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Sacrificia Mortuorum - Possède la bête

Chronique

Sacrificia Mortuorum Possède la bête
Je suis fan de SACRIFICIA MORTUORUM. Oh oui, Satan sait à quel point je le suis. Et si j’aimerais dire que je le suis depuis ses débuts, ce serait faux. C’est en 2007, avec la sortie de Maturum Est, que je suis tombé violemment de ma chaise et qu’à chaque fois que j’arrive enfin à y remonter un autre album m’en refait chuter. Damnatorium Ferrum en 2009 et Railler l’Hymen des Siècles en 2012 m’ont conquis, malgré de légères évolutions dans les compositions et surtout dans la qualité de la production. Mais cette fois-ci j’ai bien eu le temps de reprendre ma place sur mon siège car ce sont 6 années qui ont été nécessaires pour que ce nouvel album, Possède la bête, sorte enfin. Certes, un split avec ORTHANC était sorti en 2014 mais bon c’est pas la même chose... Et en même temps, j’ai l’impression d’avoir continuellement entendu parler du groupe, peut-être même plus que d’habitude. Sans doute parce qu’il a eu un programme de concerts agité, parfois en compagnie de groupes « tendance », parfois en compagnie de groupes « tendancieux » : PESTE NOIRE, HORNA, DER STURMER…

6 ans donc depuis la dernière chute de chaise, et un changement de line-up à remarquer : l’arrivée à la batterie de Skogsvandrer, personnage très expérimenté et presque incontournable ces dernières années puisqu’il fait aussi profiter de ses frappes AUTARCIE, CATERVA RUNA et MYRKVID. Bienvenue à lui, même si c’est déjà en 2016 qu’il a intégré la bande. Bande constituée de Thorbès, toujours à la basse depuis 2012. De Gothmog, toujours aux guitares depuis 2003. De Lord Arawn bien entendu, membre d’origine qui s’occupe du chant, des guitares et des quelques parties de synthé.

6 ans ont passé mais la touche SACRIFICIA MORTUORUM est toujours intacte. 7 pistes qui ont été réfléchies entre 2014 et 2017 pour atteindre 53 minutes d’un niveau à nouveau ultra haut, qui fait bien entendu rechuter de la chaise. C’est une évidence, ce Français possède son monde, un peu comme SALE FREUX crée ses propres terres, et une nouvelle piste de SACRIFICIA MORTUORUM ne laisse jamais de doute sur son géniteur. Une écoute, et on sait à qui on a à faire. Son talent principal ? Manier avec perfection la caresse et la frappe, et savoir aussi bien les alterner que les utiliser ensemble. Il est capable de faire des intros, outros, intermèdes ou breaks d’une douceur déprimante, et de balancer subitement des passages démentiels de hargne et d’agressivité. Ainsi, on se prend de l’émotion pure, touchante sur la fin de « Paradigme », le début de « La gamelle du diable », au cœur de « Le bûcher des vanités (part 2) », mais si ces moments doux sont si efficaces, c’est parce qu’ils sont entourés par des vagues de puissance. Des tempêtes ennivrantes.

Et parfois, c’est ensemble que la douceur et la hargne sont employées, qu’elles se mélangent, se heurtent, fusionnent. Une mélodie vient subitement se greffer sur une partie déchainée. Et le chaos montre un semblant d’ordre. Les Ténèbres montrent un rai de lumière. L’impression est claire : une caresse avec une rape. Et chaque piste en renferme. Mais jamais au même endroit, car les structures sont variées chez SACRIFICIA MORTUORUM. « Le bûcher des vanités (Part 1) commence ainsi de façon très rugueuse pour peu à peu intégrer des éclaircies malignes.

Et pourtant, malgré la note élevée, je n’ai pas placé cet album dans mon top annuel. Parce qu’il n’est pas évident. Parce qu’on ne décelle pas tout tout de suite. Parce que ce n’est pas le genre de compositions dont se dit à court terme qu’elles sont géniales. Elles sont complexes, elles s’installent au fur et à mesure en nous, et elles méritent mieux finalement que de « marquer l’année 2018 ». Plus accessible l’album aurait figuré dans un top annuel, mais en l’état, il restera intemporel...

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Sacrificia Mortuorum
Black Metal
2018 - Drakkar Productions
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs : (1)  7.5/10
Webzines :   -

plus d'infos sur
Sacrificia Mortuorum
Sacrificia Mortuorum
Black Metal - 2000 - France
  

tracklist
01.   Vitium originis
02.   Le bûcher des vanités (part 1)
03.   Momento mori
04.   Orcus S.C
05.   Paradigme
06.   La gamelle du diable
07.   Le bûcher des vanités (part 2)

Durée : 52:50

parution
12 Octobre 2018

voir aussi
Sacrificia Mortuorum / Orthanc
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Split (Split-CD)

2014 - Hass Weg Productions
  
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Railler l'Hymen des Siècles

2012 - Apparitia Recordings
  
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En Offrande

2022 - Darker Than Black
  

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