chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
418 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
Laudanum - T... » Impurity - T... »

Officium Triste - Hortus Venenum

Chronique

Officium Triste Hortus Venenum
Tu es amateur de doom en général et de doom death atmosphérique en particulier, tu connais donc nécessairement Officium Triste. Ce n’est pas comme si je te disais qu’ils étaient nés hier. Ancrés dans les 90’, les Hollandais pratiquent leur style avec la régularité du métronome depuis 30 ans, Hortus Venenum n’étant cependant que leur septième album longue durée.

A bien des égards, Officium Triste est un groupe remarquable qui n’a jamais fait le buzz, qui n’a jamais été réellement considéré à la hauteur de son talent. Peu nombreux sont les groupes, je te le répète à chaque fois, qui peuvent se targuer d’avoir produit autant d’albums sans véritable faute de goût. Et même si Giving Yourself Away semble faire l’unanimité quant à leur apex, leur avant dernier album, The Death of Gaia n’a pas manqué non plus de recueillir bien des louanges.

Hortus Venenum (le jardin empoisonné) se présente donc en successeur difficile, sur une thématique écolo similaire. Que l’on se rassure d’emblée, cet album est à la hauteur de l’édifice bâti par le combo hollandais au gré des décennies, même si son départ peine à emballer la machine. En somme, sur les 6 titres que comprend cet album, le premier tiers n’est pas celui qui emportera la mise au contraire de la suite, bien plus emballante.

Ne vous y trompez pas en effet. Les deux premiers titres, Behind Closed Doors et My Poison Garden ouvrent assez modestement cet album, calibrés aux grosses ficelles d’un doom death puissant mais armé de codes ultra balisés et davantage axé sur le death que sur l’ambiance, sur la force que sur l’émotion. Ces deux titres demeurent qualitatifs mais finalement assez éloignés des émotions que la suite va procurer. C’est puissant, profond, la voix ultra gutturale aidant à matérialiser ces aspects abyssaux, juste éclairés par quelques mélodies magnifiques (le pont central sur Behind Closed Doors, pétri de mélodies aériennes) mais finalement dans la veine de ce que propose le groupe habituellement. De nouveau, le niveau reste élevé et ces titres se placent sans difficulté assez loin de la meute des suiveurs, même si My Poison Garden perd un peu en puissance, avec des atours mélodiques qui dépouillent sensiblement le titre de sa vélocité.

Mais là où l’album tranche véritablement, c’est à compter de ses deux pièces centrales, Anna’s Woe et Walk in Shadows. La première nommée est un bloc d’émotions pures, ultra mélodique et mélancolique, puissant également par les évocations qu’elle suscite et les arrangements qu’elle comprend. Ouvert sur des riffs étirés et une ambiance venteuse lointaine, Ana’s Woe évoque le malheur, la solitude et le décharnement ; il convoque la dépression comme un fil rouge. Et pourtant, par percées fulgurantes, c’est bien la lumière et l’espoir qui parviennent jusqu’à nous, à grand renfort de riffs lumineux et aériens, de passages au synthé qui enluminent la structure et de cassures liées aux riffs féériques ou littéralement heavy qui bouleversent la progression, voulue linéaire et monolithique. Ces aspects oniriques et poétiques se retrouvent à l’identique sur Walk in Shadows. Son départ sombre, menaçant, fait place assez rapidement à une profondeur mélodique majestueuse, qui s’étend comme une ombre au soleil et recouvre presque toute la structure, accaparant l’espace sonore jusqu’à l’intervention de riffs de nouveau solaires et aériens, comme tournoyants dans les airs, simplement accompagnés de quelques notes de piano plus fragiles.

Le dernier tiers ne dépareille pas. Il conclut l’album sur des titres quasiment de synthèse, davantage axés sur le death et les solis heavy ou à l’inverse sur le doom et l’atmosphère. Forcefield revient ainsi sur les aspects plus death du combo mais sans négliger les mélodies porteuses d’ambiances nocturnes. Le rythme est plus enlevé, la dynamique également, souvent portée par des solis heavy incisifs et une rythmique plus saccadée. Angels with Broken Wings, le morceau le plus long, prend l’exact opposé pour dérouler son propos, axant davantage son univers sur le doom et la mélodie pour délivrer une clôture d’album somptueuse, les notes graciles de violon et de piano qui ouvrent le morceau guidant d’emblée l’oreille de l’auditeur sur ce qui l’attend par la suite, comme pourrait le faire un My Dying Bride par exemple. L’ensemble est lent, mélancolique et porté par un souffle nostalgique majestueux, qui semble étirer le titre.

Hortus Venenum est un album magnifique, qui restera gravé dans le doom 2024 comme étant un grand cru, parmi d’autres. S’il synthétise souvent la carrière des Hollandais, il montre également à quel point leur science de la composition est élevée. Pour notre plus grand bonheur.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Officium Triste
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs :   -
Webzines : (2)  7.22/10

plus d'infos sur
Officium Triste
Officium Triste
Doom Death - 1994 - Pays-Bas
  

tracklist
01.   Behind Closed Doors
02.   My Poison Garden
03.   Anna's Woe
04.   Walk in Shadows
05.   Forcefield
06.   Angels with Broken Wings

Durée : 41:02

parution
6 Septembre 2024

voir aussi
Officium Triste
Officium Triste
Mors Viri

2013 - Hammerheart Records
  
Officium Triste
Officium Triste
Reason

2004 - Displeased Records
  

Essayez aussi
Paradise Lost
Paradise Lost
Obsidian

2020 - Nuclear Blast Records
  
October Tide
October Tide
Tunnel Of No Light

2013 - Pulverised Records
  
Grief Symposium
Grief Symposium
Monolithic Dark Metal (Démo)

2021 - Indépendant
  
Evoken
Evoken
Atra Mors

2012 - Profound Lore Records
  
Celestial Season
Celestial Season
Mysterium I

2022 - Burning World Records
  

Album de l'année
The Burning
Rewakening
Lire la chronique
Forced Entry
As Above, So Below
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Octobre 2026
Jouer à la Photo mystère
Combat Shock
Nightmare Fuel
Lire la chronique
HateSphere
Guillotine
Lire la chronique
Violent Omen
Locomotive of Chaos
Lire la chronique
Razorvoid
Into The Void
Lire la chronique
30 Years of Humanity is the Devil
Integrity + Ringworm + Worl...
Lire le live report
Dissimulator
Artifice Dissolves
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Octobre 2026
Jouer à la Photo mystère
Critical Defiance
Rivers Of Blood
Lire la chronique
Death Feast Open Air 2026
Annotations Of An Autopsy +...
Lire le live report
The Bleeding
Godless Communion
Lire la chronique
Miscreance
Reminiscence
Lire la chronique
Harlott
Exsequiis
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Septembre 2026
Jouer à la Photo mystère
Phantom Corporation / Catbreath
Commando / Die By The Claw ...
Lire la chronique
Crashdeath
Loverbone
Lire la chronique
Entretien avec CAGE FIGHT
Lire le podcast
Entretien avec DEATH DECLINE
Lire le podcast
Motocultor 2026 - Live Report
Lire le dossier
Exumer
Death Mask Messiah
Lire la chronique
Interview avec HEART ATTACK
Lire le podcast
La photo mystère du 1 Septembre 2026
Jouer à la Photo mystère
Ninth Realm
Damnation's Veil
Lire la chronique
Mucky Pup
Lemonade
Lire la chronique
D.R.I.
4 Of A Kind
Lire la chronique
Orph
Dead (EP)
Lire la chronique
Maidenhead
Maximum Clonage
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Août 2026
Jouer à la Photo mystère
Warthrash
No Light Shall Remain
Lire la chronique