Largement plébiscité en ces pages après la sortie en novembre 2021 de son deuxième album intitulé
Shock To The System, Tower a malheureusement dû faire face entre temps à quelques défections puisque Jeff Saint Filmer (basse) et James Jones (batterie) ont en effet tous les deux quitté le navire. Ces derniers ont été remplacés respectivement par Philippe Arman déjà présent dans les rangs de Tower entre 2015 et 2017 et Keith Mikus que l’on peut également retrouver en activité chez Atomic Cretins. Mais peu importe ces quelques mouvements puisque cela n’a pas empêché nos New-Yorkais d’aller de l’avant et de sortir ainsi en mars de l’année dernière toujours chez Cruz Del Sur Music un troisième album intitulé
Let There Be Dark. Cool non ? Sauf qu’évidemment, si je suis là pour vous en parler avec presque un an de retard c’est bel et bien parce que mes attentes n’ont pas été comblées...
Effectivement, c’est bien la déception qui prime à l’écoute de ce nouvel album et cela malgré une illustration plutôt sympathique revêtant l’aspect d’une couverture en cuir rehaussée par de belles dorures. Les jours, les semaines et les mois passés à ne pas m’en préoccuper n’y ont rien changé et aujourd’hui encore j’ai bien du mal à m’enthousiasmer face à ces dix nouvelles compositions. Produit de bout en bout par Arthur Rizk avec l’assistance d’un certain Richie DeVon (Lástima, No Gods) et auréolé par la présence de monsieur Jason Tarpey (Eternal Champion, ex-Iron Age...) venu prêter main-forte pour quelques "backing vocals",
Let There Be Dark avait pourtant toutes les cartes en main pour espérer faire carton plein. Comme quoi, cela ne suffit pas toujours...
Mais alors si l’illustration sobre mais efficace, la production irréprochable et ces quelques changements de line-up sans incidence ne sont en rien responsables de mon immense déception, à qui incombe cette relative déconfiture ? Eh bien aux deux guitaristes pardi ! Messieurs James Danzo et Zak Penley vous m’en voyez navré mais c’est vrai, je ne vois pas sur qui d’autre tirer et faire porter le préjudice de cette désillusion... Car malgré tout un tas de solos absolument impeccables (à ce sujet il n’y a clairement rien à redire, nos deux hommes étant en pleine possession de leurs moyens), il ne fait pas l’ombre d’un doute que ce sont vos riffs un tantinet éteints et génériques qui sont aujourd’hui encore la cause de mon mécontentement. Des mots peut-être un petit peu durs et exagérés puisque
Let There Be Dark n’est dans le fond pas ce que l’on peut appeler un mauvais album seulement voilà, je ne retrouve ni la fougue, ni l’intensité et encore moins l’efficacité des riffs de son illustre prédécesseur. Car si des titres comme "Under The Chapel", "Let There Be Dark", "Holy Water" ou "Iron Clad" ont encore pour eux un certain allant ainsi qu’un côté tout de même assez entêtant, on en vient vite à déchanter lorsque l’on se penche un peu plus en profondeur sur les riffs. Prenez par exemple "Under The Chapel" et sa mélodie principale jouée jusqu’à plus soif, et bien vous ne m’enlèverez pas de la tête que les riffs de quelques accords proposés sur ce titre ronronnent gentiment sans véritablement parvenir à marquer les esprits. Et finalement le même constat s’impose sur "Let There Be Dark", "Holy Water", "Book Of The Hidden", "Iron Clad" ou "The Hammer"...
L’album souffre également d’un vrai problème de rythme. Car si effectivement le degré d’intensité a été quelque peu revu à la baisse et que des titres tels que "And I Cry" et "Don’t You Say" font office de ballades Heavy / Hard Rock tout à fait acceptables, on trouve également deux interludes ("The Well Of Souls" et "Legio X Fretensis") peut-être pas mal fichus eux non plus mais néanmoins assez inutiles sur un album de quarante minutes loin de nécessiter quelques petits trous d’air et autres moments de répit...
Celle qui par contre ne démérite pas c’est bien dame Sarabeth Linden dont les vocalises sont une fois encore l’un des atouts clefs de Tower. Une voix chaude, sensuelle et assurée caractérisée par une amplitude vocale toujours aussi impressionnante (on compte une fois de plus de belles envolées particulièrement maitrisées) la classant de fait parmi les meilleures chanteuses Heavy Metal en activité aujourd’hui dans le circuit. Car finalement c’est bien elle qui porte le groupe et permet de faire plus ou moins illusion tout au long d’un
Let There Be Dark pas mauvais mais tout simplement décevant en comparaison de son excellent prédécesseur.
Malgré plusieurs écoutes à mon actif depuis sa sortie et notamment lors de la rédaction de cette chronique, mon avis n’a pas changé d’un pouce concernant ce troisième album. Certes la production est léchée et définitivement taillée pour le job, certes l’illustration plutôt élégante et soignée, certes les compositions parfaitement interprétées mais il manque clairement deux / trois trucs à commencer par des riffs mémorables capables de transcender le caractère particulièrement classique de ces compositions oscillant librement entre Heavy Metal endiablé et Hard Rock plus posé. Je le répète encore une fois,
Let There Be Dark n’est pas un mauvais album et pourrait certainement séduire ceux qui n’ont jamais posé leurs oreilles sur l’excellent
Shock To The System mais au petit jeu des comparaisons celui-ci ne tient clairement pas la route et constitue par conséquent une véritable déception là où son prédécesseur avait su se hisser parmi les albums de l’année. Dommage.
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