Nous aurons beau prêter toutes les vertus du monde à
Rogga Johansson, à commencer par celle indiscutable d’être un intarissable bosseur fourmillant d’idées, les projets du Suédois pour lesquels je me suis sincèrement enthousiasmé demeurent malheureusement extrêmement rares. Certes, j’avais bien accroché à
FONDLECORPSE,
PUTREVORE s’avère globalement plaisant mais les
PAGANIZER,
RIBSPREADER ou autres
GRISLY finissent trop rapidement par m’ennuyer profondément. Pourtant j’y reviens de temps en temps à cet artiste, me disant que compte-tenu du style pratiqué par le ci-présent
SKELETAL SPECTRE, du
doom death metal, c’est possiblement l’occasion de revoir mon jugement sur le musicien : acharné, passionné néanmoins dénué de la moindre once d’inventivité. Vous me direz qu’il est loin d’être seul dans ce cas et que cela n’entache en rien la qualité de ses productions, c’est exact, je ne le nie pas.
Keeping the Cauldron Warm est déjà le septième LP de la formation depuis 2009, le quatrième en solo depuis le départ de
Vanessa Nocera (ou
Hexe, ou
Jakobsen), j’avoue ne pas avoir eu le courage d’explorer en profondeur le passé à de strictes fins de comparaisons. Cependant, si la question du savoir-faire ne se pose évidemment pas, il reste que ce que j’écrirai ici, je pourrais l’appliquer à chacun de ses groupes : Mister
Rogga joue du pur Docteur
Johansson, ni plus ni moins, la dimension
doom annoncée me semblant d’ailleurs ridiculement absente de ces neuf morceaux davantage redevables au
death suédois pur jus de viande, sur « Le fond et la forme » comme le chantait jadis
LOFOFORA. Alors peut-être que les tempos sont un peu plus lents qu’à l’accoutumée mais je suis presque tenté de mettre plutôt cela sur le compte de l’âge que sur une réelle ambition de so
doomiser l’auditeur. Nous retrouvons en effet tous les stigmates habituels de l’unique compositeur : des titres brefs à la technique rachitique, des rythmiques téléphonées, des solos d’une tristesse abyssale (la seule chose réellement profonde du LP) ainsi qu’un chant totalement standardisé, voire aseptisé, qui intervient davantage par automatisme que réelle nécessité. Les raisons de se réjouir se font donc rares, voire inexistantes selon si l’on est un peu, beaucoup ou passionnément critique. Non, le son de tout un pays ne rachète pas la totalité des écueils, ici foisonnant.
On ne peut évidemment qu’être respectueux de la discographie de ce monsieur, il n’a jamais dévié d’un iota, son intégrité musicale est sans faille. Cela dit, la question de l’intérêt d’une telle multiplication de concepts se pose plus que jamais, surtout lorsque les différences entre eux se comptent sur les doigts de la main de Django Reinhardt et que, mise à part l’esthétique très réussie de la pochette (signée
Ivan Bragin), rien ne m’incitera à réécouter l’album dont les ressorts génériques manquent cruellement de tonus, de noirceur, si ce n’est d’inspiration. Certes, le désir de rendre hommage à des choses qui l’ont marqué en tant qu’artiste est louable, mais pourquoi est-ce que cela doit-il être aussi mou (« Creature Song » entre autres) ?
Heureusement, tout est réglé en trente minutes, quant à moi je passe définitivement, lui préférant largement s’il fallait choisir le
Tomb Coven de 2009 qui, au moins, ne se cachait pas derrière une appellation
doom pour expliquer la paresse des rythmes.
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