Antrisch - Expedition III: Renitenzpfad Marañones
Chronique
Antrisch Expedition III: Renitenzpfad Marañones
Ce n’est pas parce que cet album s’appelle « la troisième expédition » qu’il s’agit du troisième album d’ANTRISCH. C’est d’ailleurs faux : c’est le deuxième. Sauf que voilà, le groupe a commencé à numéroter ses voyages en 2021 avec un EP, Expedition I : Dissonanzgrat, un nom qui donnait d’emblée un indice sur la nationalité de la formation : allemande. Le premier opus est ensuite paru en 2023, sous le nom de Expedition II : Die Passage, suivi d’un album live autoproduit afin de garder une trace de son passage au Ragnarök. Malgré cela, nos cinq compères n’étaient pas signés sur un label important avant 2026 ; c’est désormais chose faite grâce à AOP. Si je rappelle que ce dernier accueille ou a accueilli ELLENDE, HARAKIRI FOR THE SKY, GROZA, PSYCHONAUT 4 ou encore VANHELGA, on se dit qu’ANTRISCH est entre de bonnes mains et qu’il a décroché la timbale.
Sauf que c’est mérité. Enfin… disons plutôt que c’est logique, car il s’agit d’un groupe qui propose un black metal bien réalisé, propre et sérieux. On sent qu’il a travaillé avec soin pour livrer sept compositions sans défauts majeurs, puissantes, réfléchies et cohérentes. Cohérentes, car cet album raconte une histoire, et celle-ci occupe une place centrale. Inspiré par l’expédition du conquistador Lope de Aguirre en 1560, le disque suit une troupe d’hommes lancés à la conquête de l’Amazonie, animés par l’orgueil impérial et la promesse de richesse. Mais très vite, le voyage bascule. L’isolement, la jungle et la paranoïa rongent le groupe, les tensions explosent, et la quête se transforme en une spirale de violence et de trahisons. De la ferveur conquérante des débuts à l’effondrement moral et humain final, l’album déploie une véritable descente aux enfers, où l’ambition et la folie finissent par tout engloutir. Et là, vous revérifiez l’origine du groupe : allemande. Et pourquoi pas ? S’ils se sentent concernés par cette histoire et souhaitent la raconter, grand bien leur en fasse. D’autant plus qu’ils ont même fait l’effort d’intégrer des sonorités hispanisantes et des vocaux en espagnol. L’allemand reste prédominant, mais l’espagnol vient apporter quelques apparitions remarquées.
Le tout est bien construit. Le travail se remarque immédiatement. Mais justement, il ne s’efface pas. Or, il est important de pouvoir plonger dans des ambiances, d’oublier les petites mains derrière l’œuvre et de se sentir véritablement propulsé dans l’univers voulu par une formation. Mais ANTRISCH n’y parvient pas toujours. Il arrive que des images commencent à se former dans notre esprit, mais quelque chose vient systématiquement les dissiper, comme un rappel à la réalité. On se souvient alors que l’on est en train d’écouter de la musique, et l’on sort trop facilement des ambiances.
Pour faire court, Expedition III : Renitenzpfad Marañones est un bon album, qui propose tout de même son lot de moments marquants et de passages franchement réussis. Mais il ne passionne pas sur la durée. Il manque d’aura, d’idées vraiment fortes et de surprises pour donner envie d’y revenir encore et encore.
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