Blood Red Throne - Siltskin
Chronique
Blood Red Throne Siltskin
Gardant son rythme habituel de sortie il était donc logique que cette fin d’année 2025 voit le retour du combo de Kristiansand, quasiment deux ans après l’agréable
« Nonagon » qui confirmait la bonne dynamique actuelle du quintet qui en a fini pour le moment de ses incessants mouvements en interne. Rien d’étonnant donc que ce nouvel opus reprenne en tous points les éléments de ses récents prédécesseurs, et l’on ne lui en tiendra pas rigueur vu que c’est exactement ce qu’on attend de ses auteurs… avec cependant les mêmes points positifs et négatifs. Car comme d’habitude sans être indispensable ni devenir un classique en puissance on appréciera se le réécouter de temps en temps pour s’envoyer une bonne dose de Death Metal puissant et lourd, riche en uppercuts et autres enchaînements dévastateurs à défaut d’avoir les armes pour jouer les premiers rôles et la place sur le podium mondial. Néanmoins là où l’entité avait parfois tendance à avoir quelques passages à vide force est de reconnaître qu’ici elle offre le disque le plus percutant depuis longtemps, vu qu’on ne va pas s’ennuyer une seule seconde et que l’inspiration va rester constante (même si l’on a en permanence un sentiment de recyclage).
C’est effectivement le cas de « Scraping Out The Cartilage » qui après une montée en pression progressive nous offre tout son panel rythmique au complet, avec donc ce qu’il faut de variations comme de densité générale… et même si ça s’éternise légèrement l’ensemble où lenteur et parties rapides sont sur un pied d’égalité (renforcées par de nombreux moments mid-tempo imparables), tout cela passe tranquillement de par un dynamisme constant et une force de frappe intéressante à suivre. D’ailleurs ce ressenti va s’accentuer doucement à chaque nouvelle plage et tout d’abord sur l’excellent et profond « Beneath The Means » particulièrement écrasant et suffocant, tant c’est largement bridé en jouant principalement sur un côté massif et une obscurité renforcée même si ça n’oublie pas d’accélérer avec parcimonie. Avec un rendu impeccable et qui ne s’éternise pas le groupe confirme ici sa forme actuelle vu que ce type de morceau joué au ralenti avait tendance dans un passé proche à s’enliser quelque peu, chose qui n’est pas du tout le cas ici vu que « Necrolysis » situé un peu plus loin sera du même tonneau positif tout en proposant un côté remuant fort sympathique (même si « Vestigial Remnantes » va retomber dans ses travers… ceci étant finalement le seul moment faible de cette galette). Du coup entre le varié « Husk In The Grain » qui joue sur le grand-écart permanent avec beaucoup de réussite ou le court et surpuissant « Anodyne Rust » (qui voit le retour à de la brutalité exacerbée sur fond d'exécution rudimentaire) à l’intensité permanente et à l’écriture directe et sans concessions, cette première moitié de long-format ne montre aucun répit ni moment où l’on serait tenter de décrocher en cours de route, confirmant que nous sommes bien sur un bon cru du gang nordique.
Nulle surprise donc que la suite et fin de ce « Siltskin » conserve les bons éléments déjà entendus, que ce soit avec le pachydermique et rampant « Vermicular Heritage » aux trois parties distinctes ou via le furieux et primitif « On These Bones » qui défouraille comme il se doit sur fond d’exécution débridée où la rythmique est enlevée la plupart du temps, prouvant une fois encore que les gars ont retrouvé un certain allant qui s’était estompé. Et afin de finir correctement place au long et varié « Marrow Of The Earth » qui après des arpèges froids joués dans le vide sidéral (complétés par un break atmosphérique qui ne sert pas à grand-chose) va envoyer une bonne dose d’alternance continue pas dégueulasse, et qui sans faire sauter au plafond va terminer les débats de façon assez convaincante… à l’instar de tout ce qui l’a précédé. Faisant du neuf avec du vieux la bande livre donc quelque chose d’efficace et dense qui a de quoi plaire aux fans même les plus exigeants et ça n’est pas si mal finalement… tant on sait que dans ce registre hyper concurrentiel il y a de quoi s’y perdre quand on fait dans la surenchère.
Suivant donc son chemin en dépit des modes et de la superficialité actuelle BLOOD RED THRONE continue son travail de sape malgré son statut d’honnête artisan sérieux et appliqué qui lui colle à peau (et dont il ne pourra sans doute jamais véritablement s’en dépêtrer) mais cela lui importe peu finalement, tant il reste intègre à sa ligne de conduite jusqu’au bout des doigts. En tout cas cela personne ne pourra lui reprocher ni le contredire tant ça devient rare désormais, prouvant que cela paie toujours même si cela ne se fait pas sans heurts… même si dorénavant il a retrouvé une seconde jeunesse malgré son âge bien avancé sur la scène nationale et internationale. Autant de bonnes raisons de croire que toute cette positivité continuera dans le futur et même si elle disparaît on n’accablera pas le vétéran Daniel Olaisen et ses comparses, vu qu’ils auront toujours toute notre sympathie pour leur sincérité et leur engagement depuis leurs débuts, et ce même si ce nouveau chapitre n’intéressera probablement que peu de monde finalement.
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