Johnny Hallidoom. J’imagine qu’il est de bon goût de citer les sempiternels même noms concernant l’évolution de Barabbas, parler de Saint Vitus, The Obsessed, Witchfinder General et Cathedral (que les Français ont même repris sur la compilation hommage
Doom Or Be Doomed : a french tribute to Cathedral), de dire qu’ils sont allés judicieusement vers un doom metal plus traditionnel de sortie en sortie, ce doom si rare, si peu joué aujourd’hui avec l’élan vital qu’il peut contenir. Peut-être aurais-je juste le droit d‘évoquer Sortilège et Trust pour marquer la route nationale qu’emprunte la formation, sans détours et en faisant rugir le moteur.
Mais le bon goût n’a pas sa place dans le doom metal, cet album ou cette chronique : c’est bien à un certain Jean-Philippe auquel je pense à chaque fois que j’écoute
La Mort Appelle Tous Les Vivants, rocker français canonisé et ringardisé mais qui avait pour lui plusieurs choses, comme j’ai pu le constater lors d’un concert donné peu d’années avant sa mort – auquel j’ai assisté par un concours de circonstances, n’étant pas fan de sa musique. J’avais alors été subjugué par la sincérité et la générosité du bonhomme, franchouillard en fin de vie prêt à tout donner pour partir les poches vides. Des qualificatifs qui vont également à Barabbas, qui voit long (l’heure s’approche), large (« Le Saint Riff Rédempteur » : un titre mais surtout un projet politique et religieux développé sur tout l’album) et la faucheuse prête à bondir. On ne nie pas la réalité, ni la maquille : on transmet le grand théâtre infernal et bouffon qu’est l’existence, avec l’emphase et l’écriture en gras dont est capable le genre.
Barabbas ne panthéonise ni pantonyme : il montre les pantins que nous sommes avec un sens de l’ironie et du fatalisme qui frôlent toujours la posture et le ridicule sans jamais y tomber. Il y a évidemment cette voix, qui croone avec sensibilité, croit tant à ce qu’elle dit qu’elle finit par convaincre, évangélisant les plus sceptiques par ses constats amers et partagés (« Je Suis Mort Depuis Bien Longtemps » ; « Le Cimetière des rêves brisés »). Et si les mots ne suffisent pas, les mélodies finissent par assujettir, les refrains ne pouvant que sortir de nos bouches en même temps que celle de Saint Rodolphe (impossible de résister à ceux de « Le Saint Riff Rédempteur » et « De La Viande »).
Mais il y a aussi les autres instruments, retranscrivant parfaitement l’ambiguïté de ce doom metal nihiliste et cependant salvateur. « Riffs for days » comme disent les Ricains, une expression qui va comme un gant à
La Mort Appelle Tous Les Vivants, Barabbas ayant distillé son doom pour en faire des tonneaux d’un alcool précieux, étourdissant plus d’une fois. C’est simple, il y a dans cette petite heure au moins les trois quarts qui frisent l’excellence, les lignes s’enchaînant et se répétant avec un équilibre rare, notamment durant la première moitié de l’album.
Dur de conserver un tel niveau le long d’un album ;
La Mort Appelle Tous Les Vivants, comme nous tous, décline en fin, se montre moins prenant et moins inspiré (« Mon Crâne Est Une Crypte » ainsi que « La Valse Funèbre » possèdent les qualités des autres morceaux de façon plus intermittente). Cependant, on ne le répétera jamais assez : le doom metal traditionnel est une musique précieuse, ses défenseurs étant aujourd’hui de plus en plus clairsemés, autant sur le plan du nombre que de la qualité. Barabbas apporte, en plus de tout cela, une saveur particulière, aussi osée que personnelle, à un style prompt à la contrefaçon. Clairement pas moine-copiste mais bien
Reverend, le groupe est donc à soutenir comme il se doit si ce n’est pas déjà fait.
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