" à 0:24, "Inner Reality" à 0:25 "Ebolic Regurgitation" à 2:17...), ralentissements bien gras et épais histoire de continuer à rouler des mécaniques même lorsque le tempo ralentit de manière significative ("Core Of Depression" à 3:21, "Human Atrocity" à 0:32, 1:44 et 3:20 ou 5:05, "Diggin’ A Pit" à 1:09, "Inner Reallty" à 2:35...) et enfin démonstrations de force et autres coups de boutoirs diablement brutaux et efficaces ("Human Atrocity" à 0:28, 2:09, 3:42 et 5:55, "Feasting On The Flesh" mené bon train le plus clair du temps, "Diggin’ A Pit" et ses vingt premières secondes tout en blasts, "Assembled By Death" à 0:31 puis de nouveau aux alentours de 1:31, "Ebolic Regurgitation" à 1:12...). On appréciera également d’entendre les deux guitaristes James Parks II et Joe Dunlap nous offrir régulièrement ce qu’il faut de leads et autres solos ("Core Of Depression" à 2:56 et 3:45, "Human Atrocity" à 2:56, « Feasting On The Flesh" à 1:09, "Inner Reality" à 1:57 et 3:35, "Assembled By Death" à 1:23, "Ebolic Regurgitation" à 3:26). Certes, tous ces passages ne sont pas nécessairement les plus techniques ni même les plus inspirés que l’on ait pu entendre mais il permettent néanmoins d’apporter un petit peu plus de profondeur et de nuances à chacune de ces compositions et surtout ils participent à apporter à ce genre de Brutal Death une dimension là encore plus mélodique qu’à l’accoutumée.
Si le genre pratiqué par Prophecy et les influences principales dont il fait étalage ouvertement ne laissent évidemment rien augurer de très original, force est néanmoins de constater que ce Foretold...Foreseen a tout de même pour lui quelque chose d’un petit peu personnel. Naturellement, ce n’est pas en alignant quelques morceaux de plus de six minutes et tout autant d’introductions et autres passages particulièrement mélodiques que les Texans vont radicalement changer la donne mais difficile de nier que ce n’est cependant pas grâce à cela que le groupe de Fort Worth parvient, au moins dans un premier temps, à interpeller et ainsi à attirer l’attention. Mais au-delà de cet aspect quelque peu "hors-normes", Prophecy propose ici un premier album particulièrement solide, à la fois parfaitement équilibré et toujours ultra efficace pour qui aime son Brutal Death à la sauce texane. Bref, si vous êtes jusque-là toujours passés à côté de Prophecy malgré votre intérêt pour des groupes tels que Dying Fetus, Dehumanized, Pyrexia et compagnie, voici votre chance de corriger le tir et de faire les choses bien. Enjoy !
| | AxGxB 3 Avril 2025 - 761 lectures |
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