Qu’attendre d’une formation où l’on retrouve deux membres émérites d’
ORGANECTOMY, chantre de la fin’amor néo-zélandaise depuis 2010 ? C’est exact : un
brutal slam deathcore joliment illustré par l’art spécifique d’
Eli Quinn, connu pour ses pochettes colorées de
BONGZILLA (
Weedsconsin, c’est lui) ou encore
WO FAT. D’habitude des habillages plutôt
sludge stoner donc mais ce monochrome s’avère être une franche réussite pour souligner la barbarie annoncée de
Meaningless Existence. Une barbarie peut-être en forme de demi-mesure car si l’on a posé ne serait-ce qu’une seule fois l’oreille sur
XENOTHEORY (les Français sont un peu devenus mon maître-étalon depuis la sortie de
Blissful Death), il y a des chances que l’on trouve les assauts guerriers d’
UTILIZE THE REMAINS assez en deçà de ce que pourrait écrire un groupe virulent de
slam death.
Je ne minimiserai cependant pas l’impact de
Meaningless Existence, LP faisant suite au
Psychotic Abyss de 2023, lui-même particulièrement coloré et ayant obtenu une réception plutôt bonne chez les amateurs du genre. En effet, alors que le quatuor ne réinvente strictement rien, il déploie néanmoins suffisamment d’arguments en sa faveur pour retenir l’attention : une production épaisse mais sans surenchère, dans l’esprit new-yorkais peut-être, évidemment énormément de passages ultra pesants construits sur des riffs rudimentaires mais dont le
groove incite immédiatement au déhanchement primitif alors que le chant ne sort que très rarement de sa confortable zone gutturale, et merci bien. Qui a encore envie de se faire vriller les tympans par ces insupportables vocaux hurlés ? Voire pire, du chant clair ? Non merci.
Un disque simple et basique comme le dirait OrelSan, construit autour de pistes courtes (grosso modo trois minutes) qui ne s’embarrassent d’aucun superflu : (presque) pas de solo, de ponts techniques, d’arpèges à la zob, d’interludes ennuyeux, juste dix titres en brique (dont un instrumental il est vrai, « Encoded Within ») qui ne te veulent que du mal. Il reste que, pour ma part, je n’entends rien ici de réellement nocif, malfaisant et que le
deathcore reste le
deathcore, qu’il soit
slam ou non, c’est-à-dire un truc de bastonneur de
mosh pit où des gars balèzes font du karaté sur des gringalets et des nénettes mais qui peinent à développer des ambiances, des atmosphères profondes… Globalement,
UTILIZE THE REMAINS a vu
Commando et
Predator mais devrait aussi s’intéresser à
Total Recall ou
The Running Man (oui je parle de la filmographie de Schwarzenegger). Ce que je veux péniblement exprimer, c’est que les gros biscottos sont bel et bien présents, c’est un fait, cependant, j’apprécierais davantage de fond qui permettrait au disque d’être autre chose qu’un défouloir passager hélas voué à l’oubli. J’aimerais que le groupe pèse, marque le style de son empreinte brutale, ce qui ne sera pas encore le cas avec ce deuxième LP (d’autres suivront, sinon j’aurais écrit « second »).
Néanmoins, ma tiédeur ne doit pas occulter le fait que
Meaningless Existence en impose salement, le quatuor se montrant particulièrement habile pour varier les rythmiques, les tempos et placer des pics d’intensité sur lesquels il sera difficile de conserver son sang-froid tant l’odeur de la bagarre est prenante, l’envie de coller une avoine à son voisin irrépressible.
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