Lust Of Decay - Entombed In Sewage
Chronique
Lust Of Decay Entombed In Sewage
Mise en pause après la sortie de
« Purity Through Dismemberment » - puis réactivée une première fois avant de définitivement se relancer en 2020, la carrière de LUST OF DECAY n’a pas été un long fleuve tranquille depuis ce dernier opus publié il y a maintenant dix-neuf ans, mais aujourd’hui le combo semble définitivement de retour avec un quatrième album sous le bras qui ne va nullement dépareiller par rapport à ses prédécesseurs. Car à l’instar de DYSENTERY qui a fait son retour après là aussi une longue absence (et également signé chez Comatose Music) le quatuor a toujours fait figure d’outsider sur le catalogue de son label historique comme au sein de la pléthorique concurrence de son pays, dans un registre où le pire côtoie nettement plus fréquemment le meilleur qui se montre de plus en plus rare. Et malgré les efforts déployés ici ce nouveau chapitre va se caler dans la droite ligne des précédents avec une musique trop basique et calibrée pour passionner sur la durée, vu que sans être mauvaise ni ratée celle-ci va proposer tout le panel typique du genre sans que rien ne dépasse ni se démarque de la masse graisseuse et informe qui nous est proposée. Si cela est positif car on sait où l’on va c’est malheureusement aussi négatif vu qu’on va avoir trop souvent la sensation d’avoir affaire à la même chose jouée en continu, sans chercher à se triturer le cerveau trop longtemps.
C’est exactement ce qui ressort de l’ouverture intitulée « Parasitic Exsanguination » qui après quelques roulements martiaux va proposer une classique alternance entre gros tabassage en règle et ralentissements pachydermiques, sur fond d’équilibre impeccable et de groove contagieux. À la fois propre, équilibrée et efficace cette plage va faire parfaitement le job mais va montrer trop rapidement une certaine répétition et prévisibilité de chacun des plans proposés, tant on a eu la sensation d’avoir déjà entendu cela un nombre incalculable de fois auparavant. D’ailleurs cela va être une constante sur la doublette « Hallucinations Of The Decrepit » / « Nourishing The Swine », qui va montrer un bel équilibre des forces en présence avec ces légers passages syncopés calés entre des parties remuantes et des écarts importants rythmiquement, et si tout cela est bien fait sans chichis ni rejets en cours de route cela s’essouffle quand même assez rapidement sans qu’on puisse y faire quelque chose. Pourtant il faut croire toujours au meilleur et c’est cela qui se produit dans un premier temps avec le remuant et dense « Fetal Contamination Process » qui montre une véritable efficacité à l’instar de « Rusty Razor Rimjob » aux accents débridés plus marqués, et qui sert de rampe de lancement au très agréable « Order 66 ». Ici les accents groovesques sont nettement plus poussés et c’est idéal vu que ça ne fait pas dans la demi-mesure tant l’écrasement le plus massif côtoie les blasts les plus dévastateurs sans passages intermédiaires… histoire d’accentuer le côté profond et rentre-dedans de l’ensemble qui voit l’écriture se faire aussi plus sobre. Et même si ça se finit un peu bizarrement en reprenant durant quelques instants le thème de « Star Wars » ça reste efficace… avant que les travers entendus au tout début ne réapparaissent ensuite sur « Desiccate The Epithelium », tant les nombreuses cassures ici présentes donnent une sensation de bordel généralisé. Plus barré dans sa construction ce morceau donne le ressenti de partir dans tous les sens à l’instar de la conclusion « Entombed In Sewage », qui outre le fait de sembler interminable n’arrive jamais à captiver l’attention… et ce malgré quelques rares instants sympathiques.
Outre le fait d’avoir des compositions inutilement allongées qui y perdent en attractivité sur la longueur on tiquera aussi sur cette batterie en plastique hyper compressée, qui finit d’épuiser même le plus vaillant des auditeurs et qui se demandera à juste titre s’il arrivera à s’enquiller tout cela d’une seule traite… malgré que cela dure à peine trente-trois minutes. Autant dire que tout cela n’a que peu d’intérêt et n’intéressera qu’un nombre limité de personnes, tant il y a mieux dans ce registre ultra-saturé où s’accumulent les entités de bas étage qui feraient mieux d’arrêter rapidement les frais au lieu de vouloir nous casser les oreilles. Autant dire que ça n’était pas la peine de revenir pour pondre ce genre d’enregistrement qui ressemble à des milliers d’autres, car à aucun moment on ne trouvera de moyens de sortir de cet ennui ni du dilettantisme dans lequel on a sombré, bref on passe à autre chose et rapidement ça vaut mieux.
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