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Chemicide - Common Sense

Chronique

Chemicide Common Sense
Depuis notre chère métropole le Costa-Rica nous paraît être un pays fort lointain qui a mis l’accent sur l’éco-tourisme, qui ne possède plus d’armée depuis 1948 et qui est souvent considéré comme étant la Suisse d’Amérique centrale de par sa neutralité et sa stabilité politique. Pourtant hormis les exploits réguliers de Keylor Navas dans la cage du Paris Saint-Germain on ne peut pas dire que sa nation face beaucoup parler d’elle par chez nous, grave erreur tant San José et ses alentours possèdent des choses intéressantes à découvrir et notamment une scène Thrash assez active portée par les vieux briscards de CHEMICIDE. Car étant actif depuis 2008 ceux-ci font office de porte-drapeau à toute la scène extrême de la capitale et des environs de par son ancienneté et son expérience, vu qu’ils ont déjà sorti trois albums autoproduits à la qualité impeccable et qui sentaient bon les débuts de la scène Allemande et Américaine. Continuant sur sa lancée avec un nouveau frappeur le quatuor désormais signé sur un tout jeune label du Canada va clairement gagner en visibilité et en notoriété, tant ce quatrième opus est clairement le meilleur sorti par ses soins tout en reprenant la même recette entendue précédemment, mais en y gagnant en force de frappe comme en production.

En effet celle-ci bien que sonnant moderne ne va jamais tomber dans les excès sonores et le synthétisme outrancier, gardant une vraie chaleur et une puissance constante à l’instar de l’ensemble des compositions à l’équilibre impeccable de bout en bout. Car les gars ont un certain bagage technique et ils le démontrent en permanence sans pour autant tomber dans la débauche de notes et de plans alambiqués, tant ça reste fluide et sobre que ce soit en mode déchaîné comme au ralenti. Ce premier point va d’ailleurs sauter aux oreilles dès le démarrage du furibard « Self-Destruct » au nom totalement en raccord avec le contenu proposé, vu que ça joue vite et fort de façon quasi-continue et où l’on se retrouve embarqué vers les débuts de KREATOR et DESTRUCTION. Ne levant le pied que sur une courte période pour mieux redémarrer la machine après-coup la bande livre une plage directe et sans concessions où néanmoins de la mélodie pointe le bout de son nez via l’apport d’un solo travaillé et intense, qui amène un supplément de densité à l’ensemble. Il faut d’ailleurs souligner la plus-value des leads tout au long de ce disque tant ceux-ci sont nombreux et réguliers et font preuve d’un sens mélodique même quand ça se montre plus agressif, où l’on sent qu’Alex Skolnick a eu une vraie influence auprès du soliste qui le lui rend bien. Mais si lui et ses acolytes ont décidé de débuter tambour-battant en offrant une des compositions les plus radicales de cette galette, ceux-ci vont densifier leur son dans la foulée pour montrer qu’ils ont suffisamment de finesse musicale, comme on s’en aperçoit sur l’excellent « Lunar Eternity ». Malgré pratiquement six minutes au compteur les mecs nous balancent des parties mid-tempo impeccables où le headbanging est de rigueur, via des accents Hardcore plaisants et efficaces. Jouant sur toutes les rythmiques possibles le résultat est absolument plaisant et lorgne cette fois-ci vers la Californie de par ses harmonies nombreuses, un constat qui va se prolonger tout d’abord sur le tout aussi réussi « Common Sense » énergique et remuant où vitesse et lenteur se mélangent habilement, à l’instar de « Strike As One » à la douceur supplémentaire et de « Disposable » aux accents tribaux sympathiques.

Si le mélange et l’alternance sont majoritaires la formation prouve qu’elle arrive toujours à faire les choses bien même en étant dépouillée et radicale, comme c’est le cas sur le primitif et bas du front « False Democracy » particulièrement énervé et qui ne débande à aucun moment (juste durant un court break pour reprendre son souffle), tout le contraire du rampant et inquiétant « Barred Existence » là-encore impeccable. Mettant ici la vitesse et l’explosivité totalement sur le côté l’entité ne va proposer nulle once d’accélération, tant ici la rythmique reste d’une lourdeur suffocante aidée en cela par une noirceur imposante et marquée qui annonce une tempête imminente et prévisible, sans pour autant que l’ensemble ne sonne linéaire vu que ses géniteurs ont suffisamment d’habileté pour ne pas être redondants. C’est en effet un autre des points forts de ce disque qui en regorge car ça ne s’éternise jamais sur la durée, vu que ces derniers privilégient l’efficacité sur un temps limité plutôt que de traîner inutilement en longueur en copiant par exemple les infâmes dernières sorties d’EXODUS. D’ailleurs on ne sent nulle trace d’influence de Gary Holt et ses acolytes vu que les costariciens sont visiblement plus attirés par le METALLICA période « Kill ‘Em All », les débuts de MEGADETH voire l’œuvre générale DARK ANGEL dans une moindre mesure.

Si le seul petit défaut apparent sera cette grosse caisse un peu trop proéminente, pour le reste il n’y a rien à jeter à cette sortie impeccable où classicisme et maturité se mélangent en bonne intelligence, et qui nous fait faire un voyage agréable dans un passé pas encore révolu et sans pour autant tomber dans la redite. Comme quoi le renouveau du Thrash provient vraiment de nations "exotiques" peu habituées à faire parler d’elle pour leur Metal extrême (on pensera notamment à l’Inde), et l’on ne va pas s’en plaindre. D’ailleurs nos voisins d’outre-Rhin et d’Atlantique feraient bien d’en prendre de la graine tant nombre de ténors de là-bas se complaisent aujourd’hui dans une musique sans âme et/ou en pilotage-automatique (n’est-ce pas Steve Souza, Mille Petrozza et Schmier !). Tout le contraire de ces jeunes (ou moins jeunes) loups aux dents longues qui ont la rage chevillée au corps et ont exactement compris comment devait sonner leur son, à la fois sans compromis, violent et direct… sans oublier d’y amener une petite touche personnelle afin de se différencier de la masse et de la concurrence féroce, prouvant ainsi que le genre n’est pas mort et qu’il a encore beaucoup de choses à dire.

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Chemicide
Thrash Metal
2022 - RipRide Records
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs :   -
Webzines : (3)  9.33/10

plus d'infos sur
Chemicide
Chemicide
Thrash Metal - 2008 - Costa Rica
  

tracklist
01.   Self-Destruct
02.   Lunar Eternity
03.   Common Sense
04.   Barred Existence
05.   False Democracy
06.   Color Blind
07.   Strike As One
08.   Disposable
09.   It's An Action (POISON IDEA cover)

Durée : 35 minutes

line up
parution
15 Mars 2022

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