chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
223 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
Notre Amertu... »

The Bottle Doom Lazy Band - Clans of the Alphane Moon

Chronique

The Bottle Doom Lazy Band Clans of the Alphane Moon
Avec un nom pareil, j’imagine vite une bande de gros barbus écrémer les caves à whisky, avoir leurs entrées dans de beaux fumoirs à cigares et bricoler leurs bécanes le weekend, entourés de quelques pépées, sosies de l’à jamais dans nos cœurs Daisy Duke. Que la vision soit juste ou fantasmée, les cinq protagonistes ne trichent pas sur la musique, ni sur le style lazy : « Clans of the Alphane Moon » nous renvoie plusieurs décennies en arrière, le cul sur le siège passager d’une moto chopper. Sauf que leurs bécanes, elles vont dans l’espace, le concept (de la pochette ultra cool aux titres des chansons) étant bien plus redevable à la science-fiction de jadis qu’à Sons of Anarchy. C’est tant mieux, j’ai davantage d’intérêt culturel pour Metal Hurlant que pour les gilets en cuir et les coupes Franck Provost.

Comme je le soupçonnais aussi un peu, les musiciens sont tous de vieux briscards, dont des membres de PULMONARY FIBROSIS et du grand ANGMAR. Cela n’est d’aucune façon une garantie de réussite mais cela limite tout de même très sérieusement les risques de déception, d’autant que les deux LP précédents (« Blood for the Bloodking » en 2008, « Lost n’ Drunk » en 2015) avaient reçu un bel accueil tant de la presse que du public. Quant au style, le logo ne trompera personne : REVEREND BIZARRE est une influence forte du quintette, de même que LORD VICAR, PENTAGRAM, SAINT VITUS et tutti quanti mais avec le son des BONGZILLA ou autre EYEHATEGOD. Autrement dit, l’esprit roots des anciens, arrosé de la sueur des moins anciens. Nous pourrions certes parler d’hommage, de parenthèse ludique pour ces quelques messieurs trop tranquilles au sein de leurs autres obligations, il demeure que l’on ne compose pas un LP de soixante-dix minutes juste pour le fun. Le besoin est certainement autre, ardent dans son désir de s’exposer au grand jour, de développer ses circonvolutions psychédéliques au rythme du pachyderme repu.

À titre personnel, j’ai notamment un gros faible pour la voix de Bottleben, qui trouve le parfait équilibre entre la grandiloquence habituelle du heavy doom et des intonations plus bestiales, sinuant sur des mélodies rampantes, coulantes, trainantes, insaisissables. Gros accomplissement également au niveau des guitares, surtout lorsqu’elles partent en total lâcher-prise (l’introduction de « Crawling End », « Castle Made of Corpses »), riches en larsens, bavardes, ce qui casse parfaitement la monotonie des riffs cycliques du doom. J’ai dit « cyclique », pas « ennuyeux » : la différence est parfois inexistante, ici elle l’est, les sept compositions contenant chacune suffisamment de particularités pour ne pas les indifférencier.

Évidemment, du côté de la rythmique, nous sommes assis sur des blocs de béton. On cause doom là, pas variété. Donc bien sûr que ça pulse, mais lentement, sans stress, car l’intérêt de cette musique n’est pas dans la démonstration, ni de technique, ni de vitesse, mais dans sa capacité à faire vire une lenteur sans lassitude. Imaginez : vous contemplez une marre de boue pendant plus d’une heure, à moins d’être fondamentalement neurasthénique, tout le monde se fait chier. Sauf que là, des bulles méphitiques remontent à la surface, des batraciens mutants traversent, des insectes aux formes non euclidiennes coupent ton champ de vision, des plantes psychotropes éclosent, d’une Color Out of Space si tu apprécies Lovecraft et plus l’album déploie son énergie, plus ton gosier s’assèche, tu as soif, très soif, soif de salsepareille (oui, tu tournes Schtroumpf), soif de malt, de houblon, soif d’huile de vidange pour lubrifier tes articulations de vieillards en devenir, tu veux crever mais pas avant de savoir s’il existe d’autres formes d’intelligence dans l’univers, des intelligences qui se piquent, qui picolent, qui bricolent des Rat’s Bike, tu as envie d’une confirmation avant de redevenir poussière, c’est bien légitime.

THE BOTTLE DOOM LAZY BAND a l’avantage de te faire goûter à tout cela de ton vivant. Nul besoin de se faire cryogéniser, le futur est là, à portée de main, il n’y aura pas de vaisseaux spatiaux, de voyages intergalactiques, juste des mollusques bipèdes gavés de feuilles de coca tripant pendant des heures sur des coquillages Nautilus, le regressus ultime, et merci bien. Car qui en veut de cette sur-technologie hein ? Ces mecs sont là pour essayer de te réapprendre à utiliser un silex, il sera toujours temps de fabriquer des fusées permettant de visiter d’autres univers quand nous aurons appris à connaître le nôtre.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
The Bottle Doom Lazy Band
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs :   -
Webzines : (3)  8.5/10

plus d'infos sur
The Bottle Doom Lazy Band
The Bottle Doom Lazy Band
Doom Metal - 2005 - France
  

formats
  • CD, Digital / 2024 - Sleeping Church Records (OLD - DO NOT USE)

tracklist
01.   Ride the Leviathans  (09:43)
02.   Crawling End  (09:47)
03.   To the Solar System  (08:14)
04.   Castle Made of Corpses  (11:41)
05.   The Technosorcerer  (11:47)
06.   Flames of Sagitarius  (09:52)
07.   The Dying Earth  (09:39)

Durée : 01:10:43

line up
parution
1 Novembre 2024

Essayez aussi
Type O Negative
Type O Negative
Bloody Kisses

1993 - Roadrunner Records
  
Carcolh
Carcolh
The Life and Works of Death

2021 - Sleeping Church Records
  
Procession
Procession
Destroyers Of The Faith

2010 - Doomentia Records
  
Lord Vicar
Lord Vicar
Gates of Flesh

2016 - The Church Within Records
  
Purification
Purification
Elphinstone

2023 - Autoproduction
  

Voivod
Synchro Anarchy
Lire la chronique
Crystal Sun
The Trace You Left
Lire la chronique
Live Report Esodic - Anthares
Lire le podcast
La photo mystère du 1 Février 2026
Jouer à la Photo mystère
Dreaggan
Eternal Fire (EP)
Lire la chronique
Misfire
Product of the Environment
Lire la chronique
Disarray
The Darkening (EP)
Lire la chronique
Breakdown
Divide and Konquer (EP)
Lire la chronique
Bilan 2025
Lire le bilan
La photo mystère du 16 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Testament
Para Bellum
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Agressor
Medieval Rites
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Décembre 2025
Jouer à la Photo mystère
Bloodfield
Homunculus sapiens
Lire la chronique
Brutal Decay
Slaughter in Hell
Lire la chronique
Carnage Inc.
Carnage Inc. (EP)
Lire la chronique
Deathhammer
Crimson Dawn
Lire la chronique
Flesh Storm
The Path Of The War
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Décembre 2025
Jouer à la Photo mystère
Centinex
With Guts And Glory
Lire la chronique
Entretien avec Anthares
Lire le podcast
The Ultimate Soul Grinding Festival - Last Inhumate Show Ever
Illegal Corpse + Inhumate +...
Lire le live report
Warfield Within
Rise of Independence
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Novembre 2025
Jouer à la Photo mystère
R.B.Band
Chains of silence (EP)
Lire la chronique
Ordered To Kill
Endless War
Lire la chronique
Reabilitator
Fucking Thrasher
Lire la chronique
Hexecutor
…Where Spirit Withers In It...
Lire la chronique
Live Report Muscadeath 2025 2ème jour (samedi)
Lire le podcast
Live Report Muscadeath 2025 1er jour (vendredi)
Lire le podcast