Si malgré ses illustrations hyper colorées vous n’avez encore jamais croisé la route de Plasmodulated, sachez qu’il s’agit d’un groupe américain fondé par Myk Colby à ses heures perdues lorsque celui-ci n’est pas occupé à gratter, cogner et hurler en compagnie de Wharflurch, Hot Graves, Liminal Erosion ou bien encore Antagonizör.
Débuté en 2021 comme un projet solo, Plasmodulated a sorti l’année suivante une première démo sous cette configuration avant que notre Floridien ne se décide finalement à embaucher trois musiciens histoire probablement de lui faciliter un petit peu la tâche. C’est par cette dernière que l’on va commencer histoire quand même d’être le plus carré possible.
Démo éponyme composée, enregistrée, mixée et masterisée à la maison par Myk Colby,
Plasmodulated ne manque pas d’attirer le regard grâce à cette illustration putride signée des mains de l’Américain Adam Michael Nevler (aka GruesomeGraphx). Parue dans un premier temps en cassette chez Gurgling Gore, celle-ci a bénéficié quelques mois plus tard d’un pressage CD grâce au concours du label mexicain Personal Records. Bouclée en un petit peu moins de dix-sept minutes, cette première démonstration propose cinq compositions pour un résultat qui, vous vous en doutiez rien qu’en regardant cette illustration, n’a effectivement rien de bien nouveau à offrir si ce n’est la promesse d’un bon moment au son d’un Death Metal bas de plafond bien dégoulinant.
Comme chez Wharflurch, Myk Colby puise son inspiration pour l’écriture de ses textes dans des œuvres cinématographiques ainsi que dans des livres ayant trait à la science-fiction et aux horreurs qui y trouvent place. Aussi vous pourrez vous délecter de paroles particulièrement profondes telles que
"Decay and dripping rot is very disgusting",
"You don’t want to smell this, you will definitiely puke" ou bien encore
"I found a gross cave…". Bref, comme pressenti au regard de cette illustration, ce n’est ni avec sa délicatesse ni avec sa finesse que Plasmodulated risque de s’étouffer...
Si tout cela vous a naturellement donné l’eau à la bouche, permettez-moi quand même de calmer vos ardeurs en vous précisant une petite une chose. Bien souvent, lorsque l’on parle de one-man band, on parle également de boîte à rythmes. Malheureusement, Plasmodulated n’échappe pas à cette combinaison souvent fatale ou du moins préjudiciable. On ne va pas se mentir, ces cinq titres auraient assurément gagné à être enregistrés à l’aide d’une véritable batterie mais comme vous pouvez l’entendre, ce n’est pas le cas. Devez-vous alors passer votre chemin ? Si vous y êtes véritablement allergiques alors la réponse est oui, si en revanche vous êtes capables de vous accommoder de sonorités un tantinet artificielles alors vous pourrez probablement apprécier ce que Plasmodulated a à vous offrir ici.
Assez peu loquace lorsqu’il s’agit d’écrire des paroles, Myk Colby s’avère tout aussi concis avec sa musique puisqu’avec trois minutes par titre (un petit peu plus, un petit peu moins), l’Américain se concentre effectivement sur l’essentiel et rien d’autre. D’ailleurs, sa formule est plutôt simple puisqu’elle consiste à aligner riffs Death primitifs mâtinés d’influences Thrash relativement flagrantes qui pour la plus grande majorité vont venir se poser sur des séquences mid-tempo rampantes au groove pour le moins irrésistible. A cela s’ajoute évidemment quelques légères accélérations partagées entre séances de toupa-toupa tranquilles toujours très efficaces et passages un tantinet plus soutenus menés essentiellement sur fond de double un peu trop "ploc ploc" pour être honnêtes ou bien de courtes salves de blasts beaucoup plus sporadiques ainsi qu’un growl évidemment bien gras et profond comme pour mieux enrober le tout. L’ensemble est enfin habilement relevé par de nombreux leads et autres soli mélodiques particulièrement bien troussés ainsi que par l’ajout de nappes de synthétiseurs discrètes qui l’un et l’autre vont instaurer un climat angoissant à coups de sonorités évoquant effectivement les confins grouillants et hostiles des profondeurs de l’espace.
Alors évidemment, personne ne tombera en pamoison à l’écoute de cette première démonstration de Plasmodulated qui en plus de ne faire preuve d’aucune originalité est quelque peu handicapée par la présence d’une boîte à rythmes un peu trop synthétique pour ne pas être malheureusement pointée du doigt mais après tout, qu’attendiez-vous réellement d’un disque ayant pour illustration de pauvres bougres bien gras et dégoulinants en train de se vider de toutes leurs tripes ? Néanmoins, si cette première sortie n’est effectivement pas parfaite, celle-ci est suffisamment bien ficelée pour en déceler le potentiel. Un potentiel arrivé à maturation sur
An Ocean Ov Putrid, Stinky, Vile, Disgusting Hell, premier album du groupe sorti cette année et qui trouvera naturellement sa place dans nos colonnes dans les jours ou semaines à venir.
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