Yûshû - Yûshû
Chronique
Yûshû Yûshû
Ce n’est pas la première fois que je vous parle de la personne derrière YÛSHÛ, même s’il s’agit d’un premier album. Tout simplement parce que nous avions déjà découvert Kaede dans son premier projet : SUICIDAL IDEATION. J’en avais dit le plus grand bien, et j’espère sincèrement qu’une suite sera donnée à l’album paru en 2024. C’est donc une bonne surprise de le retrouver, toujours en solitaire, dans un YÛSHÛ encore plus torturé que SUICIDAL IDEATION. On pouvait s’en douter en connaissant la signification du nom : YÛSHÛ, orthographié 憂愁, signifie « tristesse intérieure et introspective » en japonais.
Kaede est profondément tourmenté, et le black metal dépressif constitue pour lui un exutoire total. Il y déverse tous ses doutes, tout son mal-être, mais aussi, sans aucun doute, une part de folie, car il est difficile d’imaginer qu’un esprit parfaitement sain puisse engendrer d’aussi intenses douleurs auditives. Les six compositions sont des complaintes désespérées d’une tristesse infinie. Ce sont surtout les vocaux qui atteignent des sommets d’extrême : il est difficile d’imaginer que notre homme n’ait pas la gorge en feu après de tels enregistrements. C’est à la fois strident et plaintif, totalement habité.
La musique en elle-même présente davantage de luminosité. Certes, les aspects dépressifs dominent, mais de nombreuses parties laissent s’infiltrer des mélodies plus claires. Le plus surprenant reste sans doute le rythme presque « caribéen » au début de « 黒躁 ». Certains mélanges sont ainsi particulièrement étonnants, sans jamais paraître incohérents ou artificiels. On a même l’impression que tout ce qui nous entoure peut devenir terrifiant, porté par ces vocaux perpétuellement maladifs.
Cet album de trente minutes, bien trop court, pousse le curseur très loin à bien des égards. Cela pourra sembler excessif à certains, qui estimeront que certaines limites sont franchies, mais pour ma part, j’ai pleinement adhéré à cette impression d’urgence permanente et de fuite impossible. L’introduction faite de nappes noise et d’une voix hurlée en arrière-plan, l’intermède au piano au son volontairement grésillant, les ajouts de textures presque électroniques… Finalement, tout trouve sa place et contribue à la réussite de cette œuvre musicale destructrice.
Seul véritable problème : un détail inexplicable dans le mixage. Entre la cinquième et la sixième piste, censées s’enchaîner, un blanc vient interrompre la mélodie, qui reprend deux secondes plus tard. On a l’impression que l’album a été stoppé par inadvertance… Très étrange…
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