Jusqu’à ce jour, pour moi, « Pas content », c’était avant tout la merveilleuse chaîne YouTube « J’suis pas content ». Ce sera également désormais le nouvel hymne des matins chantants. On dit merci qui ? Merci
JOE LA MOUK ! Putain ce titre d’ouverture ! Si tu imaginais un riff aussi épais que du
HELMET au temps de
« Meantime » avec un univers textuel qui me rappelle le toujours très bon
CADILLAC, tout ça poussé par l’empressement d’un homme foudroyé par une chiasse monumentale et qui peine à défaire son bénard, tu aurais alors une petite idée de la réussite absolue qu’est ce morceau.
«
Au top du stress » est la huitième sortie discographique d’un groupe qui ne se revendique que du non-sens et de l’humour pipi caca. Il suffira d’ailleurs d’écouter « Thomas Pesquet » pour le comprendre, ça parle de chier dans l’espace, le concept est évidemment génial. Mais ce n’est pas que pour cela que c’est génial. Foutre deux fois de suite le même titre de quarante secondes (« On va boire des bières »), ça aussi c’est une excellente trouvaille ! Direct chanson culte en plus ! A moins que ce ne soit pas tout à fait la même ? Il y a une faute d’orthographe sur l’une des deux (« On va boires des bières »). D’ailleurs, ce n’est pas la seule (« Régression permanante », « Ambiancer scatophile »), c’est évidemment voulu, on n’écoute pas
JOE LA MOUK pour parfaire son vocabulaire.
Bien sûr, le pipi, le caca, le zizi, les touffes, cela fait rire. Pourtant, je ne dirais pas que les Français sont des marrants. Ce n’est pas du
GRONIBARD & Co. car derrière ce langage fleuri qui sent bon les latrines et les petites ruelles crasseuses où il fait bon se soulager loin des regards accusateurs, je ressens une forme de détresse derrière ce grand défouloir. La musique, elle ne déconne pas, elle. Pas de samples rigolos, d’extraits de films de boules ou de ritournelles enfantines, les guitares balancent un fourre-tout de
punk hardcore très énervé et, en cela, cette sortie me semble marquer une rupture avec les albums précédents. La violence rageuse est constante, le style plus affirmé ou, tout du moins, resserré autour d’une base extrême qui avait déjà été explorée sur «
Fuck the Money » par exemple mais où l’on sentait encore que c’était plus une expérimentation, un délire, qu’autre chose. Donc, clairement, la maîtrise du genre me semble ici totale, les côtés « déconneurs » du passé étant totalement gommés.
Ajoutons à cela une production ultra efficace, une pochette qui ne dépareillerait pas chez un groupe de
grind et le bon goût de tout torcher en une quinzaine de minutes, « quoi de plus ? » s’interrogerait le beau Georges. Avec cet album,
JOE LA MOUK change de dimension, les portes des chiottes des plus grandes salles de spectacle leurs sont désormais ouvertes et l’on a hâte des les y voir poser de glorieux colombins. La classe, la grande.
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