MEPHORASH, je me souviens avoir accroché à leur album Krystl-Ah en 2023. Allons voir ce que cela donne en live, surtout au Backstage, qui va permettre à la troupe d’être bien installée. Par ailleurs, GALIBOT joue avec eux, ça va être l’occasion de découvrir leurs nouveaux titres en concert.
Je m’aperçois en rentrant qu’il y a du monde pour un lundi, un bon signe alors que les deux groupes ne sont pas ultra-connus. En jetant un œil sur les t-shirts portés par les spectateurs, j’en relève plusieurs des Suédois mais surtout pas mal de GALIBOT et de HOULE, deux jeunes formations françaises qui ont le vent en poupe. Tiens, j’entends l’air de la chanson « Les Corons » de Pierre Bachelet, une indication que le show des Nordistes va commencer.
GALIBOT
Pendant que certains glandouillaient durant le week-end de 4 jours de l’Ascension, notre quintette était déjà parti au charbon hier à Nantes dans le cadre de sa tournée « Catabase part. 1 ». Et les compères de faire ce soir leur retour à la capitale, après une première venue à Paris en novembre (cf.
live report) pour cette fois promouvoir
Catabase (titre en référence à la descente du héros dans le monde souterrain de la mythologie grecque), sorti il y a tout juste 10 jours et dont Jean-Clint vient de publier la chronique. De la même façon qu’au concert de la Péniche Antipode, chaque membre de la brigade est revêtu d’un bleu de travail ainsi que d’un haut blanc noirci de traces de houille (tout comme le visage). La chanteuse Diffamie scrute l’audience d’un air furax puis viendra assez rapidement apporter un seau duquel elle retirera délicatement une longue blouse claire qu’elle enfilera. On ne s’ennuie pas pendant le
show de nos mineurs de fond, entre ce jeu de scène et des musiciens mobiles, il y a toujours de l’activité. Je relève encore un solo fort apprécié du guitariste Julian (voir les photos) qui vient se placer au centre de l’espace de jeu, et est également parfois en renfort au chant (c’est surtout le cas de Thomas, l’autre gratteux). Sans oublier les interactions avec la salle (« Ça va, Paris » ?), les remerciements variés et la demande d’acclamations pour
MEPHORASH. Pour revenir à Diffamie, je note du chant clair occasionnel (pas vraiment remarqué la dernière fois), quant au batteur, on nous annonce qu’il est remplacé aujourd’hui car blessé. La
setlist est bien sûr consacrée aux morceaux de la nouvelle sortie mais de plus anciens ne sont pas oubliés, tel « Barbara » et son introduction sombre, entendue en pénultième position. La conclusion de la session est marquée par un duo de chants très rythmés entre Diffamie et Thomas, peu de temps avant d’ultimes applaudissements. Une petite anecdote puisqu’on m’en demande : vers la fin de la représentation, la chanteuse a soudainement pris des mains le téléphone d’une photographe au premier rang, avant de le lui rendre après quelques secondes. J’avoue que je n’ai pas compris la raison de ce geste.
Pour voir ou revoir cette entité noire minérale, sachez qu’elle apportera son énergie et sa mélodie au Muscadeath en septembre et au Tyrant Fest en octobre.
MEPHORASH
L’ambiance est soigneusement préparée pour les invocations mystiques à venir : éclairage mauve, toiles aux inscriptions ésotériques et imitations de pierres incandescentes positionnées à mi-hauteur du bord de l’estrade. Tout cela, sans omettre des colonnes de part et d’autre de la scène, prêtes à nous submerger de nuages de fumée. Et c’est exactement ce qui arrive peu avant le démarrage, et qui fait dire à mon voisin « Dans 5 minutes, on ne voit plus le premier rang ». Le quintette apparaît ensuite, chacun portant une large toge à capuche ainsi qu’un masque doré (on parvient à distinguer d’imposants tatouages sur le bras de Mashkelah M'Ralaa, le chanteur), le rituel est prêt. C’est alors un Black Metal ésotérique qui commence à résonner, alternant atmosphère occulte et grondement des percussions. Une invitation à faire « voyager l’âme et l’esprit » pour citer Sakrifiss dans sa chronique de
Krystl-Ah, qui qualifie l’ensemble de Black Metal éthéré. Il est certain que l’usage intensif de claviers donne un aspect planant et envoûtant, il en va d’ailleurs de même de quelques incursions de chant clair féminin. Quant au côté religieux, il est renforcé par l’utilisation d’objets liturgiques, comme une petite cloche, un ouvrage de type missel puis une écuelle remplie d’eau dont quelques gouttes sont prélevées pour nous « bénir ». Vous comprenez que c’est très théâtral, d’ailleurs Mashkelah en joue et use d’une gestuelle ample, lente et largement présente durant le déroulement de sa cérémonie. Le dépaysement passe aussi par des sonorités originales, telles ces influences orientales ou encore un plan carrément progressif. J’évoquais la cavalcade de la batterie, je dois aussi mentionner la basse qui apporte un minimum d’épaisseur et qui nous gratifie même de plusieurs solos. Les Suédois sont très rapidement applaudis (en fait dès la fin du premier titre) et les fidèles semblent apprécier l’expérience de plus d’une heure, au point qu’en sortant, un camarade me confie « J’ai fermé les yeux pendant tout le concert ».
Leur dernier album va déjà avoir trois ans et comme les acolytes se donnent la peine de cette mini-tournée, peut-on raisonnablement se demander si une nouvelle offrande est en cours de préparation ? Affaire à suivre.
Pour le coup, c’était « une salle, deux ambiances » ce soir. Certes, deux collectifs de Black Metal mais dotés d’une approche radicalement différente. Un premier dynamique, à la recherche d’échanges, qui veut nous entraîner dans ses rythmes ; un second plus contemplatif et distant avec son audience (quoique si l’on entre en communion avec eux, cela crée finalement une belle interaction). Il y en a donc eu pour tous les goûts et on remercie Garmonbozia et Solstice Promotion d’avoir permis la tenue réussie de cet événement.
Par Jean-Clint
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