Wampyric Rites / Noirsuaire - Consecration Of Nocturnal Entities
Chronique
Wampyric Rites / Noirsuaire Consecration Of Nocturnal Entities (Split-CD)
C’est peu de dire que la sortie du monstrueux
« The Dragging Poison » a été une bénédiction pour NOIRSUAIRE, qui a enfin gagné la notoriété qui lui tendait les bras depuis ses débuts et la publication de nombreux et redoutables Ep (sans compter les Démos) qui ont précédé ce surpuissant premier album qui a marqué 2025 de son empreinte. Ayant profité de l’occasion pour offrir une compilation de tout ce contenu passé le mystérieux N. continue aujourd’hui sur sa lancée en revenant déjà avec de la nouveauté, cette fois sous la forme d’un Split en compagnie des Equatoriens de WAMPYRIC RITES, un nom assez confidentiel mais lui-aussi particulièrement productif (qui publie en moyenne plusieurs sorties par an sous différents formats) où l’on retrouve en prime des membres actuels et anciens du très bon DUNGEON STEEL. Autant dire que notre ariégeois est ici en bonne compagnie avec des gars expérimentés et qui évoluent aussi dans un registre assez primitif, la modernité étant totalement absente des débats au contraire de la noirceur absolument intégrale où aucun espoir de venir la perturber ne risque d’arriver. Livrant donc chacune trois morceaux inédits les deux formations vont donc se disputer un combat à la régulière où chacune aura sa chance et son avantage, l’une l’expérience et l’autre la fougue… ce qui sur le papier ne donne aucun favori visible, et de fait ceux-ci vont donc devoir se départager par la qualité musicale et elle seule.
Et le moins que l’on puisse dire c’est que les débats vont être équilibrés du début à la fin, chacune des entités ayant suffisamment d’arguments pour convaincre qu’elle est la meilleure, et à ce jeu les sud-américains vont ouvrir le bal de la meilleure des façons avec leur Black rétro et primitif à la production crachotante mais néanmoins totalement audible et authentique. Balançant à la gueule du public un premier titre de haute lutte (« The Rotten Memories Of The Night ») celui-ci comporte en son sein nombre des blasts destructeurs calés en alternance avec des passages épiques redoutables, du solo cradingue et quelques légères nappes de clavier… sur fond d’une rythmique qui reste élevée en continu. C’est simple et frontal mais c’est délicieux surtout que les mecs ont le sens du riff qui fait mal, que ce soit sur un tempo endiablé comme plus posé… ce qui transparaît facilement avec le tout aussi impeccable « Behind The Veil Of Impenetrable Darkness » aux facettes opposées où la froideur rampante côtoie le mur de blast le plus débridé. Montrant donc une efficacité marquée quand il lève le pied le combo offre un récital de froideur particulièrement pénétrant et oppressant, parfait pour préparer le terrain avant le déluge tempétueux à venir… vu que le combo va ensuite revenir à quelque chose d’entraînant en continu en finissant sa partie par le redoutable et guerrier « Insatiable And Forbidden Desires Beneath The Fullmoon », qui nous embarque vers les mythes et légendes de notre satellite naturel, en balançant des longues plages en médium imparables où l’alternance de parties plus débridées est constante. A l’instar des deux autres moments de gloire déjà entendus en amont la durée consistante (mais jamais excessive) permet de véritablement entrer dans l’ambiance sans jamais avoir de ressenti ennuyeux ou de redondance préjudiciable, preuve donc de l’efficacité du trio qui sans chercher à renouveler quoi que ce soit a suffisamment bouffé de la scène Norvégienne pour être crédible et savoir comment exprimer au mieux son potentiel. D‘ailleurs une fois donc arrivé au bout de sa partie on est largement emballés par le rendu qui s’accorde aisément sans fautes de goût et montre un parfait équilibre continu, donnant ainsi l’envie d’aller se pencher sur le reste de la discographie de ces rites vampiriques qui est d’ailleurs du même tonneau et mériterait d’être mise beaucoup plus connue et écoutée.
Pas de souci en revanche de ce côté-là avec notre français qui depuis sa signature chez Osmose a enfin bénéficié d’une mise en abîme plus que méritée, et visiblement conscient de battre le fer tant qu’il est encore chaud a décidé de rapidement publier de nouvelles compositions qui ne vont pas détonner par rapport à son long-format, tant ça reste dans sa droite ligne et avec toujours cette incroyable facilité à captiver immédiatement tout ceux qui prennent la peine de se pencher sur son travail. Résultat des courses ici l’impressionnant « The Thousand Dreadful Mirrors » va immédiatement tout pulvériser avec ces plans en médium absolument jouissifs et parfaits pour headbanguer (qui semblent d’ailleurs être largement inspirés par BLACK BEAST), qui offrent ainsi un versant épique foudroyant qui n’en oublie pas d’accélérer sous toutes ses formes dévoilant donc un début d’ouvrage ultra dynamique qui ne faiblit jamais en allure ni en intensité, vu que le souffle de l’hiver comme des enfers est constamment présent. Du coup histoire de renforcer leurs empreintes respectives « Heralding Nocturnal Oppression » va pousser plus loin sur les extrémités, vu qu’après un démarrage foudroyant remuant à souhait et entraînant la suite va progressivement se calmer… d’abord via un break coupant et obscur qui joue sur un versant plus opaque rampant et délicieusement suffocant, montrant ainsi un équilibre général où la température a largement diminué mettant une odeur de mort exacerbée dans le secteur. Celle-ci va laisser place sur « Black Flame Of Unholy Tradition » au versant le plus radical de son auteur, qui offre une dernière tuerie faite de vitesse et de tabassage intempestif pour amener le diable dans les parages… toujours aidé en cela par ce sens du riffing incroyable et déchaîné qui conclut les hostilités de façon magistrale et équilibrée, tant la densité proposée est encore impressionnante et prouve par la même occasion que son créateur continue de se bonifier avec l’âge, et il n’est donc pas exclu que sa prochaine livraison soit encore plus marquante que celle-ci.
Trouvant donc un adversaire à sa mesure le pyrénéen l’emporte néanmoins aux points sans pour autant laisser ses adversaires à distance raisonnable, vu que ceux-ci s’en sortent très bien face à un tel contenu en tenant la dragée haute à notre local qui continue de s’affirmer comme étant une des plus belles réussites de l’hexagone de ces dernières années. Découverte d’un côté et confirmation de l’autre mais même résultat positif tel est donc le bilan de cette livraison qui envoie du lourd sans se poser de questions, avec sincérité et professionnalisme et il est évident que tout cela va nous hanter un moment, même si la saison estivale n’est pas la plus propice pour s’imprégner totalement de ce contenu proposé. Cependant on est sûr d’y revenir régulièrement et avec envie jusqu’aux prochaines publications respectives de ces deux noms qui reviendront nous faire cauchemarder comme maltraiter nos tympans, avec toute cette rage décomplexée et le nihilisme qu’ils savent faire sonner si ardemment… du tout bon ni plus ni moins mais on n’en doutait pas une seule seconde.
DONNEZ VOTRE AVIS
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
AJOUTER UN COMMENTAIRE
Par Cujo
Par AxGxB
Par Sosthène
Par Sosthène
Par Cujo
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Samfisher
Par Sosthène
Par MoM
Par Raziel