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Tristwood - The Delphic Doctrine

Chronique

Tristwood The Delphic Doctrine
L'amateur de musique extrême en mal de nouvelles sensations qui chercherait son bonheur dans les bacs à disques d'occase ou à travers les brouettées de chroniques disponibles de par le Net, risquerait bien de passer à côté de Tristwood. Avec un blaze pareil, à première vue, on a en effet vite fait de coller à ce groupe l'étiquette « marshmallow gothico-mélancolique », voire « sympho black dépressif pour Troll des Bois ». Tout faux : Tristwood, groupe autrichien ayant 2 albums et 2 minis à son actif, s'est fixé pour tâche de nous claquer de grosses mandales cyber brutal death (eh oui !) dans la tête, sans nous laisser beaucoup le loisir de respirer … on est loin de Tristania ou d'un sous-Arckanum !

Pour être un peu plus descriptif, on pourrait comparer Tristwood au fruit d'une copulation sauvage entre Behemoth et The Berzerker, les bonnes fées ayant de plus balancé dans le berceau du bambin un synthé et un bouquin d'égyptologie. De papa Behemoth (période « Demigod », précisons-le), notre joyau bambin a la force de frappe, l'aspect martial, la précision chirurgicale, la majorité des lignes vocales, et un je ne sais quoi d'inspiration black metal – si si, là, au fond, en remuant bien. De maman Berzerker (je vous laisse vérifier le sexe de la bête tous seuls comme des grands), Tristwood a les rythmiques échevelées, la coloration indus (foncée la couleur hein !), la boîte à rythmes (aïe !) et cette alliance paradoxale d'une certaine folie avec une froideur certaine.
Côté thématique, l'album baigne largement dans un jus mystico-égyptologico-mythologique qui surprend un peu, étant donné le style pratiqué par le groupe. A la base, la pluie de blasts indus qu'on se prend en travers de la tronche semble assez éloignée des ambiances fleurant bon le sarcophage suintant et les catacombes mal famées … à moins que le groupe n'ait voulu créer la B.O. extrême du film « Stargate ». Pour arriver à ses fins, le groupe fait donc usage d'un synthé et de samples qui se veulent discrets mais efficaces. Malheureusement, ce qui se voudrait une é(-in ?)vocation des spectres des pyramides tombent souvent à plat au final, les interventions du clavier étant parfois un peu « pataudes ». Je n'essaierai pas de juger du fond du propos égyptophiles du groupe, un NILE ayant déjà bien défriché ce terrain, émoussant mon appétit à creuser la question. Ce qui est sûr, c'est que sur fond de beats technoïdes cliniques et de clavier un peu cheap, les pyramides semblent faites de carton. Et s'il fallait encore reprocher une chose au groupe, il serait nécessaire de dire que les 42 minutes de ces doctrines de Delphes forment un bloc monolithique et quelque peu monotone: ok, on se mange de bons gros parpaings dans la face tout au long de l'album … mais c'est un peu toujours la même chose. Autant on peut accrocher au début, autant, sur la longueur, on ne sourcille plus guère malgré le matraquage méthodique entrepris par le groupe. Et malheureusement, quand un titre tend à se distinguer un peu du reste, c'est au détour d'une mélodie – certes entêtante – mais basée sur une boucle de synthé un peu cheap (« By the call of Seth »), ou par le biais d'un refrain téléphoné et déplacé (« This is total war – MOTHERFUCKER » sur « Nemesis – the Cyberstorm »).

Au final, quelle impression reste-t-il après l'écoute de cet album ? Presque autant de bon que de mauvais : grosse efficacité et big mandales tout au long de l'album … mais lassitude en bout de course. Plans synthé parfois (attention hein, pas tout le temps !) foireux et boîte à rythme sans chaleur … mais épilepsie et folie garanties. Imagerie à base de pharaons de fête foraine, mais tentative en partie réussie de mariage original de genres a priori opposés : indus, brutal death, synthé, ambiances dark-black … A noter aussi une auto-production vraiment réussie : gros son au rendez-vous. Néanmoins, il reste quand même un goût amer en fin d'album : on se dit « Putain c'est trop con, cet album était vraiment pas loin d'être énorme ! ! ». D'où un 6.5/10 agrémenté des Encouragements du conseil de classe … Je vous conseillerai quand même d'essayez l'album par vous-même : je ne serai pas surpris que certains soient totalement séduits par ce groupe, à l'approche quand même très personnelle.

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Tristwood
Cyber Brutal Death metal
2006 - Sound Riot Records
notes
Chroniqueur : 6.5/10
Lecteurs :   -
Webzines : (12)  7.46/10

plus d'infos sur
Tristwood
Tristwood
Cyber Brutal Death metal - 2001 - Autriche
  

tracklist
01.   Indoctrination (Intro)
02.   The Delphic Doctrine
03.   Chronos
04.   By the Call Of Seth - Invocation of the God of Blood and War
05.   Anbeheh
06.   Pandaemonic Paradoxon
07.   Nemesis - The Cyberstorm
08.   Through the nineth Hall of Utukku
09.   Daedae Taengri
10.   Exdoctrination - The Blackest Void

Durée : 42:17

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