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Destruction Ritual - Providence

Chronique

Destruction Ritual Providence
Quelque peu relégué aux oubliettes après la sortie en 2021 de sa première démo éponyme pourtant encensée en ces pages, Destruction Ritual a fait un retour remarqué il y a de cela quelques semaines avec la sortie en septembre dernier de son tout premier album. Un disque intitulé Providence paru sur le label qui ne répond pas à mes mails quand je leur demande poliment si le dernier livre de Timo Ketola va être un jour réédité, je veux bien évidemment parler de Norma Evangelium Diaboli.

Pour ceux d’entre vous qui auraient éventuellement un train de retard (pas de souci, ça arrive, surtout si vous voyagez avec la SNCF ou la RATP), Destruction Ritual est un trio international partagé entre la France et les États-Unis dans lequel on retrouve MkM (Antaeus, ex-Aosoth, ex-Martröð...), TerrorReign (Impure Ziggurat, Invoketh, Necroblood...) ainsi qu’un certain Arafel dont on connait désormais l’identité civile (Judson Belmont, comme dans Castlevania). Comme pour sa première démonstration, le groupe est accompagné derrière les fûts par Thomas Hennequin plus connu dans le milieu sous le pseudonyme de Blastum (Merrimack, Ritualization, VI, Antaeus (live), Aosoth (live)...) et qui, une fois de plus, joue ici le rôle de batteur de session. Enfin, pour réaliser l’illustration de ce premier album largement inspirée par le personnage tenu par Isabelle Adjani dans le film Possession (dont on trouvait déjà un sample sur la démo), le groupe a fait appel cette fois-ci au peintre américain Benjamin A. Vierling. Si ce nom ne vous dit peut-être rien, sachez qu’on lui doit quand même un certain nombre d’artworks pour des groupes tels qu’Aosoth, Deiphago, Dream Unending, Nightbringer, Pallbearer ou bien encore Profanatica.

Brièvement évoquée dans la conclusion de ma chronique publiée en juin 2022, la sortie de ce premier album aura pris finalement plus de temps que prévu. Mais on n’en tiendra pas rigueur au trio qui a préféré soigner son retour plutôt que de précipiter les choses inutilement. Néanmoins et comme on pouvait naturellement s’y attendre, ce retour aux affaires ne s’accompagne pas de grands bouleversements puisque Providence se "contente" en effet de reprendre les choses là où la formation les avait laissées quatre ans auparavant. Celle-ci renoue ainsi sans grande surprise avec ce Black Metal particulièrement abrasif et habité qui faisait déjà le sel de cette fameuse première démonstration.

Affichées à près de quarante-trois minutes, ces six nouvelles compositions se présentent sous des formats une fois encore relativement allongés. Rien qui vaille la peine de prendre peur ou de faire la grimace puisqu’on oscille entre cinq minutes bien tapées ("Providence" et "Pride & Corrupted Dreams") et presque dix minutes ("Decaying Mask Of Remorse") seulement mais cela traduit une fois de plus de la part de Destruction Ritual un certain désir de nuances et de contrastes. Car c’est en effet ce qui qualifie, au moins en partie, le Black Metal toujours aussi abrasif et vicieux du trio. Une musique capable de varier les plaisirs en alternant séquences frontales menées essentiellement à coups de blasts plus ou moins soutenus ("Providence" 0:01, 2:09, 2:41 et 3:32, « Pride & Corrupted Dreams » à 0:01, 1:46, 2:46 et 4:26, "Decaying Mask Of Remorse" à 3:40 et 7:17, "Washed Away Sins" à 1:22 et 5:01, "Closure" à 0:25 et 2:47) et moments plus en retenue permettant ainsi de rompre avec la relative monotonie (oui, relative, car il y a finalement bien plus de variétés qu’il n’y paraît dans toutes ces attaques) de ces coups de boutoirs que monsieur Blastum n’a de cesse de nous asséner ("Providence" à 1:18, 2:16 et 4:04, "Pride & Corrupted Dreams" à 1:20, 2:13, 3:06 et 5:19, le lancinant et terriblement effrayant "Gone Days Of Splendor", les trois premières minutes tourmentées de "Decaying Mask Of Remorse" puis de nouveau aux alentours de 5:50, l’entame tranquille et mélodique de "Washed Away Sins" suivie à 3:25 de cette transition pesante et inquiétante, les cinq dernières minutes chaloupées de "Closure").
Si on se laissera malmener avec grand plaisir par tous ces instants sauvages et intenses, les moments les moins tendus sont cependant l’occasion pour Destruction Ritual d’insuffler à ses compositions des mélodies vénéneuses proposées sous formes de leads et autres solos participant au développement d’envoutantes atmosphères à la fois terriblement sinistres et mystérieuses ("Providence" à 1:18 et 4:04, "Pride & Corrupted Dreams" à 1:20, 2:13 et 4:11, "Gone Days Of Splendor" à 4:19, "Decaying Mask Of Remorse" à 6:17, "Washed Away Sins" à 4:17). C’est également lors de ces instants où l’on prendra plus aisément la pleine mesure du chant vicieux et possédé de MkM. Certes, après trente ans de carrière, ses talents ne sont plus à démontrer mais on ne se privera pas pour autant de rappeler qu’il est assurément l’une des forces de Destruction Ritual au même titre qu’il l’est dans chacun des projets qu’il touche de près ou de loin. Certes, celui-ci n’a pas la théâtralité d’un Marek Górecki (Cultes Des Ghoules, Death Like Mass, Sodality) mais dans le genre vocaliste habité capable de transmettre à ses auditeurs tous les tourments qu’il vit et raconte, on a quand même pas beaucoup fait mieux.

Premier album particulièrement solide, Providence ne déçoit absolument pas. Effectivement, l’effet de surprise est aujourd’hui passé mais la qualité et l’efficacité des compositions, leur grande variété et les ambiances malaisantes et dérangées qui en découlent en font un disque imparable qui le classe d’ailleurs sans mal parmi les meilleures sorties Black Metal de l’année. Un disque riche, plus nuancé que le suggère son rythme globalement soutenu, plus mélodique que le suggère son côté possédé, bref un disque à ne clairement pas sous-estimer (chose qui pourrait être le cas rien qu’à la vue de son illustration), aussi effrayant que captivant et qui finalement jouit d’une certaine immédiateté en dépit d’un caractère profondément sinistre et tourmenté. Chaudement recommandé.

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Destruction Ritual
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs :   -
Webzines : (1)  6.67/10

plus d'infos sur
Destruction Ritual
Destruction Ritual
Black Metal - 2020 - Etats-Unis / France
  

tracklist
01.   Providence  (05:21)
02.   Pride & Corrupted Dreams  (05:49)
03.   Gone Days Of Splendor  (06:30)
04.   Decaying Mask of Remorse  (09:30)
05.   Washed Away Sins  (08:14)
06.   Closure  (07:28)

Durée : 42:52

line up
parution
12 Septembre 2025

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2021 - Spikekult Rekords
  

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