Le modeste label
Sotser Grinder Records créé en 2012 nous fait un grand plaisir en accueillant dans ses rangs clairsemés la nouvelle incarnation sonore de trois Mexicains aux CV
underground aussi fournis que confidentiels, à savoir
CHURCH OF INSECTS. En guise de mise en bouche, un EP intitulé
The Nest of the Grotesque, construit autour de six titres pour une honnête durée de vingt-six minutes. Le logo ainsi que la pochette signée
Noirmatic (alias
The Codex Noirmatic,
Daniel Vega de son nom, illustrateur chilien reconnu pour son travail en
dark fantasy) ne laisse planer aucun doute quant au contenu : une programmation
death metal pur jus dont il reste néanmoins à définir la branche.
Et plutôt qu’une branche, c’est du côté des grosses racines vermoulues qu’il va falloir creuser sa tombe. En effet, le trio se montre véritablement bloqué dans le temps, proposant une version extrêmement rudimentaire du registre pour une thématique évidemment centrée sur l’horreur, les anomalies génétiques et les monstres en tout genre. Les accélérations sont rares, le
mid-tempo dominant, les passages
doom truculents. Ainsi, de piste en piste, nous penserons aux Américains de
MORTICIAN ou aux Italiens de
TENEBRO, quelques atmosphères à la
NECROPHAGIA également (l’interlude « Detritivore »), soit ce qu’il se fait de plus fin et de plus raffiné en la matière.
Pourtant, à ma grande surprise, la bande offre davantage qu’un simple équarrissage en règle. Car outre la proposition de quelques riffs mémorisables (« The Order of the Mutants »), voire de lignes de chant (« Triatominae Infestation »), les musiciens se fendent d'une poignée d'aérations bienvenues, l’EP avançant inexorablement vers des éléments atmosphériques, s’enfonçant dans les catacombes méphitiques d’un « Monstruous Coccons » dont la pesanteur lugubre ne sera pas sans évoquer le glorieux
KRYPTS dans une version néanderthalienne, de même que les six minutes du morceau éponyme, et ça on aime bien !
Par conséquent, même s’il est exact que ce nouveau représentant de la scène mexicaine taille sa route à grands coups de hache, l’expérience glanée au fil des années dans nombre de formations tapageuses locales confère à cette parution la saveur du savoir-faire, du professionnalisme mis au service d’un projet certes basique au possible mais qui défie brillamment la répétition des écoutes grâce à un bon sens du
groove, du
swing et ce jusqu’aux dernières secondes de « Devoured by Parasites ». Il n’y a donc que des raisons de s’enthousiasmer quant à l’avenir de
CHURCH OF INSECTS qui, je l’espère, parviendra à sortir de la confidentialité nationale pour toucher d’autres publics.
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