Crîssäegrîm - Heir of the Eternal Kingdom
Chronique
Crîssäegrîm Heir of the Eternal Kingdom
Allez, comme tous les vendredis, allons voir les actualités de la semaine dans le monde, histoire de ne pas passer pour l’ermite complètement déconnecté de ce qui se passe autour de lui. Il y a sûrement des choses passionnantes qui se sont produites depuis que le mois de février 2026 a débuté. Qu’avons-nous là ?
1er février. Une femme de 39 ans du nom de Laura Fernández Delgado est devenue présidente du Costa Rica. OK, la France va vraiment finir par être le seul pays à ne jamais avoir été dirigé par une femme. Même le Japon a passé le cap en octobre 2025 avec Sanae Takaichi…
3 février. 170 personnes sont tuées au Nigéria par des hommes armés qui seraient membres de Boko Haram. Ça va encore réveiller Trump, ça… L’armée américaine avait mené des frappes dans un État proche le jour de Noël… Remarque, il est peut-être trop occupé avec l’histoire du Groenland ? Ça en est où d’ailleurs ?
Ah, « Suite à la crise du Groenland, la France et le Canada ouvrent un consulat à Nuuk. » Je m’en foutrais presque, mais Nuuk est très black metal. Pas pour la musique, mais pour son climat. Des températures positives seulement quatre mois par an, c’est coooooold, cooooooold.
Et en parlant de froid, il y a les JO d’hiver qui commencent aujourd’hui à Milan et Cortina d'Ampezzo. Mouais, pas sûr de me passionner pour ces disciplines…
Et sinon, est-ce qu’il n’y a rien d’autre à noter ? Ah ! C’est le jour de la sortie du nouveau MAYHEM ! Important, ça, non ? Si on est encore fan du groupe en 2026, c’est sûr… Mais il faudra quoi qu’il en soit y jeter une oreille. Ce n’est d’ailleurs pas le seul album à sortir aujourd’hui. Au contraire, il y a une trentaine de groupes qui ont choisi cette date pour délivrer leurs nouvelles compositions. Et parmi eux, un nom qui me dit quelque chose : CRISSÄEGRIM.
Et effectivement, le one man band équatorien n’est pas un nouveau venu. Non seulement il avait sorti un album en 2022 (Mtmrfs), mais V. Vânklethët est aussi particulièrement actif et multiplie les projets, se retrouvant dans toute une ribambelle de groupes plus underground et méconnus les uns que les autres : MISANTHROPIC DARKWOODS, BREATHLESS MORNING, ELITARIAN, HËHLMOT… Je l’ai dit, c’est underground et méconnu… Mais pourquoi multiplier les projets, surtout quand on est généralement seul à les gérer ? Soit parce que leurs thématiques sont éloignées, soit parce que leurs différences musicales sont suffisantes pour le légitimer. Et ici, c’est la deuxième hypothèse qui est la bonne. CRISSÄEGRIM possède des particularités fortes qui le distinguent et qui en font même l’entité la plus intéressante de notre bonhomme.
Avant tout, félicitations pour son talent de composition et de restitution musicale. Il a beau apprécier le BM à l’ancienne, il propose un son qui n’a rien de dégueulasse tout en restant caverneux. Et puis il est doué pour faire s’abattre la rage tout en la saupoudrant de mélodies imparables. Les six morceaux se montrent très efficaces grâce à une énergie contagieuse qui emporte tout sur son passage. Très dynamique, l’album bénéficie aussi d’atmosphères vampiriques au pays des glaces. Le mélange d’influences comme les Légions Noires ou la vieille scène norvégienne passe tout seul et fait même un bien fou.
Mais si c’était tout, on pourrait rétorquer que ce genre de formation court les rues. Or, CRISSÄEGRIM possède sa petite botte secrète, qu’il ne lâche qu’à petites doses : un clavier qui rappelle GLOOMY GRIM (Oui, leurs noms terminent en plus tout deux en -Grim !). Ceux qui n’y avaient pas pensé risquent de ronchonner, parce qu’au final les compositions s’en éloignent, mais ces sons de cloches, ces bruits totalement synthétiques… Ils auraient parfaitement pu se retrouver sur un album du défunt Finlandais. Et moi, je suis très sensible à leurs effets. J’en ai des petits frissons qui me parcourent le dos. Le plaisir total !
Les 46 minutes de Heir of the Eternal Kingdom font mouche et rappellent que c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures confitures. Les ingrédients sont peut-être anciens, mais ils sont mélangés de manière particulière, originale, et donnent l’impression de proposer quelque chose de frais, qui ne repose pas uniquement sur la copie ou la nostalgie.
Il serait maintenant temps qu’un label se penche sur lui, car c’est toujours en autoproduction qu’il officie. Cela permet au groupe de proposer cet album à un malheureux dollar en téléchargement sur Bandcamp, mais un petit CD sur l’étagère ne ferait clairement pas de mal.
DONNEZ VOTRE AVIS
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
AJOUTER UN COMMENTAIRE
Par Sosthène
Par MoM
Par Raziel
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Cujo
Par Keyser
Par Jean-Clint
Par AxGxB
Par DEMONIKA
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Sosthène
Par Keyser