Red Hot Chili Peppers - The Red Hot Chili Peppers
Chronique
Red Hot Chili Peppers The Red Hot Chili Peppers
Bon, je sais très bien ce que vous vous dites, les Red Hot Chili Peppers sur Thrashocore, ce n’était peut-être pas une priorité (si mes chroniques en attente des premiers Autopsy, Angelcorpse ou Sadistik Exekution pouvaient parler, celle-ci seraient probablement les premières à en attester). Cependant, si je ne peux pas vraiment vous donner tort, sachez que je fais encore ce que je veux (avec tout de même l’aval de mes estimés collègues) et que, si cela peut également vous rassurer (même si j’en doute), je n’irai pas plus loin que One Hot Minute puisqu’il est tout à fait hors de question de se farcir "Dream Of Californicatioooooon" qui vingt-sept ans plus tard continue de me taper sur le système en plus de polluer abondamment les ondes radiophoniques de notre hexagone au détriment de titres bien plus cool. Bref, alors que Netflix vient de sortir un documentaire tout à fait recommandable sur les débuts de la formation californienne et de son défunt guitariste Hillel Slovak et alors que les beaux jours ne devraient maintenant plus trop tarder, permettez-moi de vous parler aujourd’hui de ce premier album éponyme paru il y a près de quarante-deux ans...
Formé à Los Angeles en 1982 par Anthony Kiedis (chant), Hillel Slovak (guitare), Michael Peter Balzary aka Flea (basse) et Jack Irons (batterie) alors étudiants à la Fairfax High School, le groupe entame son début de carrière sous le nom quelque peu pompeux de Tony Flow And The Miraculously Majestic Masters Of Mayhem. Après quelques concerts hauts en couleurs effectués essentiellement dans les clubs de Los Angeles, le groupe choisit de changer de patronyme et opte rapidement pour celui qu’on lui connaît tous aujourd’hui. Grâce à une réputation grandissante, le groupe parvient à accrocher à l’automne 1983 un contrat avec EMI America and Enigma Records pour la sortie de sept albums. Le groupe va cependant devoir alors faire face au même moment à d’importants changements d’effectifs puisque Hillel Slovak et Jack Irons, également engagés au sein du groupe What Is This? (célèbre pour son tube "I’ll Be Around") récemment signé chez MCA Records, quitteront tous les deux navires. Loin de se démonter Anthony Kiedis et Flea remplaceront ces derniers par Jack Sherman et Cliff Martinez et partiront s’enfermer en studio pour enregistrer en quelques jours ce premier album.
Malgré l’enthousiasme suscité par ces débuts encourageants, les galères s’enchainent cette fois-ci sous la forme d’une collaboration houleuse avec le producteur Andy Gill (guitariste de Gang Of Four) à qui il sera reproché d’avoir apporter un son beaucoup trop lisse et "radio friendly" au premier album des Californiens (en plus d’une coloration définitivement très marquée par le début des années 80). Malgré cette situation compliquée, le groupe parviendra malgré tout (non sans une certaine amertume) à coucher sur bande les onze titres de ce premier album. Un disque paru en août 1984 et dont l’illustration particulièrement cool et colorée représentant d’ailleurs la formation en pleine action a été confiée à l’illustrateur américain Gary Panter.
Alors évidemment en 2026, tout le monde sait de quoi il retourne quand on parle des Red Hot Chili Peppers (que ce soit cette soupe Pop Rock sans intérêt que le groupe nous sert depuis plus de vingt piges ou ce Funk Rock endiablé et coloré grâce auquel celui-ci s’est bâti une solide réputation dans les années 80 et 90). Mais en 1984, lorsque nos quatre hurluberlus débarquaient dans le circuit la bouche en coeur, l’oeil vif en gesticulant dans tous les sens ce ne fût évidemment pas tout à fait la même chanson. Mû par une énergie malheureusement bridée par cette fameuse production effectivement trop propre et trop lisse, le groupe va opérer dès ce premier album un habile mélange des genres qui, bien qu’encore un petit peu vert et mal dégrossi, ne va pourtant manquer ni de fraîcheur ni d’efficacité (des titres comme "True Men Don't Kill Coyotes", "Get Up And Jump", "Why Don’t You Love Me", "Green Heaven", "Out In L.A." ou "Police Helicopter" ne manquent clairement pas de charmes). Car si The Red Hot Chili Peppers n’est très clairement pas au niveau de ces successeurs et cela pour des raisons plus ou moins évidentes (moins de folie et moins d’énergie dans les compositions, plus de bride et de retenue dans les excès, un chant Rap particulièrement daté qui manque effectivement d’une pointe de flow, des compositions tout de même bien moins marquantes et mémorables que celles qui suivront ainsi que des arrangements moins nombreux et plus discrets), le fait est que la formule est trouvée et que l’essentiel est déjà en place grâce à des compositions fun, colorées, aux influences variées et au groove pour le moins irrésistible. Sur ce dernier point, la prestation de Flea est déjà relativement remarquable avec ces notes de basses ultra sexy et tout en rondeurs qui viennent nous lécher les oreilles de manière particulièrement suggestive. Avec Kiedis il forme d’ailleurs un duo hors-pair, ce dernier livrant sans rougir une prestation vocale peut-être encore un petit peu timorée mais déjà pleine de promesses grâce à certaines intonations cartoonesques et autres onomatopées juvéniles dont il se fera par la suite une spécialité. Bien entendu, nos deux pièces rapportées (aka Jack Sherman et Cliff Martinez) ne sont pas vraiment en reste mais malgré ces guitares qui cocotent et donnent la gigote et cette batterie qui elle non plus ne manque pas vraiment de groove, on sent bien que l’alchimie entre les quatre musiciens n’est pas tout à fait du niveau de celle que l’on retrouvera plus tard suite au retour d’Hillel Slovak sur Freaky Styley puis de Jack Irons sur The Uplift Mofo Party Plan (il suffit d’ailleurs de regarder le clip de "True Men Don't Kill Coyotes" pour se rendre compte de qui porte effectivement le groupe sur ses épaules).
Premier jet quelque peu contrarié par des changements de line-up inattendus ainsi qu’une producteur zélé vraisemblablement plus préoccupé par sa vision des choses que par celle du groupe qu’il est sensé servir, The Red Hot Chili Peppers n’est effectivement pas aussi flamboyant que ces illustres successeurs qui façonneront bien davantage l’identité, le succès et la réputation des Californiens. Mais en dépit de ses quelques défauts et d’un certain manque de maturité, ce premier album n’en possède pas moins encore aujourd’hui un coté frais et novateur (une fusion Rock, Funk, Rap pas encore tout à fait hystérique mais déjà bien en rythme) qui rend chaque écoute toujours aussi agréable et cela encore quarante-deux plus tard. Bref, un disque léger et ensoleillé qui pue la jeunesse, la Californie et les années 80 à pleines narines et qui par conséquent constitue une bande-son idéale pour les vacances et les beaux jours à venir que l’on espère évidemment radieux.
| | AxGxB 2 Avril 2026 - 560 lectures |
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