Death Reich - Stockholm Syndrome
Chronique
Death Reich Stockholm Syndrome (EP)
Le syndrome de Stockholm est un phénomène psychologique étrange qui peut se produire quand une victime développe durant sa captivité de l’empathie voire de la sympathie envers son geôlier ou bourreau, et c’est sous ce nom que revient aujourd’hui le quintet d’Uddevalla avec un format qu’il apprécie particulièrement. Car deux ans après le très sympathique
« Disharmony » (qui montrait un passage réussi sur une durée plus longue) le combo visiblement loin d’être prêt pour un nouvel album complet a donc décidé de revenir aux affaires avec un Ep (le troisième de sa carrière) aussi expéditif que les précédents, vu qu’en à peine plus d’un quart-d’heure et cinq morceaux l’ensemble est déjà terminé. Néanmoins comme les précédents le résultat ne va pas décevoir et se montrer absolument implacable et inspiré, avec toujours ce bon vieux gros Death rugueux de derrière les fagots, où ça tabasse vertement avec une écriture simple et directe où ça ne s’éternise jamais en longueur… et rester dans la droite ligne musicale de ce que les vieux briscards locaux nous proposent depuis leurs débuts.
De toute façon c’est exactement ce qu’on recherche et le ton va être immédiatement donné avec le brutal et implacable « Suffer » au nom prédestiné, vu qu’après quelques roulements martiaux ça va être un long déluge de blasts et de pointes de vitesse qui vont se faire entendre sur fond de production rugueuse et acérée particulièrement efficace. C’est donc intense, frontal, sans concessions et aéré juste ce qu’il faut par de courts passages au ralenti histoire de secouer la tête fermement, avant de mieux repartir à l’assaut sous les lignes ennemies… un schéma que le tout aussi impeccable « Defy The Cold » va reprendre avec la même réussite, tout en poussant plus loin la radicalité vu que c’est encore plus primitif du côté de l’exécution et explosif de tous les côtés. En effet ici ça mitraille en continu et offre donc un déchainement de violence impressionnant, sans pour autant être lassant vu que ça oscille entre parties débridées à outrance et mitraillage bas de plafond pour éviter tout sentiment de redondance, avec toujours cette volonté redoutable de ne pas trop en faire… offrant donc la plage la plus incandescente et virulente de cette livraison. Car la suite sans relâcher la pédale d’accélérateur va se montrer plus équilibrée et dense avec en prime un groove dévastateur, en premier lieu sur l’excellentissime et court « Stockholm Syndrome » qui malgré sa durée éphémère va proposer tout un panel technique intéressant en ne cessant de jouer les montagnes russes. Ça mise donc sur le grand écart avec un équilibre des forces constant… ce que « Haters » qui s’enchaîne juste après va reprendre avec le même brio, en accentuant ici le côté MORBID ANGEL tant ça montre des accents rampants et suffocants à la noirceur exacerbée. Mettant là aussi quelques passages virulents redoutables le rendu général offre une opacité imposante bienvenue pour souffler un peu au milieu de cette tornade furieuse, tout cela avant que ne déboule l’impeccable « Meat Grinder » au dynamisme fortement marqué sans que les accents massifs ne soient oubliés entre deux rasades de matraquage, pour un dernier moment d’équilibre insaisissable qui confirme tout le bien de l’entité suédoise.
Car poursuivant ses aventures déjà très engageantes cette livraison montre ses auteurs au sommet de leur forme et dont l’expérience fait mouche encore une fois, vu que cette musique sans chichis et à l’ancienne a suffisamment d’arguments pour plaire au plus grand nombre et faire ainsi patienter avant on l’espère un prochain long-format qui risque de faire très mal. Simple mais jamais simplissime ce nouveau cru est à l’instar de ceux qui l’ont précédé d’un niveau élevé, et même si ça manque toujours de compositions vraiment mémorables (vu qu’on a régulièrement cette sensation que ça repique les mêmes éléments à gauche et à droite) on s’enfilera cela aisément d’une seule traite et de façon régulière, preuve donc que galette sans prétentions mais aux nombreux arguments a de quoi séduire même les fans les plus exigeants. Ceux-ci sauront en effet se contenter de cela tant ça suinte la sincérité en permanence sans effets sonores dégueulasses ni déluge de notes à vomir, et c’est tout ce qu’on demande à un disque de ce registre certes calibré mais qui ne fait pas dans la dentelle avec un vrai respect pour le travail accompli en amont.
DONNEZ VOTRE AVIS
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
AJOUTER UN COMMENTAIRE
Par Jean-Clint
Par Sosthène
Par Keyser
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Jean-Clint
Par xworthlessx
Par Ikea
Par AxGxB
Par Jean-Clint
Par Sosthène
Par Lestat
Par Krokodil
Par Niktareum
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint