C’est vrai que depuis
Sailing the Seas of Cheese puis surtout
Pork Soda, je n’ai pas porté grand intérêt à la carrière de
PRIMUS car supportant difficilement la voix de
Les Claypool. C’est ennuyeux pour une formation dont au moins la moitié de l’originalité réside dans son chant de canard enrhumé. Aussi l’annonce d’un nouvel EP, peut-être une façon d’introduire le nouveau batteur
John Hoffman, était l’occasion parfaite de renouer avec le trio à qui il faut tout même accorder le mérite d’avoir marqué de son empreinte unique la musique fusion des années 90, voire 2000. Deux décennies d’hégémonie, cela se respecte.
Quatre titres, approximativement 20 minutes de musique, voilà qui sera largement suffisant pour me reconnecter à l’univers étrange des Américains, l’EP se composant (je crois) de deux inédits (« The Ol’ Grizz » ; « Little Lord Fentany »), d’une reprise de
DIO (le classique « Holy Diver ») et d’une version
live de « Duchess », chanson issue du
Brown Album de 1997. Une parution assez maigre donc, qui s’avère inégale pour ne pas dire bancale et où les rares bons moments côtoient l’anecdotique.
A Handful of Nuggs s’ouvre donc sur « The Ol’ Grizz ». Le style
funk folk bizarroïde de la bande s’identifie immédiatement : basse évidemment dominante, chant façon Woody Woodpecker, il n’y a pas grand-chose qui ait changé en plus de trente ans même si la tendance semble se diriger vers la simplification des structures : il est fini le temps des solos dépravés de
Larry Lalonde, lui qui contribuait si fortement à l’identité de la formation tout en contrebalançant l’hégémonie de son comparse.
Claypool occupe tout l’espace, par la voix et les cordes, bien que je peine à croire que ce soit lui qu’on entende au cours de « Holy Diver ». La reprise est classique, assurément sympathique mais manque totalement de folie là où un peu de déstructuration et d’irrespect auraient été de bon aloi. Au moins, on entend la guitare…
Quant à « Little Lord Fentanyl », en référence au film « Le Petit Lord Fauntleroy », si la piste renoue légèrement avec l’étrangeté que l’on connaît et sur laquelle nous noterons la présence (discrète, je ne l’aurais pas su s’il n’était pas crédité) de
Maynard James Keenan, les étranges relents
KORN ainsi que la pauvreté des
leads demeurent fort éloignés de la grandeur d’antan. Clairement, une composition en roue libre qui fleure davantage l’improvisation ou la chute de studio, l’enregistrement oublié au fond d’un placard et déterré pour l’occasion, que l’effort créatif. L’extrait de concert ne servant quant à lui à peu près à rien,
A Handful of Nuggs déçoit, laisse l’auditeur sur sa fin et n’apporte strictement rien à l’impressionnante discographie de
PRIMUS, parvenant péniblement à redonner l’envie de se replonger dans les débuts du groupe, seul moment où il se passait des choses intéressantes.
À choisir, les travaux réalisés avec
Sean Lennon se montrent plus réjouissants, notamment grâce au talent de mélodiste pop de ce dernier, le présent résultat manquant cruellement d’exubérance, d’entrain, de
swing. Il n’y a guère que « The Ol’ Grizz » qui tire son épingle du jeu.
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