Plus de sept-cent trente jours se sont déjà écoulés depuis la sortie d’
Ultime Grida Dalla Giungla en novembre 2023. Deux années durant lesquelles Il Becchino (chant, guitare) et Il Beccamorto (guitare, basse, programmation) ne sont évidemment pas restés se tourner les pouces puisque sous le nom de Tenebro les deux garçons ont en effet sorti un single (
Paura), un split en compagnie des Américains de Mortuary Ghoul (
Dellamorte), deux EPs (
La Bestia Dell'isola Maledetta et
Inferno Contaminato) ainsi qu’une compilation regroupant justement une partie de ces titres mais pas que (
Uomo Mangia Uomo). À ce programme déjà relativement chargé, il convient d’ajouter désormais
Una Lama D’Argento, un troisième album paru la semaine dernière non pas sur Xtreem Music comme ce fût le cas pour les deux disques précédents mais chez leurs compatriotes de Time To Kill Records chez qui était Fulci avant son départ l’année dernière chez 20 Buck Spin.
Comme le suggère sans trop de mystère le titre de ce troisième album,
Una Lama D’Argento va rendre hommage au scénariste et réalisateur Dario Argento à qui l’on doit quelques monuments du cinéma italien et du Giallo en particulier (Suspiria, Phenomena, Inferno, Tenebre...). Un hommage rendu dès l’illustration au centre de laquelle on peut apercevoir une jeune Jennifer Connelly (c’est bien l’actrice de Requiem For A Dream, Career Opportunities, Dark City, Labyrinth ou Hot Spot qui tient le rôle principal dans Phenomena) entourée pour l’occasion d’une galerie de personnages et autres créatures issus des œuvres cinématographiques du célèbre réalisateur italien. Une œuvre en forme de patchwork que l’on doit au Colombien Julián Felipe Mora Ibáñez avec qui le duo a déjà collaboré par le passé, notamment pour l’illustration de l’excellent
Ultime Grida Dalla Giungla.
Justement très emballé par ce deuxième album malgré un manque d’originalité évident (Mortician, Impetigo et Necrophagia en tête de gondole des influences les plus criantes), j’attendais évidemment beaucoup de ce successeur après de menues sorties sympathiques mais tout de même un poil moins marquantes. Malheureusement, je n’arrive pas (en tout cas pour le moment) à m’enthousiasmer outre mesure par ce que j’entends en dépit d’écoutes attentives visant évidemment à corriger le tir...
Composé de onze nouveaux morceaux pour une durée raisonnable d’environ quarante minutes,
Una Lama D’Argento reste fidèle au modus operandi déroulé par Tenebro depuis 2019 et sa reprise d’activité officielle. Dès lors ce sentiment de déception que j’éprouve à l’égard de ce nouvel album n’a donc rien à voir avec un quelconque changement de cap artistique que le groupe aurait mené avec plus ou moins de réussite mais plutôt à des compositions qui me semblent tout simplement bien moins mémorables et efficaces que par le passé… Certes, le duo a su conserver une partie de ce qui faisait son charme à commencer par ce growl glaireux et particulièrement chargé ou bien encore ce groove de babouins illettrés que l’on sent pointer plus ou moins efficacement sur chaque composition ou presque ("Inferno" à 1:38 et 2:51, "Sangue Sui Muri" à 2:54, "Lo Specchio... Omicida." à 0:35 et 1:51, "Il Corpo Come Spartito" et ses premiers riffs chaloupés, "Piume Rosse" à 2:02, "Appare La Bambola, Poi La Lama" à 1:36, "Larve Affamate" à 2:27...) mais bordel, où sont les riffs ultra-efficaces qui jusque-là allaient avec ?
Portés disparus, ces derniers ont laissé leur place à des riffs toujours aussi épais, toujours aussi rudimentaires, toujours aussi répétitifs mais désormais foutrement plus quelconques... Alors non, on ne parlera pas de naufrage parce que l’écoute de
Uomo Mangia Uomo n’est pas non plus ce que l’on peut appeler un calvaire mais la vérité est que je ne m’attendais pas à voir Tenebro régresser de la sorte. Outre ces quelques passages chaloupés évoqués plus haut, certaines séquences, notamment lorsqu’elles sont auréolées d’un lead mélodique ("L’Angelo Caduto Tra Le Luci Del Teatro" à 0:25, "Sangue Sui Muri" à 0:17, "Nel Sonno Della Veggente" à 0:37) ou menées pied au plancher ("L’Angelo Caduto Tra Le Luci Del Teatro" à 1:54, "Impiccata" à 2:16, "Piume Rosse" à 0:22, "Appare La Bambola, Poi La Lama" à 0:47), conservent un certain degré d’efficacité mais dans l’ensemble ce troisième album se situe tout de même bien en deçà de ses deux prédécesseurs et cela quoi qu’en disent les petites mains du label avec leur texte promotionnel placardé sur Bandcamp :
"With “Una Lama D’Argento”, TENEBRO take their most extreme and visionary step yet". Bah non, désolé les gars, mais en ce qui me concerne c’est loin d’être l’extase. Un riffing dans l’ensemble bien moins captivant qui me fait dire qu’il serait peut-être judicieux que nos deux croquemorts ralentissent un petit peu la cadence, prennent le temps de se poser et reviennent à des compositions plus redoutables et efficaces que celles présentées ici...
J’aurai aimé vous dire le contraire mais non, ce troisième album des Italiens de Tenebro s’impose effectivement comme une véritable déception, se plaçant d’ailleurs parmi les plus cinglantes de cette fin d’année. Pourtant, rien n’a véritablement changé dans ce Death Metal chaloupé et horrifique qui pue toujours autant le cimetière et la putréfaction. Alors quoi ? Eh bah rien, juste que sur ces quarante minutes que dure ce nouvel album, rares sont les riffs et même les séquences sur lesquelles ont va finalement parvenir à réellement s’enthousiasmer... L’ensemble n’est ainsi pas désagréable pour qui goûte à ce genre de Death Metal sur fond de thématiques horrifiques mais d’un bout à l’autre il n’y a rien de particulièrement remarquable non plus... Tant pis, ce sont des choses qui arrivent. Espérons maintenant que le groupe soit capable de corriger le tir sinon quoi Fulci sera alors le seul à prétendre pouvoir défendre en musique le cinéma d’horreur italien sans tomber dans le générique...
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