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Deathcult - Cult Of The Dog
Chronique
Deathcult Cult Of The Dog
Malgré deux décennies d’existence (qu’elle fête d’ailleurs actuellement) on ne peut pas dire que la formation de Bergen soit clairement un nom qui ressorte de façon immédiate quand on évoque le Trve Norwegian Black Metal cru et sans concessions, la faute probablement à une trop grande discrétion aussi bien scénique que musicale. Il est vrai que le désormais quatuor a toujours aimé prendre largement son temps pour offrir du nouveau son à se mettre sous la dent, en effet après avoir mis une décennie à sortir un successeur à « Cult Of The Dragon » il lui a fallu presque la même durée pour publier ce troisième opus qui fait suite au très bon
« Cult Of The Goat », et qui confirmait que musicalement le poids du temps n’avait aucune emprise sur ses auteurs. Sortis avec parcimonie de leur silence en publiant deux courts Ep en 2021 et 2024 on avait surtout hâte d’entendre le résultat sur un nouveau long-format, car vu le pedigree de chacun des membres on n’était pas inquiet de la qualité musicale à venir… surtout qu’on n’a jamais été déçu par ce que nous a proposé le combo par le passé, et ce même si le résultat restait toujours très balisé et sans surprises.
Difficile de toute manière de se démarquer dans un registre où tout a été dit ou presque, et bien qu’on ait souvent la sensation d’avoir affaire à un frère jumeau de TAAKE (logique en même temps vu que Hoest est toujours de la partie) l’ensemble va être exécuté très convenablement avec ce qu’il faut de violence et de variations, sur fond d’ambiances glaciales comme venteuses typiquement hivernales. C’est le cas dès le départ avec « Dogs Of War » totalement Punk dans l’esprit avec sa crasse et ses riffs minimalistes joués en boucle à fond la caisse, avant que la deuxième partie de ce morceau ne s’alourdisse fortement et montre la facette opposée où la neige collante et l’humidité brident tout esprit de résistance. Jouant donc sur les extrémités cette ouverture sans rien révolutionner donne le ton avec sa brutalité exacerbée et ses ralentissements massifs, où les ressentis communs ont le temps de s’installer de par la longue durée de ce titre… ainsi que des suivants. C’est d’ailleurs un des défauts qui sera le plus visible sur cette galette (outre le côté prévisible et interchangeable de l’ensemble) tant les gars abusent régulièrement de longueurs inutiles, qui sans être rédhibitoires finissent par faire légèrement décliner l’attention… heureusement ça reste quand même assez minime vu qu’on a de quoi se satisfaire du rendu proposé, ce que « Cynocephalus » va conforter dans ce ressenti. Montant progressivement en pression la variation est ici de mise sous forme d’abord de mid-tempo épique qui nous envoie immédiatement dans les fjords les plus hostiles, avant de lâcher totalement les chevaux et de ralentir par bribes pour mieux repartir ensuite… ça ne cesse donc d’accélérer et lever le pied tout en maintenant une énergie constante et un côté remuant communicatif franchement agréable à l’obscurité plus marquée. D’ailleurs « Author Of Caedes » va conserver cette vision dans la foulée avec la même réussite et gardant les mêmes ingrédients savoureux, faisant donc de cette doublette un des meilleurs passages de ce long-format. Du coup afin de garder cette bonne dynamique générale « Eat Broken Glass » va persévérer en matière de souffle guerrier entraînant, offrant ici son lot de tabassage intempestif qui laisse cependant place au fur et à mesure à du médium omniprésent pour notre plus grand plaisir… tant c’est parfaitement envoyé et impeccable pour se dandiner en continu. Si la brutalité n’est clairement pas absente elle est en revanche plus diffuse et laisse place à quelques légers accents Heavy où les nuques sont mises à rude épreuve, avec toujours cette technique aussi basique mais où l’écriture continue d’être redoutable et où toute l’expérience de ses géniteurs s’entend instantanément.
Clôturant donc une première moitié d’enregistrement réussie la suite ne va pas dépareiller même si ça va paraître un peu plus quelconque…mais pas pour autant ratée, car la grande variété de « Pseudocommando » a de quoi convaincre les plus sceptiques de par ses longs plans où chaque gamme rythmique a de quoi s’exprimer convenablement, avec toujours cette attractivité redoutable. D’ailleurs l’homogène « Hyperviolence » va démontrer tout cela également, même si son nom est délibérément trompeur… car si ça mise sur le matraquage incessant au démarrage la suite laisse place à une vision plus étouffante où l’explosivité disparaît progressivement peu au profit de ralentissements implacables à la froideur exaltée particulièrement pénétrante. Nulle surprise donc que la conclusion « Imperium Satana » en contienne également (tant les enchaînements sont d’une logique à toute épreuve), jouant ici une dernière fois sur l’équilibre des forces et les alternances à foison pour finir correctement les débats.
Et cela est effectivement le cas tant cette dernière composition reprend tous les éléments classiques envoyés ici encore parfaitement dans le crâne de l’auditeur, qui aura tout ce qu’il faut pour partir immédiatement vers le Grand Nord et les contrées vides d’habitants, où seule la nature règne en maître. Alors certes tout cela ne changera évidemment rien au statut de DEATHCULT qui restera un bon artisan de la deuxième division locale, mais qui a de quoi suffisamment occuper les esprits et relâcher le cerveau durant toute la durée de l’écoute. On sait où l’on va et ce qu’on va y trouver mais ça convient tout à fait au but recherché surtout qu’il n’y a vraiment pas de quoi faire la fine bouche tant c’est propre et implacable, malgré les petits défauts cités en amont… et avec le changement de saison qui approche (et avec lui la fin des températures caniculaires pour aller vers plus de fraîcheur) on sera encore plus en demande que d’habitude de ce voyage rafraîchissant et indispensable, afin de continuer à prendre sa dose de fondamentaux intemporels. Zéro originalité certes mais cent pour cent efficacité, c’est ce que l’on retient et c’est largement suffisant pour ce que l’on recherche où l’on plonge les deux pieds dedans avec plaisir et délice… maléfique bien sûr !
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