Bon, les Français de
PERPETRATE, cela fait déjà trois fois que l’ami
Lestat nous bassine avec. Trois
live reports parus entre 2024 et 2025 (
ici,
ici puis
là), c’est bon, on a compris, il devenait nécessaire si ce n’est obligatoire de dire un mot au sujet de l’EP éponyme paru ce 24 septembre. Bonne poire, je m’y colle.
J’avais lu que les mecs pratiquaient le
deathcore, je craignais donc le pire. Heureusement, l’adjectif
slam appartient également au catalogue, par conséquent ces six titres infligent finalement une méga rouste. Certes avec le classicisme de rigueur mais les Parisiens s’y entendent très sérieusement lorsqu’il s’agit de faire mugir les infrabasses, de caler des ralentissements surpuissants ou de meugler à la mode porcine. Cependant, le groupe ne se contente pas de
breaker bêtement. En effet, il distille nombre d’accélérations bien vénères d’autant plus jouissives qu’elles sont contrebalancées par des éboulements rythmiques titanesques (« Icon of Gluttony »), sans compter les quelques dérives purement
hardcore qui émergent ci et là (« Devoid of Consciousness »).
D’accord, nous sommes là face à une forme musicale qui incarne à elle seule l’abrutissement absolu. Ce n’est ni raffiné, ni intelligent, voire plus facilement digeste dans la moiteur d’un concert éthylique que dans le cocon douillet d’une écoute de salon. Il reste que la troupe ne lésine pas sur le côté marteau à viande, que ses riffs à deux cases ultra épais te forent le bide, que le chant de Cro-Magnon t’explose constamment à la gueule.
Brutal slam deathcore en ce qui concerne l’étiquette affichée sur l’étal du boucher, j’apprécie toujours ce genre de mignardises au même titre qu’un cassoulet ou une choucroute.
PERPETRATE a du potentiel, c’est indéniable, mais du potentiel pour devenir quoi ? Déjà, là, je suis rassasié d’un EP de seize minutes donc à quoi bon un LP dont la durée serait double ? C’est l’un des problèmes de ce style où les
live ne durent de toute façon guère plus longtemps. Le plaisir s’avère fugace, le temps de se cogner la tronche contre les murs, de passer à tabac un supérieur insupportable, d’éviscérer un chien errant, pourquoi pas après tout ? Mais c’est un reproche que j’adresse souvent à ce registre, celui d’être davantage fascinant sur des planches plutôt qu’entre les deux planches de mon plumard et que partant de là, à part un
DEVOURMENT capable de torcher plus de quarante minutes de
brutal slam death sans sourciller (
Obscene Majesty), l’approche démontre des limites qui lui sont intrinsèques.
En dépit de tout cela, de mes réserves de pisse-froid,
Perpetrate défonce dans sa partie primitive. Je comprends l’enthousiasme de
Lestat à en parler, je comprends l’engouement du public, le truc est conçu pour calciner les slibards, exploser les jauges de saturation. Les Parisiens en veulent à notre santé, indéniablement. « The Horror Begins », tu as la guibole qui flageole, la vertèbre qui se dessoude, le poing qui se serre, on se bagarre ou bien ? Même si tout se ressemble un peu à mes oreilles, je pense reconnaître le potentiel de destruction contenu dans ces six pistes pas malignes pour un rond, à l’image du final de « Definition of a Cunt », du riff conclusif limite
stoner sludge de « Devoid of Consciousness », autant de subtilités qui laissent à penser que
PERPETRATE à d’autres choses à proposer qu’un simple
slam d’apéritif.
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