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Astral Alchemy - Weaving Chilling Magical Dreamworlds
Chronique
Astral Alchemy Weaving Chilling Magical Dreamworlds
Le label finlandais Naturmacht Productions m’a déçu avec ses nouvelles signatures. Non pas que leur niveau soit mauvais, mais elles n’ont pas montré autant d’identité, de charisme ou d’aura que les anciennes formations. Il y a cependant une exception, et elle s’appelle ASTRAL ALCHEMY. Ce groupe américain est une véritable découverte et un sérieux coup de cœur. Il est un cran au-dessus de la « concurrence », aussi bien visuellement que musicalement, et il ne s’oublie pas. Au contraire, il marque les esprits et donne envie d’y revenir.
ASTRAL ALCHEMY sort de nulle part. Du moins, il veut le faire croire. Les membres sont masqués et ont choisi des pseudonymes farfelus à rallonge. L’un s’occupe du chant, des guitares et de la basse : c’est He Who Walks Under the Blood Moon. L’autre s’occupe uniquement de la batterie : c’est He Who Wields Twin Scepters of Malice. Impossible de savoir s’il s’agit de visages connus de la scène qui dissimulent leur identité ou de véritables nouveaux venus. Quoi qu’il en soit, ils ont déjà trouvé leur personnalité, et celle-ci passe notamment par leur thématique et tout l’univers visuel qui l’accompagne.
Le disque parle essentiellement d’alchimie occulte appliquée à la destruction du cosmos, avec l’idée que l’anéantissement total permettrait une renaissance. Le groupe pose explicitement la question : si le monde est détruit atome par atome et que toute vie corporelle disparaît, les étoiles pourront-elles reconstruire quelque chose à partir du néant ? Il décrit l’album comme un récit de conjuration alchimique conduisant à la destruction puis à la renaissance du cosmos. Les compositions retracent ainsi ce processus en cinq étapes : « Bathing in the Sap of the Moonflower » (Se baigner dans la sève de la fleur de lune), « Tria Prima Offering to the Great Serpent » (Offrande de la Tria Prima au Grand Serpent), « Stars of Ruin » (Étoiles de la ruine), « Collapse of the Cosmos » (Effondrement du cosmos) et « Eyes through the Speculum » (Des yeux à travers le miroir).
Et du point de vue musical, le groupe est non seulement doué pour composer des titres solides et soignés, mais aussi pour y ajouter des éléments extérieurs qui collent parfaitement à la thématique et se révèlent très efficaces. Son black metal mélodique et atmosphérique est fortement ancré dans les années 90, froid et épique, mais il est enrichi de claviers et de respirations acoustiques, et régulièrement bousculé par des éléments plus ou moins modernes empruntés au death, au doom, au djent ou encore à l’électronique. Sa plus grande qualité n’est toutefois pas de faire appel à autant d’éléments, mais de savoir les utiliser sans excès et de les incorporer avec une remarquable fluidité.
En 40 minutes, ASTRAL ALCHEMY s’impose, intrigue et convainc. C’est exactement le genre de découverte que Naturmacht pouvait encore proposer il y a quatre ou cinq ans. Une véritable réussite.
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