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20th Anniversary

Live report

20th Anniversary Celeste + Ways.
Le 06 Février 2026 à Paris, France (Petit Bain)
L’atmosphère est lourde en cette fin de vendredi après-midi grisâtre, particulièrement pesante. Cette tension électrique, je l’ai ressentie dès que j’ai posé une fesse dans le métro, ligne 6. Les infimes gestes furtifs de défiance sournoise, les petits regards en coin, l’œil de pigeon suspicieux, les mains qui se crispent sur les téléphones, le tweet à portée de doigts, prêtes à dénoncer le moindre salut suspect… La rumeur enfle, les esprits s’échauffent, la colère populaire gronde : « Tu crois qu’il y va ? » ; « Lui, avec la tête de con qu’il se trimballe, c’est sûr qu’il s’y rend ! » ; « George est un fasciste de merde ! Un fasciste de merde ! ». Il ne fait pas bon avoir acheté sa place pour acclamer CELESTE en ce début d’année 2026, le tout Paris s’en émeut, s’en courrouce, s’indigne.

Alors que WAYS. saborde sa carrière en ouvrant pour les Lyonnais honnis, Coco et moi nous abreuvons innocemment dans un bar du coin. Le tutoiement immédiat de la factice proximité commerciale instaurée par la serveuse accorte ne masquera pas la réalité des agissements : les sourires sont crispés, feints, la gêne palpable vire à la confrontation directe, les noms d’oiseaux fusent. Nous décampons rapidement avant de nous faire molester par une poignée de clients belliqueux, la pinte à moitié bue, sans même terminer notre épique partie de baby-foot. « On n’veut pas d’gens comme vous par ici ! Pas de thrashos dans nos quartiers, pas de quartier pour les thrashos ! ». C’est un monde bien Fucking Hostile que celui dans lequel nous vivons, pas vrai Phil ?

Devant la salle, la sécurité se voit exceptionnellement renforcée par d’anciens membres du KGB ou de la Tchéka afin de permettre au public, rare et regardant piteusement ses godasses, de se faufiler la queue entre les jambes comme un chat qui aurait chié à côté de sa caisse. Les malabars ont beau être rompus à ce genre d’exercice de style, ils ont toutes les peines du monde à contenir les hordes antifascistes venues de l’Europe entière, rassemblées en un seul bloc vengeur pour opposer une aveugle justice sociale au concert scandaleux de cette nauséabonde formation française que l’on n’a jamais vue au We Love Green ou au Lyon Antifa Fest. La DGSI est également présente. De loin, elle photographie les complotistes qui rentrent. Merde, je vais être fiché. Mais peut-être le suis-je déjà car j’avais assisté en 2012 au spectacle Foxtrot de Dieudonné, au Théâtre de la Main d’Or… Bon sang, je n’en mène pas large. Le drapeau ukrainien côtoie ceux du Hamas, de LFI et des mouvements LGBT, #MeToo, SOS Racisme, une blanche en surpoids à la coupe rasta fait griller du tofu à l’ail des ours sur un caddie rouillé pendant que des Femen font le service d’ordre, le ménage dans les rangs… C’est fascinant tous ces textiles aux couleurs bigarrées, j’ai envie de me rallier à eux, de me sentir inclus mais bon, j’ai quand même dû débourser une vingtaine d’euros pour le ticket donc je glisse ma prise tardive de conscience dans la poche à souvenirs et continue d’avancer en serrant les miches, l’air penaud, déconfit. C’est chaud, c’est très chaud ! Si le Web s’était enflammé l’année dernière au sujet de la tournée Russia 2025, les éveilleurs de conscience et autres lanceurs d’alertes n’ont rien lâché depuis. Ils sont là, en force, prêts à en découdre afin que la liberté et le progressisme triomphent de l’oppresseur, que la bête immonde issue des heures les plus sombres de notre histoire ne resurgisse jamais. Et merci bien le devoir de mémoire, « ¡No pasarán! ».

C’est au son du Gossoudarstvennyï gimn Rossiïskoï Federatsii qui bouclera d’ailleurs tout au long de la soirée que nous pénétrons dans la salle. Sur les murs, des portraits pailletés de tsars illustres, au bar les seules boissons autorisées sont le kvass, le mors et la vodka, la chapka s’avère de bon ton. Certains ont même fait le déplacement en bus depuis Saint-Pétersbourg pour assister à cette date parisienne, rappelant par leur simple présence ces puissants (mais écœurants) liens intellectuels et littéraires du dix-neuvième siècle qui rattachent la France à la Perspective Nevski. À l’extérieur, les échauffourées se poursuivent, tout cela va mal finir. Le quatuor monte enfin sur scène. CELESTE joue dans le noir, certainement pour mieux faire ressortir les lumières rouges qui affirment son allégeance indéfectible à Moscou alors que l’obscurité permet aux musiciens de cacher la honte qui déforme les traits lubriques de leurs visages libidineux. Dehors, le tintamarre est tel que l’on se demande si la faible sonorisation du Petit Bain parviendra à le couvrir et ce n’est pas le timide « Добрый вечер, Париж! » (« Bonsoir Paris ! ») lancé par le chanteur qui nous rassure. Les mecs sont dans leurs petits souliers, ils ont compris qu’ils avaient commis une énorme bourde et ils sont certainement pétrifiés à l’idée de devoir jouer devant un public majoritairement composé de fachistes pleutres, certains étant même venus avec leur femelle délabrée. À mon avis, ça sent la fin de carrière, Manuel Valls et BHL vont rapidement s’occuper d’eux, ce dossier prioritaire est sûrement déjà sur leur somptueux bureau en acajou de Cuba.

En vérité je vous le dis, je n’ai pas vu les WAYS. parce que pendant qu’ils s’activaient sur scène Coco me défiait dans une lutte footballistique homérique dont l’éclat fut hélas terni par des balles aussi molles que difformes (oui, comme ma bite). Cependant, n’ayant guère été convaincu par leur post metal alternatif, je ne nourris absolument aucun regret, l’idée d’assister au concert ne nous ayant même pas effleuré l’esprit. Ensuite nous sommes rentrés dans les lieux comme dans du beurre, sans fouille, c’est dire si les organisateurs s’inquiétaient de quelconques manifestations d’hostilité… Du côté de CELESTE c’est en revanche toujours la même branlée phénoménale. C’est fou, à chaque fois que je vois les Lyonnais c’est à peine si je parviens à reconnaître un titre, tout sonne à peu près toujours pareil et pourtant tout est toujours génialement parfait. Il y a néanmoins quelques modifications notables qui ont été apportées, déjà au niveau de la scénographie : les frontales rouges sont moins systématiques bien que tout baigne dans une espèce de brume épaisse, la musique s’accompagne désormais de superbes projections et même si c’est un artifice visuel de plus en plus répandu, ici le résultat est magnifique tant le groupe a toujours eu un sens aigu de la sublimation de l’éternel féminin. Musicalement, j’ai également trouvé la prestation moins radicale que dans mes (lointains) souvenirs. En effet, il y a davantage de moments purement instrumentaux post core mais comme cela s’accompagne d’un jeu de lumières minimaliste et d’images parfois perturbantes, ces quelques (rares) ralentissements n’ont fait que rendre le concert encore plus immersif. Et ce mutisme glacial… Pas un mot ne sera prononcé.

Je ne me souviens pas vraiment de tout parce que je crois que j’étais légèrement éméché et que je me suis plutôt laissé porter par l’instant, oubliant l’esprit analytique pour uniquement effacer la semaine de mon cerveau. Ce ne fut pas difficile, impossible de résister plus de quelques secondes à ces musiciens venus célébrer leurs vingt ans de carrière et les quinze de Morte(s) Née(s) qui, pour l’occasion, se voit habillé d’un nouveau visuel, présenté ci-dessous, ainsi que d’un nouveau mixage. Décidément je ne me lasse pas de ce groupe, je ne m’en lasserai sans doute jamais. J’ai néanmoins été surpris par la faible affluence, cela n’intéresse peut-être plus les gens le blackened post hardcore ? C’est dommage parce qu’en la matière CELESTE se maintient tout en haut du panier, j’ai rarement entendu un truc aussi intense de bout en bout, aussi massivement compact, aussi constamment haineux, suintant de vices, expectoration brutale de tumeurs malignes.


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