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Depraver - Necrocryptic Obliteration
Chronique
Depraver Necrocryptic Obliteration
Je comptais faire les présentations avec les Américains de Depraver en 2021 après la sortie de leur split en compagnie de Vrenth mais ayant trainé à faire les choses, me voilà « contraint » de revoir mes plans afin de mieux coller à l’actualité. On va donc aujourd’hui s’intéresser au premier album de ce groupe originaire de Californie dont la carrière n’est pas aussi récente que le laisse suggérer ce statut de "premier album" puisque celle-ci a effectivement débuté il y a tout de même plus de dix ans (en 2012 pour être tout à fait exact).
Après trois EPs, un split ainsi que quelques changements de personnel, le groupe dans lequel on retrouve des anciens membres d’Encoffinized, Crematory Stench, Draghkar, Infested et Zealotry vient de sortir sur Iron Fortress Records sont tout premier album. Un disque intitulé Necrocryptic Obliteration et illustré pour la troisième fois consécutive par monsieur Chris Kiesling plus connu sous le pseudonyme de Misanthropic-Art (Asphyx, Attic, Black Hole Deity, Engulf, Grave Infestation, Nekrovault...). Ce dernier signe à cette occasion une œuvre plutôt convenue mais néanmoins toujours très sympathique grâce notamment à de chouettes couleurs et un petit côté bande-dessinée pour adultes qui a le mérite de changer un petit peu la donne. Côté production, c’est là encore un collaborateur de longue date qui s’y est collé puisque la tâche a une fois encore été confiée à Rollie Ulug (All Out War, Mortal Wound, Our Place Of Worship Is Silence, Tzompantli...) pour un résultat à la fois dépouillé, sombre et abrasif particulièrement adapté à la situation.
Si vous comptez parmi ceux qui n’ont encore jamais croisé la route de ces discrets américains, sachez que Depraver ne s’est pas fixé comme objectif de révolutionner le petit monde de l’underground mais comme tant d’autres avant lui (et comme tant d’autres à venir) d’y apporter simplement sa modeste contribution en ayant tout de même en tête d’être le plus efficace et le plus mémorable possible. Certes, on a évidemment connu plus ambitieux mais à l’écoute de ces quarante-trois minutes, ne comptez pas sur moi pour jouer les vierges effarouchées par cette absence flagrante d’originalité puisque pour le reste, vous verrez que je n’ai pas grand chose à lui reprocher...
Adeptes d’un Death / Thrash aux sonorités Black évidentes (à moins que ça ne soit l’inverse c’est-à-dire un Black / Thrash à fortes consonances Death Metal), les Américains vont avoir à cœur tout au long de ces huit nouveaux morceaux de se montrer particulièrement convaincant. Outre cette production effectivement taillée pour le job grâce à laquelle on va pouvoir rapidement s’immerger dans l’univers de Depraver, ce sont évidemment la qualité des riffs, les ambiances sombres et blasphématoires et la dynamique globale de ces quelques titres qui vont faire de Necrocryptic Obliteration une si belle réussite. Car s’il n’y a effectivement aucun génie dans la formule proposée par les Californiens, force est néanmoins de constater que ces derniers savent tout à fait comment s’y prendre afin de rendre chaque instant particulièrement efficace et convaincant.
Bien décidé à varier les plaisirs tout au long de ces quarante-trois minutes, Depraver fait ici le choix de compositions plutôt généreuses puisque cinq d’entre elles se situent tout de même au-delà des cinq minutes. Il y a donc pas mal de relief et de nuance dans la musique des Californiens qui, en effet, se plait à lever le pied en de nombreuses occasions. Des instants comme ceux entendus par exemple sur "Drowning In Eternal Woe" à 1:58, "Destruction As The Cause Of Coming Into Being" à 0:37, 1:32 et 2 09, les premières secondes de "Clandestine Metal Lab", "Pro Patria Mori" à 0:20 et son introduction façon char d’assaut ou "Surpassing The Flesh" et sa lourdeur suffocante, l’excellent "Instinct Of Self Preservation Reduced To Zero" qui permettent à la formation de changer de braquet, d’étoffer ses atmosphères en insufflant un soupçon de lourdeur morbide, d’apporter également une pointe de groove toujours très bien sentie et particulièrement irrésistible ou bien encore de laisser libre-court à quelques élans mélodiques fort à propos comme sur "Drowning in Eternal Woe" à 2:38, "Destruction As The Cause Of Coming Into Being" à 2:59, "Clandestine Metal Lab" à 3:53, "Pro Patria Mori" à 4:35, "Instinct Of Self Preservation Reduced To Zero" à 1:55...
A l’inverse, lorsque Depraver se laisse aller à ses accès de violence, le groupe californien ne fait absolument pas semblant ("Drowning In Eternal Woe" à 0:38, les premières mesures de "Destruction As The Cause Of Coming Into Being" puis une fois encore à compter de 1:52, "Clandestine Meth Lab" à 1:23, "Pro Patria Mori" à 2:26, "Surpassing The Flesh" à 4:17, "Instinct Of Self Preservation Reduced To Zero" à 1:21 et j’en passe...). Une intensité qui n’est pas sans rappeler (en tout cas chez moi) un groupe comme Necrovation que ce soit dans le riffing sombre et nerveux de monsieur Rat Kicker ainsi que dans ses vocalises arrachées et bardées de réverb’. Le jeu de batterie de Jake Ortiz (ex-Encoffinized, ex-Ingested) n’y est pas non plus étranger grâce à un très bon usage de ses cymbales, notamment à travers ces nombreuses frappes effectuées sur les cloches de ces dernières. Bref, un lien de parenté qui évidemment me convient très bien et apporte surtout un charme indéniable à la musique de Depraver.
Premier album particulièrement solide, Necrocryptic Obliteration ne devrait pas manquer de trouver son public parmi vous chers lecteurs et lectrices. Comme souvent, je me sens toujours un petit peu obligé de vous dire qu’il n’y a effectivement rien de bien nouveau à attendre d’un groupe comme Depraver mais hormis quelques personnes pour qui cela compte systématiquement, nous sommes nombreux à nous accommoder de ce manque évident d’originalité. En tout cas, ce n’est pas ce point qui m’empêche aujourd’hui et m’empêchera lors de mes prochaines écoutes d’apprécier comme il se doit ce premier jet longue-durée tout à fait recommandable pour qui aime son Death Metal mâtiné de Thrash et de Black Metal. Aussi, si vous ne l’avez pas encore fait, je vous invite à glisser une oreille ou deux à la musique des Californiens, vous ne devriez pas avoir à le regretter.
| AxGxB 25 Mars 2025 - 321 lectures |
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