Les Américains de TENSION partent à l’assaut du vieux continent pour aller grinder à l’OEF (Obscene Extreme Festival) début juillet. Ils en profitent pour donner 14 autres concerts en Europe, et sont accompagnés de leurs compatriotes FAKE DUST. Le public lyonnais aura la chance de voir la paire à l’affiche de la 4e édition du Lixiviat Fest ; de notre côté, c’est à la date parisienne présentée par Creepozoïd que nous nous rendons, où les sympathiques SERPILLÈRE sont également de la partie.
SERPILLÈRE
Le guitariste-chanteur Yoan introduit le set en énonçant « On est presque
SERPILLÈRE ». Eh oui, car ce n’est pas le
line-up habituel auquel on fait face, mais au même que celui de juillet dernier pour l’
Eurohorror Tour Vol 666 de
GLOBAL HORROR (déjà au Zorba). Les connaisseurs se souviendront donc que c’était sans Zan (chant), et avec Wlad en remplacement de Manu à la basse. Et pour les ignorants, sachez qu’un grand homme a déclaré « Si à [indiquez votre âge], on n'a pas vu
SERPILLÈRE, on a quand même raté sa vie ! ». Wlad prend soin d’annoncer que c’est l’anniversaire de Yoan, puis c’est le grand ménage de fin de printemps (bien que l’on ait l’impression d’être en plein été) qui commence. Un
pogo qui ne cesse de s’agrandir se forme au son du trio Grindcore crasseux parisien, ce qui donne lieu à de sacrés gamelles. Un participant aux hostilités atterrit à proximité du percussionniste Vincent et dégomme presque un élément de sa batterie ! La
setlist d’une vingtaine de titres pour 25 minutes nous est maintenant bien connue, il faut cependant noter que deux nouvelles chansons sont dévoilées (vraisemblablement « Holy Acid Recycling Compactor » et « Biofilth Wormdrive »). Et c’est évidemment très drôle d’avoir droit à « Wladimir Godemichet » (en fin de
set) avec Wlad sur les planches. Le voir en duo « face à face » avec Yoan (cf. la 2e photo ci-dessous) est aussi remarquable, ça doit être dû à l’effet tournée d’
IRON MAIDEN qui s’arrête à la capitale lundi prochain ;-).
FAKE DUST
Merci à AxGxB d’avoir présenté les gars de Portland à l’occasion de la
chronique de leur très récent premier album
Decrepitizing Din Of The Cerebral Psyopticon. Si l’impression qu’il a eue en l’écoutant chez lui se révèle être identique en
live, on va prendre très cher (il parlait de « dérouillée »). Le quartet s’installe et comme on ne met pas plus de trois personnes sur la scène du Zorba, le chanteur Tony reste dans la fosse, ce qui est parfait pour la sensation de proximité avec les fans. Et ce sont en effet vingt minutes d’un tourbillon de pur chaos dans lequel on est immédiatement pris. « C’est la guerre » comme dirait Jean-Clint. Le public parisien ne peut résister à ce
Turbogrindcore US (et surtout pas à Brennan, véritable batteur-machine) et se mue en un énorme
pogo. La violence sonore est telle que cela crée une déflagration qui oblige à se boucher les oreilles un court instant. C’est intense et on ressent en même temps une dimension sombre, peut-être due à certaines influences Brutal Death ; vraiment de quoi inquiéter ! Si plusieurs commentateurs voient déjà le premier opus des Américains dans les tops de l’année, je ne doute pas qu’ils figureront également parmi les concerts les plus bestiaux de 2026 ! Et ce n’est pas mon voisin de gauche qui affirme « Putain, c’était zinzin » qui me contredira.
SERPILLÈRE aurait en fait dû passer après
FAKE DUST car il y a du nettoyage à faire, et pas mal de poussière retombée à ramasser, fût-elle véritable ou fausse ;-)
TENSION
Peu actifs sur les réseaux sociaux et absents des principales bases de données, les Californiens disposent néanmoins d’une page
Bandcamp bien fournie, et j’ai le plaisir de les accueillir au sein de nos colonnes. Relativement discrets, ils comptent cependant déjà 15 années d’existence et un certain nombre de sorties (surtout des
splits mais pas que). Leur style ? Un mix Grindcore/Powerviolence (ils appellent ça Grindviolence) végan et résolument antifasciste. À ce sujet, ils commencent d’ailleurs leur
show par un message anti nazi, anti raciste, anti homophobe, anti transphobe, etc. On peut lire sur la toile qu’ils utilisent leur art comme une véritable arme politique (« Mind as a Weapon, Music as a Weapon, Voice as a Weapon, Protest as a Weapon »). Le
sample d’intro et le propos étant passés, place à la musique du trio composé d’un guitariste et d’un bassiste (tous deux également au micro), ainsi que d’un batteur qui fait plaisir à son auditoire français en portant un t-shirt
CIVILIAN THROWER. Nos résidents du comté d’Orange (Grand Los Angeles) envoient un son rapide soutenu par des chants alternés et synchronisés qui mettent la salle en état de tension. Alors bien sûr, ça bouge ; seuls quelques autres
samples permettent de reprendre son souffle entre deux nouveaux assauts, et de tenir jusqu’au bout. Fin qui n’en est pas complètement une car le combo nous fait la bonne surprise de revenir pour une ultime mandale !
Merci à Val de Thrash Records de nous avoir fait suivre les vidéos YouTube.
On se faisait la remarque avec le camarade Émile qu’on ne voyait plus d’affiches passer pour des dates de Grindcore au Cirque Électrique. Il faut croire que cela se joue maintenant au Zorba, qui vous est peut-être familier si vous êtes fêtard parisien car l’endroit est connu pour ses « after », étant donné qu’il ouvre dès 5h00 du matin. Sinon, on vous invite à surveiller sa programmation et on espère y passer de prochaines soirées aussi excellentes que celle de ce 17 juin dont on va se souvenir longtemps !
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