Signé sur le confidentiel label parisien
Grave Records qui, outre la formation qui nous intéresse aujourd’hui, ne propose à son catalogue que les travaux de
MALFETE, plutôt orienté
dark ambient, le
one-man band VAGUE À LAME (non je n’ai pas commis de faute) est arrivé en début d’année avec un premier LP intitulé
Par-delà l’horizon, quatre ans après la démo
Songe-creux de 2022.
Alors que les débuts avaient des senteurs de
raw black mâtiné d’une pincée de
dungeon synth, l’album a quant à lui clairement choisi son camp : résolument
black metal, sans dorure particulière, l’ambivalence est saisissante entre cette pochette maritime évoquant le recueillement et la virulence dont les compositions font parfois preuve, à l’image de « L’urgence de mourir », du moins dans sa première moitié puisque la fin se dirige progressivement vers davantage de mélodie. Cependant, en dépit de ces évolutions, cette sortie peine à me convaincre pleinement du fait d’une difficulté à comprendre les objectifs stylistiques qui habitent
Naecis. En effet, le morceau d’ouverture « Crypte » possède une structure et des riffs finalement proches du
thrash légèrement
heavy, technique même, introduction brouillant la lecture globale du projet qui oscillera par la suite entre agressivité frontale (« ONI » ; « L’urgence de mourir »), aspirations épico-mélancoliques (« Le vieux chemin »), voire de façon surprenante des inspirations
stoner rock (« Le culte des embruns ») où les vocaux, toujours rageurs, ne collent que peu à la musique. Quoi qu’il en soit, il y a prise de risques…
De cet effritement né une forme de frustration. En effet, autant les parties purement
black ont leurs spécificités, une identité particulière étonnante pour un groupe aussi récent (et je ne pense pas que cela soit uniquement imputable à la présence de
Borie de la Combe Noire que l’on connaît en ces pages pour son appui à
PRIEURÉ), ce qui rend une chanson telle que « La catin de Normandie » totalement aboutie en dépit de ses sept minutes, autant les efforts réalisés pour soigner la production et sortir d’un cadre strictement
black ne rendent pas forcément les services attendus.
Car, à bien y regarder, je trouve que le mix très brut de
Songe-creux correspondait mieux à l’identité du Français, qui sonne évidemment proprement aujourd’hui mais peut-être pas de la façon qui collerait exactement à sa personnalité… Bref, j’ai tendance à penser que paradoxalement les idées seraient davantage mises en valeur avec un traitement moins soigné. Pour le reste, j’attends de voir quelle sera l’orientation future car, je le redis,
VAGUE À LAME compose quelque chose d’un peu à part dans le paysage hexagonal, reste à affiner le concept, l’habiller du son adéquat.
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