chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
77 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Nervosa - Downfall of Mankind

Chronique

Nervosa Downfall of Mankind
C'est douloureux.
Souvenez-vous : pour NERVOSA, j'avais été plutôt enthousiaste, après les avoirs vues en concert l'année dernière, j'avais chroniqué coup sur coup Victim of Yourself et Agony. Si le premier m'avait laissé sur ma faim, avec une musique qui peinait à trouver un ensemble pertinent et fort malgré quelques tubes bien sentis, le deuxième m'avait plutôt emballé, et j'étais confiant en voyant que des efforts avaient été apportés quant à la rigueur dans les transitions, la volonté de groover sec avec des riffs accrocheurs et marqués et, surtout, un allègement de la longueur de morceaux qui étaient beaucoup trop longs auparavant.
Parce que NERVOSA, sur leur premier album, avait énormément de mal à faire concis, et ça se répétait pas mal.
J'avais donc dit qu'avec cette progression, le trio était pressenti à proposer une nouvelle fournée encore plus redoutable d'efficacité.

Je le répète : c'est douloureux. Et assez incompréhensible.
Dès les premières notes, j'ai senti un retour au style brut, direct et sans concession du premier, sans vraie mélodie marquante. Perso, au bout de 2 minutes j'en ai déjà marre. L'ensemble de l'album semble se faire en mode automatique sur le schéma suivant : - intro de quelques secondes pour faire genre
- un riff qui se veut agressif sous une batterie crispée et crispante qui reste bloquée sur la caisse claire, alors que la basse fait juste une base
- un couplet où ça crie pour faire vicieux et hargneux mais en fait non
- des refrains où on se contente de brailler le nom du morceau
- on change de plan mélodique sans trop se mouiller non plus
- un solo qui fait se dire « ah, pas mal là »
- et retour sur la bouillasse basée sur les deux plans qu'on a déjà entendus, tu fais ça deux fois et voilà ton morceau de 4 minutes bien calibré façon NERVOSA.

Ça me fait mal de balancer ce genre de choses, mais rien ne vient contredire ce genre de schéma ! Dès « Nerver Forget, Never Repeat », tu as tout ce qui me dérange dans ce disque : ça tourne en rond dès la première minute à cause de ces riffs mous et sous-mixés. Quand ça doit envoyer, ça manque de punch à cause d'une caisse claire omniprésente et envahissante, et quand ça doit être plus mid-tempo, l'ensemble ne percute pas, ça manque de groove.
En revanche, les solos jouissent d'un soin particulier, ils sont bien fichus et utilisent des effets pour ajouter de la diversité, comme des échos, de la réverb etc. Mais les parties instrumentales pour faire jonction , quant à elles, sont utilisées ad nauseam. Non, mais 4 minutes 40... En 2 minutes 30 c'était plié ! Tu le sens lorsqu'à 2:18 le blast semble totalement artificiel, il est juste là pour répéter le premier couplet.
Puis, mince, niveau lyrics ça tourne en rond autour des mêmes thèmes sur l'ensemble de leur discographie, mais également dans l'album c'est « bah on répète un couplet, pas de problème, et le refrain sera juste un mot ou une phrase, c'est dans la boîte ». C'est ce que tu trouves dans « Vultures »... Bon sang ce refrain... « Vultuuuures ! Vultuuuuures ! » … Sans commentaires : c'est tout ce que j'aimais pas chez NERVOSA dans Victim of Yourself. Malgré la touche pseudo-Thrash Black à un moment, ça ne prend pas, ça reste brouillon, on a deux-trois idées qu'on enchaîne encore et encore. La nausée.

Je parlais des solos. Ils sont bons pour la plupart, y a pas à dire. Mais ils sont coincés dans un marasme bordélique et répétitif. Si « Horrordome » n'est pas mauvaise, car ça balance bien et la basse ajoute une touche, je trouve que ça manque de structure forte, quand bien même la guitare essaie d'apporter une touche massive (sans compter le refrain, hein, on fait que gueuler le nom du morceau...).
Idem pour toutes les quelques bonnes idées qui arrivent : elles sont noyées dans le reste. Dans « Fear, Violence and Massacre », l'intro fonctionne et dès que ça chante, ça m'est insupportable : ce son de batterie, je ne m'y fais pas, c'est trop mécanique, sans aucune forme de diversité ni de variation. Ça passe d'un plan à l'autre de façon crispée. Je n'y trouve aucune fluidité, moi qui apprécie la double qu'on peut décortiquer, les descentes de toms fracassantes et le tchouka-tchouka qui donne du groove à l'ensemble. Ce que peut faire une batterie issue de HEATHEN ou KREATOR old-school.
Puis les parties où l'instru reste sur un même plan alors que le chant vient, s'arrête et reprend sans que ça ne bouge derrière : faîtes au moins semblant d'en avoir quelque chose à faire ! C'est typiquement le genre de phases que je trouve paresseuses.

Voilà, je dirais que « paresseux » est le mot. Alors, l'ennui et la somnolence m'envahissent à l'écoute de ce Downfall of Mankind. Tout s'enchaîne sans que l'on se sente impliqué, comme « Enslave » et son Thrash straight-forward sur l'auto-route, bien lissé pour éviter les à-coups, à cause d'une redondance dans l'écriture, de la basse qui fait rien de spécial et l'absence de rythmiques fortes. Ça veut tenter le Thrash brutal, avec une mise en place en montée et voilà le pay-off avec du blast, mais je n'y crois pas un seul instant, je n'arrive pas à ressentir quoi que ce soit. C'est sensé monter : pour moi ça reste au même niveau. Car cette montée en blast ne conduit pas à quelque chose d'autre ou de différent, le chant reste statique, l'instru dans la même constante. Quand ça monte, je veux du changement. Rien ici. Et le solo qui vient au pif, dommage car il est bon ! Et on en vient à un headbang part aussi gratuit que peu efficace : ben ouais, je m'ennuie moi.
Alors, ça va essayer une touche Crossover dans « ...And Justice for Whom ? », avec une gratte légèrement Punk Hardcore. On aura enfin la voix de la guitariste pour ajouter une dose de hargne et d'agressivité. Seulement, c'est trop long, tu allais jusqu'au solo, après tu allais vers une autre rythmique plus vénère, en deux minutes c'était parfait. Mais non, on refait un couplet, un refrain et on fait traîner … Quel dommage !

Je comprends l'intention de vouloir être direct et vicieux (la fin de Vultures notamment), le tout sans concession – et ceux qui aiment le Thrash qui se fout de la composition pourront trouver leur compte là-dedans, même si je trouve la prod molle au possible. Mais c'est juste maladroit, ça s'embourbe tout seul, les idées semblent jetées comme ça sans lien solide, comme dans « Kill the Silence », il y a des éléments qui auraient pu fonctionner, mais non, ça s'écroule, surtout avec ce finale ridicule.
Cet album, pour moi, c'est une expérience ratée, un pantin désarticulé : sans colonne vertébrale avec des mélodies bien fichues et des transitions solides, ça se tient de manière peu assurée, gesticulant sans trop savoir quoi faire de sa structure malléable et fragile. Il y en a sans doute qui vont apprécier ce côté « je m'en foutiste », et se dire « voilà un groupe qui ne triche pas ». Ouais, c'est comme un gamin qui rend copie blanche, le sourire aux lèvres : ce disque est provocateur, dans le sens où, tandis que le Thrash revival nouvelle vague peut être complexe et riche, là il fait le service minimum.
Mais quand ça fait deux fois qu'on dit « c'est pas mal, mais tu peux faire mieux » et le troisième coup c'est fait avec encore moins de rigueur, eh bien tu lâches prise. C'est simple, cet album m'a fatigué, le chroniquer a été une épreuve : dès le premier titre j'ai voulu abandonner. C'est une réelle déception.
Écoutez AFFRONT ou les antibois de SWARM, niveau Thrash qui tabasse et qui groove, c'est bien plus agréable et varié.


DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

2 COMMENTAIRE(S)

MoM citer
MoM
03/06/2018 14:29
note: 4/10
Tu as tout à fait raison : c'est bruyant, mais ça bouge rien du tout.

Comment j'ai fait ? J'ai arrêté au bout de dix minutes, j'ai repris le lendemain matin, je faisais autre chose pendant l'écoute, j'ai écouté une troisième fois en essayant d'être attentif. C'était douloureux, comme j'ai dit Gros sourire
Mais j'avais tellement envie d'envoyer paître le disque... Mais bon, je m'étais engagé, je ne pouvais pas "faillir à ma tâche" Clin d'oeil

Le bon point : j'ai parlé de Swarm, qui est un groupe que j'ai rencontré en concert dans ma région, des gars adorables et investis. Je vais les chroniquer un jour ou l'autre Clin d'oeil
Deathrash citer
Deathrash
03/06/2018 13:51
Mais que c'est mauvais...
Je sais pas comment tu as fait pour tenir jusqu'au bout, analyser un minimum et chroniquer cette bouse.
La prod est naze (mention spéciale à la batterie), le chant insupportable, les riffs sont juste bruyants.
D'ailleurs c'est le mot qui défini le mieux cet album : "bruyant" plus que réellement violent. Ça bourre dans le vide et ça brasse de l'air.

Contrairement à toi je n'ai jamais été convaincu une seule fois par Nervosa. Mais la, faire pire que les deux autres albums, c'est juste prodigieux.
Camion blanc devrait sortir un bouquin "comment faire du mauvais Thrash" avec Nervosa en invité principal.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Nervosa
Thrash metal
2018 - Napalm Records
notes
Chroniqueur : 4/10
Lecteurs : (1)  7.5/10
Webzines : (4)  7.08/10

plus d'infos sur
Nervosa
Nervosa
Thrash metal - 2010 - Brésil
  

tracklist
01.   Intro  (01:12)
02.   Horrordome  (03:17)
03.   Never Forget, Never Repeat  (04:40)
04.   Enslave  (03:15)
05.   Bleeding  (03:47)
06.   ... And Justice for Whom?  (03:34)
07.   Vultures  (04:09)
08.   Kill the Silence  (03:29)
09.   No Mercy  (03:40)
10.   Raise Your Fist!  (04:04)
11.   Fear, Violence and Massacre  (03:35)
12.   Conflict  (02:59)
13.   Cultura do Estupro  (03:10)
14.   Selfish Battle  (03:26)

Durée : 48:17

line up
parution
1 Juin 2018

voir aussi
Nervosa
Nervosa
Victim of Yourself

2014 - Napalm Records
  
Nervosa
Nervosa
Agony

2016 - Napalm Records
  

Essayez plutôt
Exodus
Exodus
Tempo Of The Damned

2004 - Nuclear Blast Records
  
Gama Bomb
Gama Bomb
Citizen Brain

2008 - Earache Records
  
Xanadoo
Xanadoo
This Demo Is Shit (Démo)

2009 - Autoproduction
  
Razor
Razor
Open Hostility

1991 - Fringe Product
  
Sodom
Sodom
Better Off Dead

1990 - Steamhammer Records (SPV)
  

Malevolent Creation
Retribution
Lire la chronique
Le Canyon - Episode 18 - Le Livre des Mauvaises Décisions
Lire le podcast
Kill-Town Death Fest 2018 / The Resurrection Edition
Lire le dossier
French Black Metal : Les illuminés
Lire le podcast
Ultra-Violence
Operation Misdirection
Lire la chronique
Le Canyon - Episode 17 - Entretien avec un Bourreau.
Lire le podcast
Panzer Squad
Ruins
Lire la chronique
Dreadful Fate
Vengeance
Lire la chronique
Nuclear Assault
Handle With Care
Lire la chronique
Le Canyon - Episode 16 - And the Legend Leaves Town ...
Lire le podcast
Black Metal de Pologne, mais pas Behemoth, ni Graveland, mais plutôt....
Lire le podcast
Hellish
The Spectre Of Lonely Souls
Lire la chronique
Skeletonwitch
Devouring Radiant Light
Lire la chronique
METAL MEAN FESTIVAL
Auðn + Convulse + Cult of F...
Lire le live report
Hirax European Summer Tour 2018
Antagonism + Dissident + Hi...
Lire le live report
Sylak Open Air 2018
At The Gates + Bloodbath + ...
Lire le live report
Le Canyon - Episode 15 - Sky Valley Summer Vibes sous l'Océan
Lire le podcast
Metallica
The $5.98 EP - Garage Days ...
Lire la chronique
Devastatiön
Drink With The Devil (EP)
Lire la chronique
Nuclear Assault
Survive
Lire la chronique
Exmortus
The Sound Of Steel
Lire la chronique
Le NSBM... un thème arisk !
Lire le podcast
Nuclear Assault
The Plague (EP)
Lire la chronique
Le Canyon - Episode 14 - The Great Northern Live Report
Lire le podcast
Nuclear Assault
Game Over
Lire la chronique
FOREST FEST OPEN AIR
Antzaat + Anus Mundi + Aura...
Lire le live report
Mezzrow
Then Came The Killing
Lire la chronique
Death Power
The Bogeyman Returns (Compil.)
Lire la chronique
Être moins con : lire BLACK METAL
Lire le podcast
LE Canyon - Episode 13 - Dragon casqué
Lire le podcast
Sacred Reich
Independent
Lire la chronique