En 2022,
MORTE FRANCE s’est dévoilé pour la toute première fois avec un EP de 5 morceaux sorti sur le label ukrainien Archaic Sound, principalement connu pour accueillir depuis de longues années notre ami
ARS MORIENDI. Mais contrairement à ce dernier, ce groupe-là a bien vite changé de maison, et c’est notre fierté nationale Antiq Records qui propose son premier album, au nom et au visuel bien marquants :
Souveraineté radiale. Et c’est vrai que déjà on peut être soit conquis soit perplexe devant le choix de la pochette. Les amateurs d’art et de mythologie auront sans doute reconnu la statue « Hercule combattant Achéloüs métamorphosé en serpent », sculptée en 1824 par François Joseph Bosio et exposée au musée du Louvre. Personnellement j’apprécie le résultat, en grande partie parce qu’il me semble représenter efficacement la fougue, la colère et l’esprit de conquête omniprésents sur ces 39 minutes de jeu.
Le trio, composé du chanteur-guitariste français Kval, du bassiste tout aussi français Taur et du batteur canadien Ghmur, ne fait effectivement pas du tout dans la dentelle. Ses 7 morceaux suent la haine dans une atroce odeur de rebellion. Car il fait la constatation, comme beaucoup d’autres groupes, que le monde et surtout la société des humains ne font que dépérir. Mais au lieu de chouiner dans son coin,
MORTE FRANCE se débat et met toute son énergie dans le combat. Un combat qui est sans doute perdu d’avance mais doit-on se résigner face à l’impossible ou mourir en ayant montré sa bravoure et sa fierté jusqu’au bout ?
Le black metal de
MORTE FRANCE est très emballé, et presque constamment emporté au galop, mais il ajoute également beaucoup de mélodies épiques, qui apportent un côté tragico-dramatique. C’est particulièrement réussi de ce côté-là, et aucun morceau n’est en dessous des autres. Mais attention, il y a un élément déterminant qui va entraîner l’amour ou le dégoût de cet album. Un élément qui est à la fois un énorme atout et un défaut majeur... Les vocaux ! Kval est un très bon chanteur. C’est une évidence. Mais voilà, il a pris des décisions fortes et marquantes qui pourront déplaire. Et qui m’ont déplu... En fait c’est surtout son choix de prendre un timbre très cru et hurlé qui ne me convient pas. Même si j’apprécie que les paroles soient compréhensibles (surtout quant un poème de Gérard de Nerval est utilisé sur « Meurs et deviens »), ce type de vocaux me tape vite sur le système, et ce ne sont pas les écoutes répétées qui m’ont aidé à m’y faire. Si c’était sur moins de passages, je m’en accomoderais sûrement, mais c’est presque sur toute la galette que mes tympans sont brisés. Ce qui est fou par contre, c’est que lorsqu’un autre timbre est utilisé, je deviens automatiquement ultra-réceptif. Les vocaux clairs volontairement approximatifs sur « L’âge du loup », je suis emporté. Pareil avec la dernière minute de « Debout au milieu des ruines » qui impose une tension impressionnante !
Alors au final, je reste un peu mitigé, avec une musique d’excellente facture, mais des vocaux qui ne me correspondent pas la plupart du temps... J’ai beaucoup repensé au premier album de
VEHEMENCE pour le coup... Cela n’affecte cependant la note que légèrement, car il se peut bien que certains d’autres vous tombent sous le charme des timbres de notre homme...
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