Saviez-vous que fin octobre 2025,
LYCHGATE a publié une composition intitulée « Hive of Parasites », annonciatrice du nouvel album
Precipice paru le dix-neuf décembre chez
Debemur Morti Productions ? Pourquoi parler de cela ? Parce que je vais ici m’intéresser à un autre projet annexe de
Greg Chandler, à savoir
SELF HYPNOSIS, qu’il partage avec
Kris Clayton, notamment ancien membre
live d’
ESOTERIC. Et je me penche aujourd’hui avec d’autant plus d’intérêt sur ce
Contagion of Despair de 2020 que le duo a sorti en mai de l’année passée le
single « Contagion », qui semble être en fait le même titre que celui présent sur ce LP mais pourquoi ferait-il cela cinq ans après si ce n’est parce qu’il y a du nouveau en préparation ? Bon sang, toutes ces perspectives musicales sont extrêmement enthousiasmantes, elles augurent d’une année jouissivement suicidaire.
Pour le dire de but en blanc, ce disque n’est pas et ne sera jamais celui de monsieur et madame tout le monde. Huit titres, une heure et dix-sept minutes d’un style à la limite du définissable : la lenteur progressive
funeral doom de nos chouchous de Birmingham, une forme de noirceur typiquement
black metal (la présence en tant que musicien de session de
Tom Vallely derrière la batterie n’est pas anodine), la torture mécanique du
metal industriel (
GODFLESH en tête de gondole)… Difficile de classer ces compositions autre part qu’à la lettre « b », comme « bizarre », tant je suis systématiquement en peine d’identifier ne serait-ce qu’un seul groupe qui ne ferait que s’approcher de l’étrangeté de cet objet promu par les Finlandais de
Svart Records.
Il faut dire que la production n’aide pas non plus à s’immerger, au-delà de la force mentale que cela demande : froide, étrangement claire au point que l’on pourrait trouver que certains passages manquent de substance, d’opacité, complètement désincarnée mais finalement parfaitement à l’image de ce qu’a cherché à composer
SELF HYPNOSIS. Loin de la facilité, à aucun moment je ne ressens une volonté particulière d’accrocher l’auditeur, de lui adresser la parole, bien au contraire. De mon point de vue, les deux musiciens ne cherchent qu’à explorer les méandres obscurs de leur psychisme torturé, tant mieux si tu parviens à suivre, sinon… Bah on s’en fout en fait, tu resteras à agoniser sur le bas-côté.
Le paysage peut parfois être beau (cet instant acoustique magique planté au milieu de « Omission »), parfois d’une laideur innommable comme l’aurait si bien écrit le vénéré
Lovecraft, c’est peut-être bien la première fois que je vais dire d’un album qu’il me plonge littéralement dans l’abime du temps (« The Shadow out of Time » pour les puristes), je dis « peut-être » car il est possible que j’aie pu un jour l’affirmer pour
LUSTMORD. Quoi qu’il en soit, chacune de mes écoutes se termine invariablement par une espèce d’état mi-comateux, mi-introspectif, où la pensée se voit enfin libre de suivre un cours libéré de toute logique consciente.
N'allez pas non plus vous imaginer que l’on soit ici confronté à une musique contemplative, planante, un truc de hippie. Croire cela avec les références données précédemment serait une cuisante erreur au moment de tenter une approche. N’y allez pas la fleur au fusil, prévenez vos proches, les deux minutes et quelques de « Scandal » pourraient être suffisantes pour avoir raison de votre salubrité mentale, ou vous éviter de sombrer dans une profonde neurasthénie… Car ne nous racontons pas de salade, ce que l’on préfère chez
SELF HYPNOSIS, ce sont les morceaux interminables (dix-huit minutes pour « Succumbed », seize pour « Divided », dix-sept pour « Omission », treize pour « Contagion) car ce sont eux qui donnent la pleine et entière démesure du projet, qui te pèlent comme un oignon, ôtent une à une tes couches de résistance lucide pour aller percer l’âme, la mettre au supplice puis lui faire entrevoir un instant la lumière, tout cela dans un même geste divin, par-delà le bien et le mal (voilà, j’ai calé une référence pompeuse à Nietzsche) de tels concepts n’existant de toute façon pas au sein de
Contagion of Despair.
Je ne vais pas me la jouer élitiste et affirmer que j’écoute cet album tous les quatre matins, il est trop dense et trop exigeant pour faire partie des œuvres de chevet. Mais si l’on se demande ce que la froideur industrielle martiale donnerait une fois accouplée à la tortuosité du
funeral,
SELF HYPNOSIS y apporte une réponse aussi cinglante que cinglée.
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