Excellent
comeback en ce début d’année 2026 puisque
SAD WHISPERINGS, pionnier du moins aux Pays-Bas de ce savoureux
doom death metal atmosphérique, ressuscite plus de trente ans après la parution de
Sensitive to Autumn (1993), un disque aujourd’hui tombé dans les oubliettes de l’histoire mais dont la pochette ravit encore l’œil artistique moqueur. Les mots me manquant pour en parler, j’aime autant la mettre ici, pour le plaisir.
Allez, soyons honnêtes, qui ici avait déjà entendu causer des Néerlandais ? Pas moi déjà, apparemment ils marchaient sur les traces encore fraiches de
THE GATHERING à l’époque où ça jouait encore du
metal et, à la différence de ce dernier, notre quintette du jour a su rester fidèle à cette noble ligne de conduite. Conséquence immédiate :
The Hermit ressemble en tous points au disque qui aurait dû exister en 1995 au lieu de voir la bande s’engluer dans trois démos successives la menant poussivement jusqu’en 2003. Une lente agonie qui pris fin en 2023 grâce à la sortie d’une compilation (
Return to Autumn) puis de l’EP
Strategy of Tension (2025).
Ainsi, ces huit compositions sonnent réellement comme étant hors du temps. Tellement hors du temps d’ailleurs que je vais devoir invoquer
SPINA BIFIDA (au bifida actif) et
CELESTIAL SEASON pour rendre compte le plus justement possible de ce que contient l’album. Oui, nous savourerons le vrai pur
doom atmo des années 90, fragilement mélancolique, sachant également se montrer viril mais correct, oui le
growl se fera du plus profond de la gorge, oui l’ensemble s’avèrera aussi douillet et réconfortant qu’une potée au chou de grand-mère.
Pourtant, et c’est là l’une des forces du LP, les quarante minutes n’ont jamais l’air désuètes. Aucun anachronisme n’est à signaler car entre hier et aujourd’hui, ce genre musical n’a que très peu évolué pour ne pas dire qu’il a religieusement stagné. De plus, le groupe n’oublie pas de dynamiser son approche, « Angry Hermit » progressant sur un tempo presque
speed au regard des ambitions globales de ce retour lumineux. Également, j’avoue particulièrement apprécier le fait que les arrangements (cordes, piano, voix féminines, etc.) qui font généralement toute la spécificité du style soient ici quasiment absents, les musiciens se concentrant sur l’instrumentation la plus classique du
metal pour la restitution la plus pure possible de leur inspiration. Cela fonctionne, totalement. Nul besoin de masquer l’indigence du contenu par des orchestrations grandiloquentes (je ne vise personne), les structures sont suffisamment solides pour se suffire à elles-mêmes.
Néanmoins, c’est bien dans la pesanteur que le groupe offre son plus beau visage, dans la clarté des guitares (la longue introduction de « Universe 25 »), alors que les passages plus basiquement
death metal, presque grossier dans ce contexte poétique, ne font finalement que réaffirmer la suprématie des Néerlandais sur leur terre, la concurrence ayant de toute façon totalement disparu. En revanche, pourquoi est-ce que je sens une influence
TOOL au cours de « Forever War » (toute la partie de guitare rythmique à partir de 01:24) ? Bizarre…
Enfin, je ne devrais pas vraiment être surpris par la qualité des compositions. En effet, les types ont tous eu des carrières bien remplies dans des registres divers (
thrash technique,
brutal death,
stoner), la maîtrise de l’instrument n’est pas un sujet de même que la capacité à écrire des titres accrocheurs. Mais parvenir à restituer ainsi l’esprit d’une époque, l’atmosphère, sans tomber dans les clichés ou le passéisme vulgaire, c’est une performance qui mérite d’être saluée, en espérant juste qu’une suite soit donnée à
The Hermit dans les prochaines années.
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par AxGxB
Par DEMONIKA
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Sosthène
Par Keyser
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Jean-Clint
Par xworthlessx
Par Ikea
Par AxGxB