2026 vient à peine de débuter et il va falloir que je me dépêche de vous causer du dernier album de Werewolves, paru en septembre dernier chez Back On Black. D’une part parce que je n’avais déjà pas pris le temps
(montre tes doigts vilain !!) de vous parler de son excellent prédécesseur « Die For Us » et surtout d’autre part parce que si le groupe continue sur la lancée qui est la sienne depuis maintenant six ans d’existence, son successeur devrait arriver en cours d’année. Oui cela semble être le leitmotiv de Werewolves, un album tous les ans : « The Dead Are Screaming » (2020),
« What A Time To Be Alive » (2021), From The Cave To The Grave » (2022), « My Enemies Look And Sound Like Me » (2023), « Die For Us » (2024) et donc « The Ugliest Of All » (2025). Six albums d’une qualité assez irréprochables pour qui aime le style et malgré tout on entend assez peu parler de Werewolves. Ce n’est pourtant pas la faute à un line-up de sombres inconnus puisque le trio de Melbourne est composé (sans aucun changement depuis 2019) de David Haley à la batterie (Psycroptic, Abramelin, The Amenta, Ruins…), Matt Wilcock à la gratte (Abramelin, The Berzerker) et Sam Bean au chant / basse (The Berzerker, The Senseless, ex-Mithras…), les trois gus officiant également sous la même forme avec le groupe de black Faustian. Bref un pedigree loin d’être dégueu mais qui n’a pas suffi à hisser le combo en haut de l’affiche.
Alors ce sixième opus va-t-il permettre à Werewolves d’enfin franchir un cap et squatter les podiums de bilan 2025 ? Probablement pas, néanmoins il s’agit là encore d’une très chouette sortie des Australiens. Je dis probablement pas car globalement ce « The Ugliest Of All » se situe dans la droite lignée de ses aînés sans véritable changement dans son style toujours aussi intense et piochant allègrement dans tout ce qui se fait de mieux en matière de metal extrême. En effet il est un peu difficile d’apposer une étiquette simple à la musique de Werewolves, mixture mélangeant death metal, black metal, brutal death, thrash, grindcore, n’en jetez plus ! Un mélange détonnant qui sur le papier pourrait enfanter du meilleur comme du pire, heureusement on se situe bien ici dans le meilleur, car si le trio bouffe un peu à tous les râteliers il le fait avec goût et maîtrise. En effet malgré toutes ces influences (qui certes restent du côté extrême de la force) jamais les compos ne sonnent brouillon ou fourre-tout bien au contraire l’ensemble affichant une grande cohérence du début à la fin (cela pourrait même leur être reproché on y reviendra). Évidemment à ce tarif là attendez-vous à vous faire lacérer les cages à miel avec des gros blasts des familles mais pas que, la section rythmique étant, à l’instar du riffing, extrêmement protéiforme alliant aux blasts moult rythmiques plus ou moins véloces aux accents parfois thrashy voire groovy, tandis que Matt Wilcock nous confectionne des riffs acérés oscillant globalement entre death aux accents black (avec de nombreux tremoli cinglants), brutal death et passages au groove plus marqué. L’ensemble étant une sorte de magma bouillonnant évoquant aussi bien Angelcorpse (le début de « Fools Of The Trade »), que Misery Index (le début de « Slaves To The Beast »), Benighted sur les passages les plus groovy (mais la comparaison paraissant encore plus pertinente avec « Ekbom » et ses accents black lui aussi), Anaal Nathrakh pour l’aspect mixture extrême implacable, quand l’intensité de ce côté très
in your face ferait presqu’ évoquer Nasum. Bref ça ne fait pas dans la dentelle vous l’aurez compris. Et ce ne sont pas les vocaux de Sam Bean, entre éructations malsaines et growl bien caverneux, qui amèneront une quelconque finesse.
Comme je le disais plus haut, malgré ce côté gloubi-boulga extrême, les neuf titres assénés ici offrent une grande cohérence (tous les titres tournent d’ailleurs aux alentours des 3’30 – 4’) et la musique des Australiens fait finalement montre d’une assez grande fluidité et garde toujours un côté accrocheur fort appréciable. Pour autant il faut avouer que les titres se révèlent un peu interchangeables et globalement « The Ugliest Of All » n’apportera rien de bien nouveau sous le soleil australien, ce qui me faisait dire il y a quelques lignes que ce nouvel opus ne changera probablement pas la donne pour le groupe en terme de notoriété mais je serais ravi de me tromper là-dessus car franchement malgré ce petit défaut de redondance il faut avouer que lorsque le groupe envoie sérieusement la purée comme sur une « The Enshittification » absolument dantesque, c’est vraiment un pur régal ! D’ailleurs je trouve que l’album ne décolle vraiment qu’à partir de cette cinquième piste (ou de « Unoriginal Sin »), l’entame de « The Ugliest Of All » étant à mon goût un peu en dessous de la suite
Ponctué comme ses prédécesseurs par de nombreux passages parlés (extraits de films?) de gens un peu énervés mais assez rigolos et habillé encore une fois d’une magnifique cover toute en finesse de Mitchell Nolte, « The Ugliest Of All » ne révolutionnera ni le genre ni même la discographie de ses géniteurs, pour autant il serait bien malheureux pour tout amateur de metal extrême de laisser de côté cet album et ce groupe qui réussit une synthèse extrême assez jouissive et sans pitié. En attendant une suite qui ne devrait, en toute logique, pas trop tarder.
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