chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
211 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
SubRosa - Fo... » Svartidauði ... »

Sainte Marie des Loups - Sainte Marie des Loups

Chronique

Sainte Marie des Loups Sainte Marie des Loups
Ha, le mystère, le mystère... On en parle, il nous fascine, surtout lorsqu'il entoure une formation musicale de qualité. Et le groupe qui nous intéresse aujourd'hui s'est drapé tout entier de cette aura opaque, comme pour nous dire : "Rien ne sert de creuser, concentre-toi plutôt sur ce que nous avons à proposer". Enfin, "on"... Plutôt, "je", puisque Sainte Marie des Loups est un one-man band. Malgré le manque d'informations à ce sujet, au vu de la voix qui nous accompagnera tout au long de la petite-demie heure que dure ce premier long format, on peut en déduire que Sainte Marie des Loups est le projet du vocaliste de Chambre Froide (dont nous avions déjà parlé), le liant, par extension, à Ravensdöm.

Cet éponyme est une surprise, puisque le groupe n'avait pour ainsi dire produit qu'une seule chanson, pour un split à six groupes sorti en début d'année chez Fallen Empire. Il faut croire qu'il aura impressionné le label américain puisque, quelques mois plus tard, déboule sans prévenir un premier long-format. La question restant : Fallen Empire a-t-il bien fait de mettre des billes dans ce projet ? Après quelques écoutes, il est clair que le cahier des charges a été rempli haut la main. N'attendez rien d'autre qu'un Black Métal des plus racés, d'une simplicité qui le rend efficace en Diable. Et qui, en plus, se paye le luxe d'être homogène et cohérent. Le decorum d'imagerie accompagnant ce premier full-length est d'une austérité qui colle parfaitement à ce qu'il renferme : De la pochette verdâtre d'icône religieuse passée au négatif, jusqu'à la photo du seul maître à bord, posant torse nu à côté du buffet de grand-mère et contrastes poussés au maximum, tout est fait pour que la poussière colle à la peau. C'est daté, ça sent le renfermé, c'est à prendre tant comme hommage aux anciens Rois du genre qu'en tant que disque avec une atmosphère qui lui est propre... En un mot comme en cent : c'est convaincant.

Pourtant, tout partait pour faire de Sainte Marie des Loups un énième projet de Black sans grande originalité. Ce genre de produit agréable, bien que dispensable, qui sortent à tour de bras en format cassette et fleurissent sur Bandcamp. Mais pas ici. L'album n'a pas la prétention de se hisser aux cimes de tous les classements, mais la tête pensante derrière la Mère Supérieure avait ce qu'il fallait de passion, de respect pour le genre, et surtout, de talent, pour transformer l'essai. Par une production très justement crue, sans jamais tomber dans le pièce du "raw pour être raw", conférant une aura brumeuse à l'atmosphère développée tout au long des six titres; Par ce vieux synthétiseur agonisant, la gorge pleine de boulettes de naphtaline, qui pousse ses râles d'un autre âge au détour des compositions (l'ouverture du morceau titre, le final sentencieux de "La Fin de l'Hiver"); Mais aussi, et surtout, par cette voix qui râcle le larynx et les tympans, reconnaissable entre milles autres, qui sonnait bien chez Chambre Froide mais se fait ici encore plus imposante : ça gueule, ça grogne, ça devient presque autoritaire (les choeurs de "Sermons Sanglants"), bref, ça vit, ça s'agite dans l'ombre, ça colle les miquettes.

Jonglant judicieusement entre titres menés tambour battant, blast-beat et cymbales baveuses à tout crin, et parties plus aériennes, clavier discret mais plombé par une section rythmique écrasante et des guitares d'un autre âge, Sainte Marie des Loups laisse groggy sans jamais lasser. Le déluge laisse parfois place à d'infimes rais de lumière (la première partie de "Insolence" et ses notes cristallines), mais le voile de poussière sépia n'est jamais très loin. Renforcé par les quelques mots de français compréhensibles de l'ensemble, autoritaires, prononcés par le juge et bourreau de cet univers entre deux aboiements, la bave aux lèvres. J'y retrouve une certaine peur que je n'avais pas connue depuis Darvulia : l'ensemble peut paraître bancal (la batterie traîne parfois un peu la patte), boiter de façon grotesque, mais ce que l'on peut deviner au travers de la brume terrorise. J'y retrouve ma fascination quand, plus jeune, je découvrais le Black Metal et les atmosphères glacées de mes premières écoutes, ce frisson de la découverte, presque de l'interdit, quand je lisais toutes les rumeurs et histoires sordides qui accompagnaient certaines formations. Là est la force de ce premier full-length, être empreint de nostalgie tout en ne reniant jamais sa propre personnalité.

Ce n'est certes pas l'album de l'année, loin s'en faut, mais tout de même, quelle découverte ! Le bonhomme n'en est certes pas à son coup d'essai, vu son CV, mais je comprends maintenant sous quel charme est tombé Fallen Empire. Sainte Marie des Loups est à la fois un disque délicieusement régressif, avec cette vibe du Darkthrone des débuts et ce synthé dégueulasse, mais aussi et surtout, un album où sont développées de véritables ambiances, de celles qui font peur, qui impressionnent par leur homogénéité et leur cohérence. C'est sale, ça sent fort, c'est furtif, bref, c'est un animal sauvage dont je suis curieux de connaître les prochains agissements. A découvrir, si ce n'est déjà fait !

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Sainte Marie des Loups
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs : (2)  7.5/10
Webzines :   -

plus d'infos sur
Sainte Marie des Loups
Sainte Marie des Loups
Black Metal - France
  

écoutez
tracklist
01.   La fin de l'hiver  (06:20)
02.   Progéniture  (05:47)
03.   Sermons sanglants  (05:51)
04.   Sainte Marie des loups  (04:26)
05.   Insolence  (04:46)
06.   Absurdités et blasphémes  (01:42)

Durée : 28:52

parution
5 Août 2018

voir aussi
Sainte Marie des Loups
Sainte Marie des Loups
Funérailles de Feu

2020 - Amor Fati Productions
  

Essayez aussi
Bilwis
Bilwis
Hameln

2024 - Northern Silence Productions
  
Mayhem
Mayhem
Daemon

2019 - Century Media Records
  
Seher
Seher
Nachzehrer

2016 - Totenmusik
  
Sodality
Sodality
Gothic

2020 - Dauthus 1899
  
Bovary
Bovary
Mes racines dans le desert (Démo)

2018 - Nar Productions
  

Découverte de l'année
Megadeth
Countdown To Extinction
Lire la chronique
Testament
Para Bellum
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Agressor
Medieval Rites
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Décembre 2025
Jouer à la Photo mystère
Bloodfield
Homunculus sapiens
Lire la chronique
Brutal Decay
Slaughter in Hell
Lire la chronique
Carnage Inc.
Carnage Inc. (EP)
Lire la chronique
Deathhammer
Crimson Dawn
Lire la chronique
Flesh Storm
The Path Of The War
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Décembre 2025
Jouer à la Photo mystère
Centinex
With Guts And Glory
Lire la chronique
Entretien avec Anthares
Lire le podcast
The Ultimate Soul Grinding Festival - Last Inhumate Show Ever
Illegal Corpse + Inhumate +...
Lire le live report
Warfield Within
Rise of Independence
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Novembre 2025
Jouer à la Photo mystère
R.B.Band
Chains of silence (EP)
Lire la chronique
Ordered To Kill
Endless War
Lire la chronique
Reabilitator
Fucking Thrasher
Lire la chronique
Hexecutor
…Where Spirit Withers In It...
Lire la chronique
Live Report Muscadeath 2025 2ème jour (samedi)
Lire le podcast
Live Report Muscadeath 2025 1er jour (vendredi)
Lire le podcast
La photo mystère du 1 Novembre 2025
Jouer à la Photo mystère
Mortal Scepter
Ethereal Dominance
Lire la chronique
Revocation
New Gods, New Masters
Lire la chronique
Ormagoden
Purphoros
Lire la chronique
Electrocutioner
Harbinger
Lire la chronique
Vio-Lence
Oppressing The Masses
Lire la chronique
Ex Tenebris Lux Acte VII
Gravekvlt + Zöldïer Noïz
Lire le live report
Entretien avec DEVANGELIC
Lire le podcast
Dead Heat
Process Of Elimination
Lire la chronique