Souvenez-vous, j’ai fait la chronique du premier album de
MORTE FRANCE il y a deux ans. J’y expliquais qu’il s’agissait d’un trio composé de trois personnes : deux Français et un Canadien, à savoir Kval aux vocaux et aux guitares, Taur à la basse et Ghmur à la batterie. Eh bien, il n’y a aucun changement de ce côté-là. Pas davantage du côté du label d’ailleurs, puisque c’est une nouvelle fois Antiq Records qui a pris le groupe sous son aile.
Hesperia contient en outre exactement le même nombre de pistes que
Souveraineté radiale : sept. Leur durée est également très similaire, permettant à cette nouvelle sortie d’atteindre 41 minutes, soit seulement deux de plus que son prédécesseur.
Et musicalement ? Eh bien là encore, la plupart des éléments sont de retour. Mais avant d’entrer dans les détails, je voudrais m’attarder sur les vocaux, tout simplement parce que j’avais été très critique à leur égard la dernière fois. Je vais l’être à nouveau, mais seulement en partie, et uniquement lorsque leur timbre est trop clairement orienté « death ». Par rapport à l’opus précédent, cela concerne toutefois moins de passages. À l’inverse, je suis complètement sous le charme des voix lorsqu’elles se libèrent totalement, lorsqu’elles hurlent sans retenue, lorsqu’elles versent davantage dans le dérangeant. Par exemple, je ne supporte pas la première moitié de « Europa Aeterna », et pourtant je fonds littéralement sur la seconde. Même constat pour « Lux Meae », idem pour « Waldganger »… Cela dit, si je critique ces timbres trop typés, je n’aurais pas non plus apprécié que l’ensemble des vocaux soit uniforme. Je valide évidemment les variations, mais j’aurais personnellement préféré qu’un second chanteur prenne en charge les passages qui m’ont laissé plus froid.
D’ailleurs, on note la présence d’une invitée sur un morceau : une voix particulièrement connue de la scène française, celle d’Audrey Sylvain (
MALENUIT). Elle apparaît sur « Hesperia », un titre qui a également la particularité d’intégrer des éléments électro-synthétiques. Sa voix se reconnaît immédiatement, toujours aussi douce et mélancolique. Ces trois minutes, placées en quatrième position, permettent de couper l’album en deux de manière très pertinente.
Musicalement, les compositions se montrent efficaces, avec un black metal entraînant qui galope tout en laissant beaucoup d’espace aux mélodies. Leur plus grande qualité réside sans aucun doute dans leur richesse. Non seulement les morceaux ne se ressemblent pas - tout en restant parfaitement cohérents - mais ils se révèlent aussi particulièrement évolutifs, sans jamais perdre en naturel. C’est un véritable plaisir de découvrir et de comprendre progressivement ces titres et leurs nombreux détails. Le groupe parvient en outre à créer de véritables ambiances « historiques », nous plongeant dans une Europe ancienne qui semble encore survivre quelque part au fond de nous. Pour ceux qui ne le sauraient pas, « Hesperia » est le nom antique de l’Occident, « Kyrie Eleison » est une prière très ancienne signifiant « Seigneur, prends pitié », et « Fernweh » est un mot allemand faisant référence à un désir douloureux d’ailleurs.
Au final,
Hesperia s’inscrit clairement dans la continuité de Souveraineté radiale, tout en améliorant certains aspects et en osant quelques variations bienvenues.
MORTE FRANCE confirme ainsi son identité et sa vision, livrant une œuvre exigeante, immersive et profondément habitée.
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