On a vraiment une sacrée problématique en ce Vendredi saint à Paris : aller voir LAMP OF MURMUUR & DÖDSRIT au Chinois, ou bien profiter de la tournée « Laurèntian Echoes » de PANOPTICON qui passe par la capitale. Allez, comme je vous avais déjà parlé des deux premiers lors de leur présence au Tyrant Fest VII, allons donc écouter et préparer un premier live report dans nos colonnes pour PANOPTICON (d’autant plus que sa dernière sortie m’a laissé un bon souvenir).
MIDSUMMER BLAZE
Je suis sûr de ne pas connaître cette formation, son nom me semble pourtant familier. C’est tout d’abord au film d’Ari Aster
Midsommar (2019) que je pense, avant de réaliser que j’ai vu écrit
MIDSUMMER BLAZE sur des affiches ces derniers mois : pour un concert aux Caves Saint-Sabin avec
VÍGLJÓS en novembre, puis au Zorba en février. Prise de renseignements faite, j’apprends qu’il s’agit du projet de Saline, chanteuse de
BURNING DOLL (post-Hardcore), débarquée à Paris depuis l’île de la Réunion. Il semble qu’elle ait été rejointe par un certain Léo, et un troisième larron est présent ce soir sur scène. Au premier plan, entourée du guitariste et du bassiste, Saline tient le micro, enveloppée dans un large manteau noir. L’équipe nous propose pour trente minutes les quatre compositions de son unique EP
Revenge of a Trophy Wife & Other Elegies (2023) et reçoit des applaudissements dès la fin du premier titre (les signes d’appréciation seront encore plus appuyés pour les suivants). Il faut dire que le style du trio est très prenant : un mix de post-Metal et de Blackgaze, définit comme Oneiro Blackgaze. Le côté onirique est en effet présent par le chant clair, parfois presque chuchoté, une basse en rythmes tranquilles et la six-corde post-Black. Le tout renforcé par une boîte à rythmes qui peut donner un aspect Dream/Synth Pop, et la chanteuse qui se déleste de son ample caban pour dévoiler la robe blanche angélique. Elle sait cependant bien nous ramener dans le réel avec des parties de chant énervé dans lesquelles elle n’a pas moins de prestance. C’est envoûtant dans tous les cas. On voit cependant que les compères ne sont pas encore totalement rôdés, j’en veux pour exemple le guitariste qui cherche le bassiste du regard. Mais rien de gênant et les deux commentaires que j’entends à la fin du
show (« Incroyable », « J’ai adoré ») vont tout à fait dans mon sens. Superbe découverte d’un groupe charismatique qui possède déjà une identité forte et que je verrais bien rapidement signé par un des labels de Black de l’ouest de la France.
SUNKEN
J’avais raté les Danois en novembre au Klub (comme notre lecteur Chab), je suis donc bien content qu’ils reviennent déjà à Paris. Seulement 15 minutes après la fin du
set des Français, un nuage de fumée investit les planches du Backstage, signe que le quintette est déjà prêt à leur emboîter le pas. Un cri continu accompagné d’une batterie à fond les ballons retentit, ce démarrage rompt vraiment avec l’ambiance onirique de
MIDSUMMER BLAZE ! Ceci dit, le tempo ralentit rapidement et on est ensuite embarqué dans un long morceau de Black atmo/post-Black avec des nappes épaisses de clavier. Ajoutons à cela des guitares très saturées et je pense un instant au genre de
NATURE MORTE (sans les jeux de lumière, bien que des crépitements de flashs blancs soient extrêmement présents – et non recommandés aux épileptiques). D’autres passages flirtent avec le DSBM et je ne peux m’empêcher la comparaison au Black déchirant d’
AFSKY (dont le bassiste et un guitariste sont musiciens
live), sans toutefois que cela m’en procure les mêmes effets. Mais d’autres spectateurs sont extrêmement réceptifs, à l’image de ce grand gaillard dont les larmes ruissellent régulièrement le long de ses joues. Il doit être particulièrement sensible à « la douleur de vocaux amers qui pleurent leurs complaintes », pour citer Sakrifiss dans sa chronique de
Lykke. L’expression « Y’a de l’émotion » entendue de la bouche d’un auditeur en fin de concert confirme cet aspect. Concert qui - comme au début - se termine par un nouveau mur opaque de gaz, la boucle est bouclée. 40 minutes de désarroi qui nous auront permis de redécouvrir deux titres de
Lykke et deux de
Livslede, pas de jaloux.
PANOPTICON
5 ans qu’on ne vous a pas parlé du projet d’Austin Lunn, c’était à l’occasion de la sortie de
...and Again into the Light. Depuis, sont parus deux autres
full-length (
The Rime of Memory &
Laurentian Blue) et un troisième (
Det hjemsøkte hjertet) est attendu pour le 8 mai. On va donc pouvoir rattraper notre retard (même prendre un peu d’avance) avec ce
live qui s’avère par ailleurs être la première représentation parisienne de
PANOPTICON. Il faut cependant patienter car les Américains prennent 40 minutes pour leurs balances, jusqu’à ce que l’homme derrière la console leur signale que ça sonne bien et qu’il faut commencer. Je comprends la volonté de vouloir un mix juste car il faut réussir à harmoniser le son des cinq musiciens, dont celui du claviériste également violoniste, en tenant compte du fait que 4 d’entre eux disposent aussi d’un micro de chant. Bien que notre tête d’affiche ait pour patronyme le même nom que le troisième album d’
ISIS, il ne s’agit pas d’un hommage musical et on est loin du post-Hardcore. On n’est pas non plus dans le Black Metal orthodoxe, en dépit du fait qu’un guitariste revête ce soir un t-shirt
BEHEXEN. Non, comme on l’écrivait dans la chronique précitée, on a affaire à un Metal sombre qui peut se montrer violent mais qui respire surtout la nature, en particulier celle des Appalaches et de sa musique folklorique. Des ambiances bucoliques sont donc présentes, alternées aux trémolos et à une basse galopante qui dégagent un côté épique, appuyé par un clavier flamboyant suivi d’un solo inattendu. Outre ce moment fort, je suis marqué par un passage dans lequel résonne un chœur à trois du plus bel effet. Finalement, la seule chose à reprocher serait la voix du guitariste-chanteur
lead un peu trop noyée dans l’ensemble. Ce que regrette Austin (et il s’en excuse par deux fois), c’est l’absence du matériel visuel qu’il n’a pas pu amener, mais comme je n’avais pas d’attentes à ce sujet, cela ne m’embête pas du tout.
Décidément, encore un très bon événement organisé par Sanit Mils (le dernier auquel je m’étais rendu était pour le tour d’Europe de LUCIFER’S CHILD & SERVANT). Pour la veille du week-end pascal et malgré un autre concert Black Metal le même soir, il y avait du monde (dont certains spectateurs légèrement maquillés pour se mettre dans l’ambiance) et chacun des présents à l’affiche a su proposer une restitution très immersive de ses compositions. Des soirées comme ça, on en redemande !
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