St-Omer ça vous parle ? J’avoue que je connais surtout pour la bière du même nom mais ça fait aussi un petit moment que j’entends parler d’un festival là-bas. Cela s’intègre parfaitement dans le cadre de cette commune labellisée « Ville d’art et d’histoire ». Pour resituer, elle s’est formée au VIIe siècle autour d’un monastère fondé par le moine Audomar, ce qui a donné St-Omer. Ses principales spécificités sont son marais (un vaste réseau de canaux et de terres cultivées) et ses défenses, modernisées par Vauban quand Louis XIV reprend la ville en 1677 aux Pays-Bas espagnols.

On comprend le nom du lieu des concerts (salle Vauban) et du festival lui-même, « swamp » signifiant marais en anglais. Cela dit, il s’appelait auparavant le Dreamer Fest et comme il avait été lancé en 2016, l’association fête ses 10 ans d’activité. Cette année, il s’agit de la 4e édition sous l’appellation Brutal Swamp, un nom maintenant connu pour accueillir des pointures internationales de Death Metal telles que BLOOD RED THRONE, VOMITORY, VADER et pour promouvoir des talents principalement régionaux (Hauts-de-France, Belgique, Pays-Bas).
Pour constituer le squelette de l’affiche 2026, l’équipe du fest a réussi à attraper MONSTROSITY qui tourne en Europe en compagnie de BIO-CANCER et de REJECT THE SICKNESS. Ajoutez le « Ekbom Tour 2026 » de BENIGHTED qui se déplace avec CREEPING FEAR et cela donne une base plus que correcte pour passer un moment de brutalité mémorable à coup sûr. Cerise sur le gâteau, Keyser est également de la partie (Thrasho en force !).
REJECT THE SICKNESS
Sosthène concluait sa chronique de
Signs of the End, le dernier album des Belges par « Peut-être à bientôt sur la route ? » Et ben nous y voilà. Enfin, pour l’instant on se fait une idée avec ce qu’on peut en entendre depuis la file d’attente car il faut patienter un petit peu avant de rentrer. Et le côté mélodique utilisé dans la présentation du groupe est questionné car pour l’instant, ça envoie du lourd. Ça y est, on peut investir les lieux, je vois que la salle est déjà à moitié remplie et le quartet se donne. Son Death Metal est porté en
live par un chanteur très actif (parfois soutenu par le bassiste pour un rendu encore plus puissant). Il arpente les planches, se déhanche et descend à deux reprises dans la fosse, sans oublier de demander au public de se rapprocher (il fait également l’effort de parler français). Bien que le dynamisme l’emporte, un certain équilibre caractérise ce
show : de l’agressivité (dont quelques rythmes Deathcore) couplée à des séquences un peu plus posées (plusieurs solos), une dualité voix Death et plus aigüe, ainsi qu’une recherche de
groove tel que celui qui émergea de la scène de Göteborg. Pour une ouverture, les Flamands assurent. Je pense qu’ils feraient un malheur s’ils étaient positionnés un peu plus haut sur une affiche.
MIASMES
Depuis deux ans, le Brutal Swamp inclut au moins un groupe de Black Metal à sa programmation, et comme au
Gatinaicticut Metal Fest,
MIASMES apporte donc une touche noire au sein d’un événement orienté Death. Le trio infernal du centre de la France joue fort (je vais demander des bouchons) et son Black’n’Roll que j’ai envie d’appeler Blackened Extreme Thrash fait mouche, lui valant rapidement des applaudissements nourris de l’audience. Ses rythmes endiablés déclenchent un
pogo, le premier
slam de la journée et des « Hey hey ». On remarque un karaté kid dans le
pit, en plus du fameux Sébastien (notre lecteur Gambrinus62), toujours présent aux fests du Nord, qui nous avait même fait l’honneur de sa présence lors du
dernier concert parisien d’
INHUMATE. 40 minutes efficaces pour patienter jusqu’en septembre, mois qui verra la sortie du deuxième album de
MIASMES, toujours chez
Les Acteurs de l'ombre Productions.
CREEPING FEAR
Je pense que vous êtes familiers de ce quartet francilien que l’on a déjà chroniqué, interviewé et « live reporté » plusieurs fois. Bien qu’assez statiques aujourd’hui, les gars nous envoient à leur habitude du Death Metal plutôt
old school particulièrement lourd, en mode rouleau compresseur (j’entends par moments un peu de
MORBID ANGEL). Après quelques titres, ils nous disent qu’ils vont jouer « Demonic Ascent » du dernier opus, en nous demandant « Qui l’a écouté ? ».
Realm Of The Impaled figure dans notre catégorie « Album de l’année 2025 » donc de notre côté, on l’a particulièrement écouté et apprécié ! Il est maintenant temps de bouger et le guitariste-chanteur sollicite un
circle pit qui donne plutôt un
pogo. C’est avec la volonté de nous voir bouger la tête et pour finir en beauté que « Torture Wheel » est gardé pour conclure (comme au
concert d’Antony, c’est la même
setlist), ce qui provoque de nouveaux remous dans le
pit. Il n’est même pas 18h00, ça promet pour la suite !
BIO-CANCER
Après une exception Black Metal, voici l’exception Thrash au
line-up Death Metal du jour. On va finir par avoir un festival généraliste, lol. Il s’agit en effet d’accueillir – sur une intro épique qui envoie – un quintet mêlant Thrash
old school à des sonorités plus modernes. Et c’est la grosse ambiance dès le début, avec plusieurs
circle pit qui se forment rapidement. Probablement le résultat du bon boulot de chauffe des trois groupes précédents, et de la capacité des Grecs à emmener une foule avec eux. Le chanteur est communicatif, il nous demande si on passe du bon temps, et il est aidé du bassiste et d’un guitariste. Sa voix aiguë me fait tiquer au début mais je finis par m’habituer. Cela n’empêche en tout cas pas les Audomarois de s’amuser, les nombreux
slams et
pogos en témoignent, le fest est maintenant vraiment plus que lancé.
RELICS OF HUMANITY
« LOWER THAN HELL » peut-on lire en présentation de la
page Facebook de ce quartet biélorusse (avec un Français au chant). Je me souviens de son passage au
Death Feast Open Air de l’été dernier et c’est vrai qu’il nous offre du Brutal Death des profondeurs, avec en plus un sérieux à toute épreuve. Pareil pour ce soir, et le son ultra-sombre et lourd me fait perdre mes bouchons d’oreilles et oblige les premiers rangs à
headbanguer. Quelques
slams s’ensuivent et on finit tous complètement séchés. Comme on est maso, on en redemande (c’est le premier groupe à avoir un rappel) mais il faudra patienter jusqu’à une prochaine fois car après trois quarts d’heure de jeu, il faut laisser place à
DEAD CONGREGATION. Dans l’attente, vous pouvez écouter
Absolute Dismal Domain sur le
Bandcamp de la formation.
DEAD CONGREGATION
Ah, la tête de Keyser quand je lui dis que c’est la première fois que je vais assister à un concert de
DEAD CONGREGATION, lui qui les a déjà vus plus de 10 fois. Il était temps, et vu comment la salle se remplit, on dirait que je ne suis pas le seul à attendre ce moment. Une longue intro instrumentale (« Martyrdoom ») crée une atmosphère infernale et après quelques titres, on retrouve le triptyque classique du quartet, à savoir : « Only Ashes Remain », « Promulgation Of The Fall » et « Serpentskin ». Keyser s’éclate, ça
pogotte à mort, les Grecs font du bon boulot. Ils terminent à leur habitude par « Teeth Into Red » et ses chants religieux pour la touche mystique. En revanche niveau studio, ça fait 10 ans qu’ils n’ont rien sorti, donc on attend une suite à l’EP
Sombre Doom.
BENIGHTED
Ça fait 20 ans que Thrashocore écrit des
live reports de
BENIGHTED, et on continue ! Les brutes font leur entrée entre des kakémonos de
Ekbom et sont en terrain conquis à St-Omer. Il semble en effet que leur venue pour la deuxième édition du Dreamer Fest en 2017 ait laissé de bons souvenirs. J’ai notamment une pensée pour le mec que j’ai croisé aux chiottes entre
CREEPING FEAR et
BIO-CANCER qui m’a montré son bras signé par Julien Truchan (le chanteur). En parlant de Julien, il ne pourrait se satisfaire de nous observer seulement dandiner du cul alors il nous invite à former un
circle pit et c’est le début du carnage. Ça bouge dans tous les sens, ça monte
slammer sur scène, Keyser est déséquilibré par l’agitation… Les nouvelles chansons ont du succès et on s’égosille tous sur le classique « Let the Blood Spill Between My Broken Teeth ». Une boucherie qui se termine dans la bonne humeur par une « circle chenille » sur un rythme électro tribal. Si vous les avez ratés, ils sont à l’affiche du Graf Zeppelin en juin et du Muscadeath en septembre.
MONSTROSITY
Les vétérans actifs depuis 1990 parcourent l’Europe afin de défendre leur nouveau disque
Screams from Beneath the Surface paru le mois dernier (@
AxGxB si tu veux le chroniquer ;-)). Cela est l’occasion de revenir en France où on ne les a pas vus depuis 2019 si je ne m’abuse. L’ancien combo de
Corpsegrinder entame son
show sous les acclamations par une partie instrumentale et poursuit en piochant dans son vaste répertoire. Un fan demande plusieurs fois une compo de
Millennium et est servi avec « Manic » en avant-dernière position de la
setlist. On a entendu un peu avant « Total Destruction », une reprise de
BATHORY, ce qui change de leurs
covers de
SLAYER. Le batteur avoine sec, le chant a atteint un certain niveau de monstruosité, ça plaît (les applaudissements le confirment). Mais à minuit et après les furieux de
BENIGHTED, dur de faire bouger ceux qui tiennent encore debout, même si on se réjouit d’avoir un peu de Floride dans le Pas-de-Calais. On apprécie donc sagement la prestation technique du quintette, ses introductions sombres et le joli éclairage vert et rouge qui met bien en valeur la formation.
Mes remerciements à The H. pour toutes ses photos !
Une affiche bien brutale, évidemment on en redemande et je serai à l’affût de la sélection de la prochaine édition. En plus de la qualité de la programmation, la fréquentation de l’événement a contribué à son succès, avec un mélange de public local et d’origine plus lointaine, notamment un petit groupe sympathique venu tout spécialement de la Nièvre.
Pour le merch, outre celui des groupes, on pouvait dépenser nos économies auprès des stands de Sea Shepherd (l’idée du MetalEarth festival qui fait son chemin ?), d’Heretik et des labels Crypt Of Dr. Gore, Epidemia et Malpermesita. On pouvait également se faire tatouer sur place grâce à la présence de Freaky Family Tattoo Piercing. Et bien sûr se restaurer, avec deux food trucks pour des hamburgers végétariens ou des pâtes gourmandes. J’ai également découvert que le festival avait sa monnaie : on paie effectivement les consos du bar en billets de « One Dreamer ».

En plus des softs, l’équipe proposait des pintes et bouteilles de bière du Nord / Belgique (Semeuse, Hommelbier, Brutal Monkey, Amalgame, Psykosophale, Demi-mesure) à 5 euros. De quoi bien arroser les 10 ans de l’orga que l’on remercie et félicite !
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