Je l’attendais depuis longtemps, cette deuxième édition du festival
WITCH'S HOLLOW, organisé par La Horde Sequane ce 28 mars 2026. Ce festival est mon nouveau pèlerinage annuel incontournable en Suisse. La première édition m’avait laissé un goût de “reviens-y”, malgré l’air glacial qui mordait la peau. Cette année, changement de lieu et météo parfaite pour tout blackeux qui se respecte. La neige et le chalet perdu dans la montagne offrent un cadre idéal pour un photoshoot bien black metal. Le froid est toujours là, mais cette fois nous avons le droit à une salle de concert chauffée ! Et ça fait toute la différence.
Arrivée à la Ferme des Vies, entre Develier et Bourrignon, le festival respire déjà l’univers du black et du death. Le chalet, la neige qui crisse sous les pas, et l’odeur boisée qui se mêle aux effluves de bières : le décor est planté. On retrouve les habitués, les regards complices, cette énergie silencieuse qui traverse tout le public.
Les balances du premier groupe sont en cours, ce qui laisse le temps de faire le tour des connaissances et d’apprécier le lieu.
Et on attaque enfin par
GORGOYL, groupe de black metal venu tout droit de Metz.
Le groupe habité par l’esprit de la Gargouille nous offre une prestation puissante, où riffs et atmosphère semblent sculptés dans la pierre, traversant le temps du Moyen Âge à nos jours. Chaque enchaînement est exécuté avec précision, et le set respire la maîtrise.
Une belle énergie et un premier groupe à la hauteur du festival. Gorgoyl frappe fort dès le début, et on sent que la suite va être intense.
J’étais là pour confirmer le coup de cœur que j’avais eu à l’écoute de leur premier album, paru le 24 mars, et je n’ai pas été déçue. Quelque chose me dit que vous risquez d’en entendre parler bientôt sur Thrashocore…
On enchaîne ensuite sur
ERNTE, qui ne m’a pas laissée indifférente. J’avais pris le temps d’écouter ce groupe avant le festival, mais je ne m’attendais pas à prendre une telle claque. Les Suisses sont solides, sans failles, et leur black glacial et tranchant frappe juste. Les spectateurs ont immédiatement ressenti la force du set.
Puis c’est au tour des Suisses de
GUIGNOL NOIR. Un groupe plus théâtral, plus rock’n’roll, qui propose un black metal occulte, sauvage et froid. Mais on est loin du black figé : ça vit, ça bouge, et surtout ça picole. Le whisky coule autant que les riffs. Le chanteur, avec son air de Big Lebowski version black metal, donne au set une ambiance à la fois crade et totalement assumée.
Ils ne font pas dans la dentelle et c’est ce qui plaît ce soir.
Arrive l’ovni de la soirée,
WOEST, avec son black indus. Le groupe de Marseille, sous ses airs provocateurs, a un concept qui mêle brutalité sonore, philosophie et poésie noire.
Malheureusement, le public n’a pas accroché et la salle s’est peu à peu vidée. Mais, pour moi, c’est un groupe qui offre quelque chose d’original, avec un chant particulièrement intéressant.
J’étais là pour un set de pur black metal et j’ai été servie !
MYRKVID était clairement l’un des groupes que j’attendais le plus ce soir. Ils ne m’ont pas déçue. C’est un groupe que j’adore sur scène, et encore une fois, la magie opère. Dès les premières notes, tout s’aligne : le son, l’ambiance, le public. Un vrai rituel noir, sauvage et blasphématoire. La salle est pleine, tout le monde converge, happé par le set, et une énergie commune porte le groupe du début à la fin. Myrkvid est acclamé et on comprend pourquoi. Et le set qui se termine sur
Sadistic and Demonic finit de me convaincre.


Le projet suisse
BORGNE vient ensuite avec son black metal atmosphérique dont l’univers tourne autour de la folie, l’enfermement, les hallucinations... L’ajout de sonorités synthétiques donne au set une dimension plus froide et mécanique. Une direction intéressante, mais qui ne m’a pas touchée. Je n’ai pas réussi à accrocher, mais l’intention était là. Ils ont eu l’art de créer du malaise, de la tension… On peut alors dire que c’est réussi !
Toujours un plaisir de voir
MERCYLESS sur scène ! Qui plus est hors de France, une première pour moi si ma mémoire est bonne (spoiler alert : elle ne l'est pas !), et dans un joli cadre montagneux et hivernal que nous offre cette deuxième édition du Witch's Hollow. Toutes les conditions semblaient ainsi réunies pour la leçon habituelle des patrons du death metal français, seuls représentants du style ce soir parmi tous les groupes de black. Et les Mulhousiens n'ont sans surprise pas failli à la tâche. Très bon son, gros point fort de l'événement.
MERCYLESS déroule ses odes au Malin de mains de maître : l'excellent dernier album
Those Who Reign Below surtout puis le culte
Abject Offerings. Le reste étant réparti sur les disques post-reformation de 2011. Dommage, pas d'extrait du pourtant magnifique
Coloured Funeral. Ne boudons pas notre plaisir toutefois. Parce que mamma mia, qu'est-ce que ça riffe bien! Du pur death metal 90s ! Le public suisse (majoritairement composé de Français) a l'air de mon avis vu l'accueil réservé, sans doute le meilleur de la journée avec
MYRKVID. Mes gars sûrs !
(K)


La soirée se termine par
BELENOS. Magique Belenos !
Un moment suspendu, presque irréel. Chaque note résonne comme un souffle ancien.
Quel dommage que les spectateurs aient choisi d’aller se coucher plutôt que d’apprécier ce moment hors du temps. En tout cas, tout le public restant était unanime… C’était trop court ! On aurait bien encore profité de l’instant !
Ce festival nous a offert un combo gagnant : un son parfait, une salle chauffée, une organisation carrée et minutée. La troisième édition dépendra de celle-ci, alors croisons les doigts pour qu’elle ait lieu et soit encore meilleure.
PS : un grand
MERCI à ceux qui se reconnaîtront pour les bonbons et les petits gâteaux, petites attentions qui m’ont fait chaud au cœur et qui rappellent que le black metal c’est une grande famille
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