Necessary Violence.
Avec un tel titre on comprend assez vite qu’il ne va pas être question de prendre la vie du bon côté ni de tendre l’autre joue et dire merci mais plutôt d’opter pour la stratégie du plus fort quitte à récolter au passage quelques côtes cassées et autres ecchymoses aux couleurs chamarrées... Une approche tout en heurts à laquelle les Parisiens d’Headbussa ont toujours été très attachés et cela dès ce premier EP sorti en novembre 2021.
Paru tout d’abord sur Bandcamp avant d’être proposé quelques mois plus tard au seul format cassette par Deathfarm Records, petite structure belge dont les sorties n’ont jamais fait preuve de beaucoup de finesse (Body Bag, Ends Of Sanity, Whispers, Constrict...), les quatre titres de
Necessary Violence figurent également en bonus sur la version CD de
Vengeful Mind dont je vous ai déjà parlé un petit peu plus tôt cette année. Quoiqu’il en soit et comme promis lors de cette première chronique, voici ma petite contribution sur le sujet, dès fois que je n’ai pas été assez clair sur les ambitions affichées par ces Parisiens bien décidés à cogner sur tout ce qui bouge.
Quatre titres pour un petit peu moins de neuf minutes. C’est ce qui s’appelle aller à l’essentiel. Un sens de la formulation au service de compositions en forme de coups de poing administrés avec grande violence par un groupe empreint d’une négativité plombante. Digne héritier, au moins dans l’esprit, de formations emblématiques (en tout cas pour les amateurs de Hardcore) telles que Neglect, Darkside NYC, Cold As Life et bien évidemment Kickback (
"Getting weaker every generation. Barking, bitter, subhuman scum. I spit on your name and I'll spit on your grave.",
"I'm one who mauls my hopes and joy. Step by step i undo what you think about me. My blood boils. I'm robbed and fooled. I'll fuck my life up. Be assured I'll grab you in my fall"), les Parisiens entretiennent avec beaucoup de plaisir et surtout de réussite une atmosphère urbaine particulièrement agressive et vicieuse tout au long de cette première mise en bouche des plus coriaces.
Ainsi, c’est sans grande originalité mais avec beaucoup d’efficacité que les Parisiens s’imposent au son de ces quatre bourre-pifs auréolés d’une production parpaing hyper efficace même si à mes oreilles la batterie manque parfois un poil de naturel (vraiment rien de rédhibitoire mais difficile de ne pas s’en rendre compte si on décide d’y prêter attention, notamment en ce qui concerne le son de la caisse claire).
En tous points identique à son successeur,
Necessary Violence était évidemment déjà particulièrement fidèle aux canons de la scène Beatdown Hardcore dans laquelle Headbussa continue de prendre racine aujourd’hui (d’ailleurs il n’est pas rare d’entendre des réminiscences de Worst Doubt tout au long de ses presque neuf minutes). Une musique assez simple faite d’accélérations Punk / Hardcore entrainantes constituées sur la base de toupa-toupa dont l’efficacité n’est aujourd’hui plus à démontrer (les premiers instants de "You’re The Virus" ainsi qu’à 0:53 et 1:15, "Renegade" à 0:53), de ralentissements en mode "baston générale" taillés pour sympathiser avec ses voisins sur fond de moulinets à décorner les bœufs, de high kick haut perchés et autres pas de danse favorisant en effet le contact humain ("No Alibi" à 0:29 et 1:33, "You’re The Virus" aux alentours de 1:35, "The Chain" à 0:29, "Renegade" à 1:41) ainsi que tout un tas de riffs et autres séquences dont le groove particulièrement chaloupé finira de vous donner envie de remuer (inutile de tous les citer, il y en a sur chaque titre, souvent en nombre). Bref, comme toujours, cela ne respire pas la grosse intelligence mais de toute façon qui écoute ce genre de groupe et de musique dans l’espoir de faire gonfler ses neurones ? Franchement...
Alors je pourrais tenter de faire traîner cette chronique mais cela n’aurait finalement pas beaucoup de sens puisqu’à ce stade tout a été dit au sujet de ce
Necessary Violence. Aussi redoutable qu’efficace, ce premier EP d’Headbussa nous dévoile un groupe d’ores et déjà prêt à en découdre. Un groupe animé d’un réel potentiel qui depuis s’est d’ailleurs amplement confirmé. Peut-être pas de la manière la plus classique et attendue qui soit (les Parisiens ne comptent encore aucun album à leur actif) mais au moins sur les planches où ils n’ont jamais manqué de se faire respecter, ici en Europe mais aussi en Asie et aux États-Unis où, face à une concurrence féroce et impitoyable, il n’est jamais facile de sortir du lot, encore plus pour un groupe français. Bref,
Necessary Violence ne chamboulera pas le petit monde du Hardcore mais ravira assurément tous les amateurs de violences urbaines faites musique.
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