chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
191 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
Mahatma » Henrik Danhage »

Feastem - Graveyard Earth

Chronique

Feastem Graveyard Earth
C'est quand même chouette, d'avoir un climat intransigeant. Tiens, prends la Finlande, par exemple. Une poignée de musiciens, que tu jettes en pleine forêt, condamnés à être malmenés par les températures glaciales, cinq mois de nuit par an et une langue quasi-ésotérique pour qui n’y est pas initié, et PAF ! Tu obtiens l'une des scènes Black Metal les plus riches et qualitatives du genre. Jouer vite et fort, bouger partout dans le pit pour se réchauffer, le pays aurait pu être un bon terreau pour le Grindcore… Pourtant, la scène Finlandaise n’est pas forcément la plus connue : sorti des vétérans Rotten Sound et des surdoués (je pense à Death Toll 80K), peu de noms de formations Finlandaises me viennent en tête... Ha, si, peut-être bien Feastem, en fait.

Pas la plus connue, mais loin d’être la plus jeune, puisqu’elle est active depuis 2005. Quinze ans de longévité pour un groupe que je n’ai découvert qu’avec la sortie d’ « Avaritia Humanae », en 2013, dont j’avais eu l’occasion de parler sur Thrashocore. A la réflexion, et à la réécoute, je trouve que j’ai été un peu sévère avec la galette. Peut-être que j’en attendais trop, que prendre Rotten Sound pour mètre-étalon était un peu raide… Peu importe, les Finlandais me corrigent cette année de la plus belle des manières : en sortant, sept ans plus tard, une lame d’un tranchant redoutable, forgée au marteau-pilon et trempée dans l’huile la plus corrosive qui soit, livrée bien polie dans deux fourreaux différents : en LP chez Lixiviat Records (label des gones de Warfuck), avec une pochette aussi réussie qu’improbable, et en CD chez EveryDayHate, parée d’un artwork autrement plus conventionnel.

Quoiqu’il en soit, Feastem n’a rien perdu de sa hargne, au contraire, tout porte à croire que le climat délétère ambiant aura renforcé l’envie du groupe de casser des gueules.

Doté d’une production qui a bien mangé ses cinq fruits et légumes par jour, mais saupoudrés de protéines, « Graveyard Earth » ne correctionne plus : il dynamite, il disperse, il ventile. La même recette que par le passé, mais en plus « tout ». Plus énervée, plus intense. Le blast-beat y est évidemment quasi-constant, chaque coup de médiator creuse un ravin, et le chant étranglé de Petri Eskelinen fait baisser les yeux, à grands coups de saillies fédératrices (« I Will Never Kill », rââââh…). Quand la démonstration de force est aussi impressionnante, on se tait, et on reconnaît avoir jugé le groupe un peu rapidement.

D’autant que Feastem sait infuser à son Grindcore, déjà pétri d’influences mises au service de l’agression, quelques petites idées qui lui évitent de s’encroûter dans la redite. Rien de révolutionnaire, hein, mais elles ne manqueront pas de décrocher une droite, puis le sourire, au connaisseur. Le chant qui s’aligne sur les tonalités de la guitare sur «Creeping Heat », le dôme de la ride qui vient ponctuer les changements de riffs du véloce « Verta ja lihaa », les breakdowns faussement pépères de « Sortovalta» qui ne sont que des échauffements avant le 100 mètres, ces cymbales étouffées démarrant « Turha toivo »… Une multitude de petits atouts qui poussent au replay. « Terror Balance » et ses motifs de fin du monde, « Pelon voima » et son D-beat façonné pour secouer les malheureux au premier rang, « Kurjuuden kuningas » qui voit Feastem donner tout ce qui lui reste d’énergie dans la dernière ligne droite, sont autant de preuves que le groupe n’a, à aucun moment, baissé la garde. Intensité soutenue du premier au dernier titre, la pression ne redescend qu’à l’outro bruitiste à souhait, friture sur la ligne sortant des enceintes, rudement éprouvées.

"Graveyard Earth" remplit toutes les clauses de son contrat. Il est court, il est violent, il ne ménage pas l'auditeur et ne pourra que prendre encore plus de relief sur les scènes. Mieux, il fait du zèle, en ajoutant quelques petites tournures, évoquées plus haut, ajoutant à l'efficacité de l'ensemble. Un boulot d'artisan, dans ce que le terme peut laisser entendre de plus noble : c'est honnête et ça respire la passion. Amateurs, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Feastem
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (1)  8.5/10
Webzines : (2)  7.5/10

plus d'infos sur
Feastem
Feastem
Grindcore - 2005 - Finlande
  

tracklist
01.   The Rope Calls Your Name  (01:12)
02.   I Will Never Kill  (01:05)
03.   Sick  (01:15)
04.   Terror Balance  (01:51)
05.   Sortovalta  (01:32)
06.   Verta Ja Lihaa  (01:31)
07.   Creeping Heat  (01:07)
08.   In Isolation We Die  (01:09)
09.   Pelon Voima  (01:36)
10.   Graveyard Earth  (02:10)
11.   Spreading Darkness  (01:27)
12.   Mouths of Others  (00:51)
13.   Turha Toivo  (00:38)
14.   Kurjuuden Kuningas  (01:11)
15.   Outro  (01:14)

Durée : 19:49

parution
13 Mars 2020

voir aussi
Feastem
Feastem
Avaritia Humanae

2013 - Obscene Productions
  

Essayez aussi
Trucido
Trucido
A Collection Of Self​-​Destruction

2022 - Rescued From Life Records
  
Massive Charge
Massive Charge
Charge This World

2011 - Autoproduction
  
Napalm Death
Napalm Death
Utilitarian

2012 - Century Media Records
  
Ape Unit
Ape Unit
Filth

2022 - Here and Now! Records
  
Gendo Ikari
Gendo Ikari
Unit 1 (EP)

2016 - Autoproduction
  

Pantera
Far Beyond Driven
Lire la chronique
Metal Noz 3 - Live Report
Lire le podcast
Entombed
Crawl (EP)
Lire la chronique
Türböwitch
Under Haunted Skies
Lire la chronique
Exodus
Goliath
Lire la chronique
Cro-Mags
Alpha Omega
Lire la chronique
Slyther
Chronicles of Despair
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Mai 2026
Jouer à la Photo mystère
D.R.I.
Violent Pacification (EP)
Lire la chronique
Nukem
The Grave Remains
Lire la chronique
Aborcja
Do krzyża abarotem
Lire la chronique
Vomitory
In Death Throes
Lire la chronique
La photo mystère du 15 Avril 2026
Jouer à la Photo mystère
Paradox
Heresy
Lire la chronique
Sunovrat
Kuluk
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Avril 2026
Jouer à la Photo mystère
Perpetual Warfare
The Age of War
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Mars 2026
Jouer à la Photo mystère
10 ans de vidéo SAKRIFISS / Le top 50 des groupes marquants
Lire le podcast
Cryptic Shift
Overspace & Supertime
Lire la chronique
Deathraiser
Forged In Hatred
Lire la chronique
R.I.P. Soldier
The True Soldiers Never Die
Lire la chronique
Cro-Mags
Best Wishes
Lire la chronique
Venthiax
Rites Of Ra (EP)
Lire la chronique
Archaic
The Endgame Protocol
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Mars 2026
Jouer à la Photo mystère
Slakter
Infernal Exekution Reign
Lire la chronique
Norwalk
Psycho Mirror
Lire la chronique
Megadeth
Megadeth
Lire la chronique
None So Live - Cyrptopsy / 200 Stab Wounds / Inferi / Corpse Pile
Lire le podcast
Breizh Death Metal Party 2 Live Report
Lire le podcast