Ah bah voilà, enfin une suite à
Esoteric Atavism, car mine de rien, le dernier album du Portugais de
BLACK CILICE datait de 2022. Alors là, vous devriez me dire : « Oui, mais il y a quand même eu
Atavistic Possessions en 2024 ! ». Et vous aurez raison, car même si cette sortie a été considérée comme un EP, elle durait tout de même 34 minutes avec 5 morceaux. Et là, on nous annonce un album,
Votive Fire, qui n’a que 4 titres et qui totalise… 34 minutes. Pareil donc… Alors quoi ? Le fait que les morceaux soient plus longs (entre 7 et 10 minutes) en fait un album et pas un EP ? Ce n’est pas très logique tout ça… Mais ce n’est pas très grave, c’est une question d’appellation. Par contre, il faut souligner que cette durée relativement courte créera sans doute une petite déception. On s’attendait à plus de contenu.
Et cette déception est d’autant plus grande que c’est la seule. Le contenu en lui-même des quatre compositions est d’excellente facture et correspond surtout parfaitement à ce qu’on attend du groupe culte : une plongée au fond des cavernes. L’écoute donne une nouvelle fois l’impression d’être aspiré dans un réseau de cavernes étouffantes, où la lumière n’a jamais existé. Chaque riff résonne comme un écho lointain sur des parois suintantes, chaque hurlement semble surgir d’une galerie plus profonde encore, hors de portée, hors de toute humanité. L’air devient lourd, presque irrespirable, chargé d’une noirceur poisseuse qui s’infiltre lentement dans l’esprit. On avance à tâtons, désorienté, avec la sensation constante que quelque chose rôde juste derrière, tapi dans l’ombre. Ce n’est pas seulement sombre, c’est une descente malsaine, une immersion dans un espace où le temps se dissout et où l’angoisse finit par devenir une présence tangible, oppressante, impossible à fuir.
« Vows Sworn for Centuries », « Into the Inner Temple » et « Deconstruction of All Realities » s’inscrivent dans la continuité parfaite de ce que le groupe propose depuis déjà plus de 15 ans en album. La surprise vient plutôt du morceau d’ouverture, « Released by Fire », qui contient une mélodie plus lumineuse qu’à l’accoutumée, comme si quelques rais de lumière extérieure étaient parvenus à pénétrer dans l’espace caverneux. Et c’est étrange, mais il suffit de cette petite nuance pour que
BLACK CILICE prenne des airs d’un autre grand groupe underground spécialiste des ambiances sombres :
DROWNING THE LIGHT. Et encore plus étrange, c'est le meilleur morceau de l'album !
Avec
Votive Fire,
BLACK CILICE démontre une fois de plus qu’il reste un pilier incontournable du black metal souterrain. Fidèle à son esthétique, le groupe conserve une identité forte, immédiatement reconnaissable, tout en sachant insuffler de subtiles variations à sa formule. Malgré une durée frustrante, la qualité est indiscutable et l’expérience demeure intense du début à la fin. Difficile de ne pas ressortir pleinement satisfait d’une telle immersion :
BLACK CILICE est toujours excellent, et c’est exactement ce que l’on espérait.
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